Rencontre ministérielle sous-régionale de l'ADEA sur le VIH/SIDA et l’éducation

Date: 
23 May 2003 to 27 May 2003
Location: 
Libreville
Gabon

A propos de la conférence

La conférence organisée par l’Association pour le développement de l’éducation (ADEA), le ministère de l’Education nationale du Gabon et l’équipe inter-agences de l’ONUSIDA pour l’éducation (IATT) a réuni pendant trois jours treize ministres ou représentants de ministres d’Afrique centrale (Burundi, Cameroun, Congo, Gabon, République centrafricaine, Rwanda) et d’autres régions (Lesotho, Libéria, Kenya, Tchad, Sao Tomé et Principe,), de nombreux spécialistes de la question du VIH/SIDA dans le secteur de l’éducation ainsi que des représentants d’agences de développement et d’ONG et des groupes de travail de l’ADEA.

Pendant les trois jours, les participants ont pris la mesure de l’impact du VIH/SIDA sur le secteur de l’éducation et tenté d’évaluer l’état de préparation des pays confrontés à la pandémie. 
Ils se sont intéressés aux politiques sectorielles de lutte contre le VIH/SIDA dont la mise en place est indispensable pour mobiliser les acteurs, les partenaires et les ressources nécessaires et pour concevoir des programmes de riposte d’envergure. Les spécialistes ont également mis l’accent sur la nécessité de développer des politiques et réglementations pour protéger les personnes infectées ou affectées des pratiques discriminatoires à l’école, à l’université ou sur les lieux de travail. 
Les difficultés liées à la gestion des systèmes éducatifs ont été évoquées ainsi que la nécessité pour les services de planification des ministères de l’éducation de développer des outils de mesure de l’impact du VIH/SIDA. La collecte d’informations fiables est indispensable pour évaluer le nombre d’enfants infectés ou affectés par le VIH/SIDA et susceptibles de délaisser l’école, les décès et l’absentéisme des enseignants dû au VIH/SIDA, ainsi que les coûts, qui en résultent. C’est aussi à partir d’une telle base de données que les pays peuvent établir des priorités et faire des choix politiques éclairés.

Considérant que l’éducation est le seul « vaccin social » qui existe à ce jour pour se prémunir contre le VIH/SIDA, la conférence a porté une attention particulière aux programmes de prévention qui ont prouvé leur efficacité. L’enseignement des compétences de vie courante fait partie des moyens qui doivent être mis en œuvre pour aider les jeunes à développer leurs capacités à prendre des décisions informées, à gérer leurs sentiments, à communiquer et à négocier de manière à se protéger contre les pratiques à risque. L’introduction des compétences de vie courante dans les curricula et la formation d’enseignants et de formateurs est indispensable pour accélérer l’éducation préventive au VIH/SIDA. 

La question particulière des orphelins du VIH/SIDA et autres enfants vulnérables a été étudiée de près. Privé de soins élémentaires, ces enfants sont généralement peu éduqués et ont peu de chances de s’extraire de la pauvreté. On s’attend, dans un avenir proche, à un nombre grandissant d’enfants de la rue et de sans-abris, à l’augmentation de la prostitution des enfants, à une exploitation accrue des filles et des femmes, et à des niveaux croissants de criminalité.

Recommandations de la réunion

La conférence a fait plusieurs recommandations aux ministres, agences et aux experts. Il a notamment été recommandé aux ministères de mettre en place des points focaux et des structures dédiées aux questions du VIH/SIDA dans les ministères de l’éducation et de leur apporter un appui maximal ; de développer des stratégies communes d’intervention au niveau régional et sous-régional pour plus d’efficacité des actions ; d’impliquer les communautés, les organisations de la société civile et les familles dans les plans nationaux de lutte contre le VIH/SIDA et dans le soutien apporté aux orphelins et aux enfants vulnérables ; de promouvoir une collaboration inter-ministérielle pour lutter contre de VIH/SIDA. Aux agences, la conférence a recommandé qu’elles s’assurent que les ressources nécessaires pour lutter contre le VIH/SIDA soient mis à la disposition des pays ; d’organiser des rencontres techniques qui permettent d’élaborer des outils de diagnostic et de suivi de l’impact du SIDA dans le secteur ; de développer des capacités d’analyse et de planification multi-sectoriels ; de faciliter le réseautage et le partage de stratégies efficaces.

Coopération des ministres d’Afrique centrale 

Les ministres de la sous-région se sont réunis en marge de la conférence afin de se concerter sur l’opportunité d’engager une dynamique de coopération dans le domaine de l’éducation entre pays d’Afrique centrale. A la fin de la réunion, un protocole d’entente a été signé par dix ministres de l’éducation et de la formation de la sous-région. 

Documents de la conférence

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