[L'association pour le développement de l'éducation en Afrique] [Tableau]Aux membresSite in EnglishPlan du siteAccueil


[Image : Lettre d'information de l'ADEA]

A propos de l'ADEA
Groupes de travail
Programmes
Publications
Lettre d'information
Dernière numéro
Archives de la Lettre
Index de la Lettre
Bases de donnés
Calendrier

Prélude à la biennale de Dakar
Interview de S.E. Mamadou Ndoye, ministre délégué chargé de l'Education de base et des lnagues nationales, Sénégal


L’ADEA prépare activement la biennale de l’association qui, pour la première fois de son histoire, se tiendra en Afrique. Elle se déroulera du 14 au 18 octobre à Dakar. Le Sénégal, pays hôte, a collaboré étroitement avec le Secrétariat de l’ADEA pour l’organisation de la réunion. En prélude à l’évènement, nous présentons plusieurs articles abordant des thèmes qui seront repris dans les séances plénières et les groupes de discussions. Nous reproduisons ci-dessous des extraits d’une interview accordée au quotidien " Le soleil "(1), dans laquelle S.E. Mamadou Ndoye, ministre délégué chargé de l’Education de base et des Langues nationales, s’exprime sur l'esprit de la biennale, ses attentes et ses objectifs.

Question: Monsieur le Ministre, Dakar abritera au mois d’octobre, et pour la première fois en Afrique, la biennale de l’ADEA. Quel est le sens de cette manifestation, et pourquoi le choix de Dakar ?

S.E. M. Mamadou Ndoye : I1 fallait, cette fois-ci, organiser la rencontre en terre africaine. Le choix s’est porté sur notre pays. La biennale avait auparavant toujours eu lieu en Europe, car au départ, il s’agissait de la coordination des bailleurs de fonds. Cependant, les ministres africains de l’éducation ont par la suite integré l’association. A la dernière biennale de l’ADEA qui s’est tenue à Tours, une des tendances marquées a été que les ministres ont parlé d’appropriation de l’association. Ils ont estimé qu’ils devaient avoir un poids de plus en plus important dans les activités de l’ADEA et marquer davantage le partenariat entre ministres et organismes. Il fallait matérialiser cela non seulement par la présence du Bureau au Comité directeur, mais aussi en tenant alternativement la biennale de l’ADEA en Afrique et en Europe. C’est ainsi que Dakar a été choisie comme premier lieu africain à abriter la biennale.

Q. : Une biennale, une conférence internationale, que peuvent apporter de plus ces réunions dans le débat planétaire sur les questions d’éducation ?

M. N. : L’ADEA a la particularité de regrouper à la fois ministres africains et organismes de financement, mais de manière informelle, dans des relations très ouvertes d’échanges, de réflexion commune et de coordination. C’est un style que beaucoup vont découvrir lors de la conférence, puisqu’il ne s’agira pas de grandes déclarations comme cela est habituellement le cas dans les conférences internationales où chaque pays donne son orientation, ses positions, pour aboutir à une résolution. La biennale est beaucoup plus informelle. Les échanges de vues se font sur les panels, dans les groupes de discussion, et débouchent sur des enseignements, sans engagement des Etats ou des organismes. Ce style est libre, ouvert.

Un autre élément positif de la biennale de Dakar est le thème du partenariat. La coopération dans le domaine de l’éducation est interpellée. Donne-t-elle des résultats ? Comment devrait-elle être ré-orientée ? Une question majeure est posée, qui déterminera l’avenir des relations entre les Etats africains et les organismes de financement.

L’approche de la biennale est d’autant plus pertinente qu’elle s’appuiera aussi sur l’amélioration de la qualité de l’enseignement. Jusqu’ici, l’aspect quantitatif du développement de l’éducation a été mis en avant, un peu, il faut le dire, au détriment de la qualité. Un des aspects originaux de la biennale de Dakar est qu’elle s’oriente davantage vers la qualité.

Q. : Quel peut être alors l’intérêt d’une telle conférence, puisque les décisions ou les enseignements tirés n’engageront pas forcément les partenaires ?

M. N. : Il faut prendre en considération toute l’importance du dialogue politique autour des questions de l’éducation afin d’arriver à une compréhension mutuelle entre les organismes de financement et les ministres africains. Nous en avons fini avec les politiques qui imposent à l’Afrique des choix et des orientations. Les Africains ont la possibilité de faire comprendre leur position et de faire ancrer l’appui qu’ils reçoivent dans les processus internes qu’ils souhaitent développer et non plus à partir de projets artificiellement créés, peu adaptés aux besoins réels. Nous avons toujours reproché aux organismes de financement de n’être pas suffisamment à l’écoute des besoins, des réalités culturelles, et du vécu des bénéficiaires de l’aide.

Pendant la biennale, le dialogue se poursuivra également à un niveau qui a davantage d’importance. Les ministres africains échangeront des vues sur de nombreux aspects. L’Afrique est confrontée à maintes difficultés, comme en témoignent les nombreuses crises que traversent ses systèmes éducatifs. Certaines expériences sont menées avec les acteurs de l’éducation, les gouvernements, les chercheurs. Ils tendent à chercher des solutions. La biennale va leur permettre de partager des expériences réussies, notamment en ce qui concerne la scolarisation des filles, ou encore le redéploiement des enseignants à la lumière de l’expérience guinéenne. Ce partage contribue à l’enrichissement mutuel de nos politiques éducatives.

 

Q. : Coopération technique, financement, ce sont là entre autres les thèmes qui seront au centre des discussions. Le temps des grands développements sur l’orientation et les choix philosophiques des politiques éducatives est révolu.

M. N. : Dans les groupes de travail, il sera effectivement beaucoup question de coopération technique et non plus seulement de coopération financière ou d’amélioration de la qualité de travail. Les aspects d’ordre technique tiennent une place importante dans les discussions des biennales de 1’ADEA puisqu’il s’agit d’arriver à un renforcement des capacités nationales, en termes de gestion du système, de planification, de collectes de donées statistiques, de gestion des enseignants. Chercheurs et décideurs sont réunis pour que les résultats de la recherche puissent rejoindre la prise de décision, et ainsi aider et accompagner la mise en oeuvre.

 

Q. : La biennale de Dakar aura tout de même un cachet politique, puisqu’elle sera ouverte par les présidents Yoweri Museveni de l’Ouganda et Abdou Diouf du Sénégal.

M. N. : Nous avions pensé qu’il était non seulement important de tenir la conférence en Afrique, mais de dire fortement à nos partenaires quelles politiques éducatives nous voulons développer. Les voix qui peuvent exprimer notre volonté politique – les finalités, les types de sociétés que nous voulons construire et de quelle manière nous souhaitons être appuyés – avec le plus d’autorité se situent au plus haut niveau, là où la politique est définie. Les organismes recevront le message comme l’expression de politiques nationales prises à un échelon supérieur et exécutées à un niveau hiérarchique plus bas. Nous avons choisi légitimement un chef d’Etat représentatif de la communauté francophone et un autre de la communauté anglophone. Ce noble discours exprimera la voie que l’Afrique a choisie pour le début du prochain millénaire.

 

Extraits d’une interview parue dans " le Soleil " le 24 juillet 1997

Propos recueillis par Momar Seyni Ndiaye
Rédacteur-en-Chef adjoint Le soleil




A propos de l'ADEA | Groupes de travail | Programmes | Publications | Lettre d'information | Bases de données | Calendrier | Plan du site | In English

Association pour le développement de l'éducation en Afrique
7-9 rue Eugène-Delacroix
75116 Paris, France
Tél : + 33/ (0) 145.03.77.57
Fax : + 33/ (0) 145.03.39.65
adea@iiep.unesco.org

modifiée : le 15 mars 2001