Conférence de l'ADEA sur le développement du livre en Afrique

Date: 
3 oct 2011 - 5 oct 2011
Location: 
Nairobi
Kenya

Introduction et historique

1. Le livre et l’éducation sont des secteurs stratégiques pour l’acquisition des connaissances, compétences/aptitudes et qualifications critiques dans le monde du travail. Entre les trois compétences que sont la lecture, l’écriture et le calcul, la lecture est celle qu’il est fondamental d’acquérir, car elle détermine dans une large mesure la réussite dans les deux autres. Elle permet également l’accès à un large éventail d’opportunités d’apprentissage dans les écoles et les autres domaines de l’existence comme la formation dans les cadres non formel et informel. Il est désormais prouvé qu’un tiers de ce que nous apprenons est acquis de manière informelle à condition de savoir lire et d’avoir accès à l’information. Les livres sont aussi un instrument important de la conservation et de la transmission de l’information et du savoir. Malheureusement, la production de livres et d’information en Afrique, comparée à celle d’autres continents, est dérisoire et ne répond pas aux besoins des consommateurs. Ainsi, il n’est pas surprenant de trouver le taux d’alphabétisation le plus bas du monde chez les jeunes d’Afrique subsaharienne. Dans la plupart des pays africains, les manuels et les matériels de lecture demeurent rares en milieu rural. Même lorsqu’ils sont disponibles, les livres et les matériels de lecture sont inaccessibles à la plupart de ceux qui en ont besoin, car ils ne sont généralement pas écrits en langues locales. Cela constitue un obstacle à l’apprentissage tout au long de la vie, l’un des concepts clés de la triennale. Sans l’opportunité d’apprendre, les gens ne se sentent pas habilités à participer pleinement aux activités économiques et sociales susceptibles de transformer leur vie et de les soustraire à la pauvreté. En effet, le rapport sur la compétitivité mondiale du Forum économique mondial note que « les travailleurs ayant reçu peu d’éducation formelle peuvent faire un travail manuel simple et trouvent beaucoup plus difficile de s’adapter à des processus et à des techniques de production plus avancés. Le manque d’éducation de base peut par conséquent devenir une contrainte au développement commercial ».

2. L’industrie du livre est stratégique pour l’acquisition de compétences et les efforts de développement, car une éducation de grande qualité dépend de la disponibilité et de la qualité des livres et des matériels éducatifs. En Afrique, les livres restent l’une des principales sources d’étude, précisément car la plus grande partie du continent est encore loin d’avoir accès aux formats électroniques, citons notamment les livres électroniques et les autres applications qui font partie du vocabulaire familial dans les pays développés. Les livres et l’éducation étant intrinsèquement liés, il est raisonnable d’affirmer que les livres sont indispensables à la qualité de l’éducation dans le monde et en particulier en Afrique. La conférence vise à proposer des idées pour alimenter le dialogue de la triennale et à attirer l’attention des décideurs sur le développement du livre qui est un défi majeur de la qualité de l’éducation dans les pays africains.

Contexte et justification

3. Le thème de la triennale 2012 qui doit se dérouler à Ouagadougou au Burkina Faso est : Promouvoir les connaissances, compétences et qualifications critiques pour le développement durable de l’Afrique : comment édifier et concevoir une réponse efficace des systèmes d’éducation et de formation. Le thème constitue le prolongement de la biennale de Maputo organisée en 2008 ainsi que la reconnaissance des véritables défis auxquels sont confrontés les pays africains dans l’acquisition des connaissances et des compétences critiques. L’un des défis tangibles est l’absence d’une industrie du livre endogène dynamique et la disparition progressive de la culture de la lecture en Afrique. C’est précisément parce que les livres sont en nombre insuffisant. L’Organisation des Nations unies pour l’Education, la Science et la Culture (UNESCO) notait en 1997 qu’en dépit de l’importance considérable des livres, ils ne sont toujours pas à la disposition de tous ceux qui en ont besoin. En raison du sous-développement et de la pauvreté (et d’une série de faveurs aggravants), de nombreux pays en voie de développement sont toujours incapables de fournir à chaque élève tous les manuels nécessaires. En fait, en Afrique, la grave pénurie de livres et de matériels éducatifs reste la règle plutôt que l’exception.

4. On peut attribuer l’origine de ce défi au fait que les secteurs de l’éducation et du livre sont généralement gérés par deux secteurs distincts dont les intérêts sont parfois conflictuels et que dans l’ensemble, il n’existe aucun consensus sur la façon dont les deux secteurs devraient se considérer et travailler harmonieusement dans un but commun. De fait, l’industrie du livre est en grande partie gérée par le secteur privé qui est orienté vers le profit et le secteur éducatif par les gouvernements qui sont à but non lucratif. Les gouvernements, à travers leurs ministères de l’Education, veulent généralement atteindre la qualité et l’équité dans l’ensemble des secteurs éducatifs. Malheureusement, il n’existe aucune directive claire sur la façon dont les deux parties prenantes pourraient travailler ensemble dans leur intérêt mutuel et au bénéfice du système éducatif.

5. De plus, très peu de pays africains ont répondu à l’appel lancé par l’Organisation des Nations unies pour l’Education, la Science et la Culture (UNESCO) de mettre en place des Conseils nationaux de promotion du livre (CNPL). L’UNESCO soutient qu’une fois créés, les conseils fourniront les mécanismes de régulation indispensables au maintien de l’harmonie et à une coordination plus efficace et effective de la chaine du livre. Il est par conséquent nécessaire d’organiser un forum rassemblant les différents groupes d’intérêt des secteurs du livre et de l’éducation, afin de mettre en place des stratégies qui seront éclairées par le fruit de discussions approfondies et qui conduiront, nous l’espérons, à l’établissement d’un consensus sur la voie à suivre sur les questions controversées qui continuent d’empoisonner les deux secteurs et sur la nécessité de mettre en place les CNPL. Réunir tous les décideurs et tous les acteurs clés du secteur du livre pour un dialogue politique sur le repositionnement stratégique du continent en vue de prendre le contrôle d’un secteur vital du développement pourrait conduire à la création d’un environnement propice permettant à la culture de la lecture de s’enraciner en Afrique. 

Documents post conférence

  • Rapport sur la conférence surle développement du livre en Afrique, PDF
  • La formation aux métiers du livre, PDF
  • Communication, PDF
  • Rapport du groupe de travail A Sur les renforcements des capacités et le rôle des bibliothèques dans la promotion de la lecture,PDF
  • Le rôle des femmes dans le développement du livre en Afrique francophone, PDF
  • Les livres et la lecture au Mali : l’expérience de ALED, PDF
  • Rapport du Jour 1 sur l’industrie africaine de l’édition, PDF

Documents de la conférence

  • Programme provisoire , PDF
  • Note conceptuelle provisoire , PDF