Conférence de lancement du pôle de qualité inter-pays sur le développement des compétences techniques et professionnelles

Date: 
19 juil 2010 - 21 juil 2010
Location: 
Abidjan
Côte d’Ivoire

Thème : Les divers parcours de professionnalisation comme facteurs de qualification, d’insertion et de développement économique et social 


Les raisons de la mise en place du Pôle

La Biennale de Maputo de 2008 a fortement mis en évidence la nécessité de dépasser la vision traditionnelle et dichotomique qui sépare, d’un côté, l’enseignement général post-primaire de l’enseignement et de la formation technique et professionnelle (EFTP) et, de l’autre côté, l’EFTP des voies alternatives de développement des compétences techniques et professionnelles. Le présent Pôle a pour objectif de développer une vision holistique du système éducatif tout en se donnant pour tâche prioritaire de développer le concept de DCTP. Ce concept, en effet, plus que celui de l’EFTP, permet d’intégrer l’ensemble des voies et moyens, formels, non formels et informels de professionnalisation, susceptibles de permette à un maximum de jeunes et d’adultes d’acquérir les connaissances et savoir faire dont ils ont besoin pour s’insérer dans le monde du travail, tout en participant activement à la croissance et au développement de leur pays, territoire ou secteur d’activités. Ce passage d’une formation de type essentiellement scolaire et résidentielle à la prise en compte et valorisation de la diversité des parcours de qualification et d’insertion, réalisés notamment en partenariat avec le monde économique et professionnel, ne va pourtant pas de soi. Il requiert un changement de paradigme tant au niveau des passerelles à établir entre éducation et formation que des acteurs à impliquer pour formuler les politiques, structurer les dispositifs à promouvoir et les articuler avec le développement économique et social du pays concerné. Un tel changement n’est pas aisé. Il requiert, de ce fait, un partage de savoirs et d’expériences au plan sous-régional ou régional sur la meilleure manière de transformer quantitativement et qualitativement les situations existantes et de mettre en place des politiques susceptibles de qualifier un maximum de jeunes en rapport avec les défis économiques et sociaux à relever tant au niveau de chaque pays que de l’ensemble du continent. 

Le lancement du PQIP dans le domaine du « Développement des Compétences Techniques et Professionnelles » a pour but de donner consistance et réalité aux conclusions de Maputo. Il s’appuie sur les dynamiques de réforme mises en œuvre à l’initiative du ministère de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle (METFP) de Côte d’Ivoire en partenariat avec les acteurs économiques et professionnels. Il prend en compte les synergies établies entre la Côte d’Ivoire, les pays de l’UEMOA et le Cap Vert lors du séminaire national sur la réforme de l’ETFP qui s’est tenu à Abidjan du 21 au 23 octobre 2009. Il élargit ces synergies aux pays de la région ayant affirmé leur volonté très forte de baser leur avenir sur le développement prioritaire des compétences de leur population jeune et adulte. Le PQIP a pour horizon de rassembler tous ses futurs membres autour d’un changement effectif de paradigme dans le domaine du DCTP et de s’engager à rendre compte de la capitalisation de ses réflexions, partages d’expériences et interactions lors de la prochaine Triennale.

Documents de la conférence
  • Programme provisoire, PDF
  • Note conceptuelle provisoire, PDF
  • Note d'orientation, PDF

Justification

1. La conférence de lancement a été préparée dans le prolongement de la réunion du groupe des pays de l’UEMOA et du Cap Vert qui, dans le cadre de la dite « Déclaration d’Abidjan », a décidé de la mise en place d’une plateforme d’échange et de travail en vue de créer un espace dynamique et une conférence des ministres en charge de l’ETFP. La réunion d’Abidjan a débouché tout logiquement sur la conférence de Bamako qui a été organisée, du 26 au 28 avril 2010,  par le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle du Mali, en partenariat avec la Commission de l’UEMOA, le BIT et le Royaume du Danemark et en présence des représentants de l’ADEA. Cette conférence, qui a clos ses travaux par l’adoption d’un cadre de concertation permanente entre les pays, a permis de présenter les contours stratégiques et opérationnels du futur Pôle, d’en montrer la complémentarité avec la dynamique initiée à Bamako et de commencer à identifier les pays francophones, anglophones et lusophones invités à devenir membre du PQIP. Le Pôle permettra de créer au niveau continental, un espace inédit de partage d’expériences, de réflexion et d’analyse du DCTP entre des pays qui n’ont pas eu, jusqu’à présent, la possibilité  de se rencontrer et de travailler en commun sur cette thématique.

2. La conférence de lancement d’Abidjan permettra d’identifier et de mutualiser les parcours de formation et de qualification les plus efficients, en termes économique et social, au niveau sous-régional et régional. Elle fera ainsi un premier diagnostic sur les dispositifs et voies à promouvoir pour permettre : 

  •  Aux jeunes comme aux adultes d’acquérir les compétences nécessaires à leur insertion ou leur maintien dans le monde du travail ;
  • Aux pays de mettre en œuvre une politique de développement des compétences susceptible de les aider à passer d’une économie de subsistance à une économie de croissance et de valeur ajoutée.

3. La conférence invitera les responsables politiques, mais aussi économiques et professionnels des divers pays concernés. Elle fournira ainsi l’opportunité d’un dialogue entre les diverses parties prenantes du développement des compétences et donnera corps aux conclusions de Maputo concernant la gestion et le pilotage partenarial des politiques et pratiques d’éducation, de formation et de qualification.

4. La conférence  donnera l’occasion à l’ensemble des participants de diagnostiquer les points forts et faibles de leurs politiques et pratiques nationales dans le domaine du DCTP et ainsi de décider en commun des études et analyses à mener, dans le cadre du PQIP, pour mettre en œuvre des dispositifs et moyens à la fois plus efficaces et plus soutenables.

5. La conférence facilitera, enfin, par le partage des situations contextuelles, des expériences et des résultats, l’inter-apprentissage entre les pays et, par ce bais, le renforcement des capacités des responsables et des acteurs nationaux, sous-régionaux et régionaux impliqués dans les politiques et pratiques de développement des compétences.

Buts et Objectifs

Objectif global

L’objectif premier de la conférence sera de donner l’occasion à de nombreux pays engagés dans des politiques de réforme de l’EFTP de bénéficier de la mutualisation des expériences, des analyses et des évaluations réalisées à ce niveau au plan régional, sous-régional et continental. Cette mutualisation est la condition sine qua non pour permettre à chaque pays d’élever de manière significative la qualité et la pertinence des réformes qu’il a décidé d’entreprendre en prenant leçon sur les résultats obtenus et capitalisés par l’ensemble des pays du Pôle. 

Objectifs spécifiques

Ils peuvent être énumérés comme suit.

1. Chaque pays partagera ses expériences de réforme de l’EFTP et en fera une description et une évaluation à l’intention des pays partenaires du Pôle. 

2. Les débats entre participants de la conférence permettront ainsi d’identifier les pistes de travail à développer au plan national et entre les membres du PQIP en vue de soutenir et de valoriser les pratiques les plus efficientes et les plus soutenables dans le domaine du DCTP.
Résultats attendus

3. L’identification des pistes de travail communes entre les pays aboutira à la définition des points de dialogue inter-pays à développer dans le cadre du Pôle ainsi que des domaines prioritaires sur lesquels il conviendra de capitaliser la réflexion et l’analyse en vue de la Triennale de 2011.

4. La conférence débouchera plus globalement sur l’élaboration d’un programme de travail fixant les études à mettre en chantier, tant au plan des pays que de manière transversale, aidant ainsi le Pôle à mieux identifier les défis à relever et les résultats à atteindre, et définissant les différentes étapes à parcourir pour permettre  au Pôle d’agir comme catalyseur de pratiques innovantes, efficientes et soutenables dans le domaine du DCTP.

Résultats attendus

Il importe que les trois journées de travail entre les délégations nationales aboutissent aux résultats suivants : 

  • Une description claire par chaque pays des grandes lignes de réforme mises en œuvre dans les domaines de l’EFTP et des priorités stratégiques et opérationnelles visées par la réforme pour mettre en place des parcours de formation et de qualification qui qualifient et insèrent ;
  • Une identification commune par l’ensemble des participants des thématiques et pratiques de DCTP qui feront l’objet d’un approfondissement dans le cadre du Pôle ;
  • la réalisation et validation d’un document résumant les points de convergence entre les pays dans le domaine du DCTP et les pistes de travail à approfondir pour augmenter la qualité, la pertinence et la soutenabilité des réformes de l’EFTP en cours ;
  • La finalisation d’un calendrier de travail, qui déclinera le programme de travail adopté par l’Atelier (études nationales et transversales) et déterminera les tâches à effectuer en vue de préparer le mieux possible les débats sur le DCTP dans le cadre de la Triennale 2011.

Participation

Seront invités à la conférence d’Abidjan, par le Ministre de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle de Côte d’Ivoire, en charge de la mise en place, du pilotage et de l’animation du Pôle portant sur le DCPT, les pays réunis par la dite « Déclaration d’Abidjan » et membres de l’UEMOA (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée Bissau, Mali, Sénégal, Togo et Cap Vert), les pays invités comme observateurs à la conférence de Bamako ( Guinée Conakry et Mauritanie) ainsi que les pays qui ont été identifiés, suite à la réunion de Bamako, pour être les futurs membres du Pôle. Il s’agit notamment, outre les pays déjà cités, du Ghana, du Nigeria, de la Tanzanie, du Kenya, de la Namibie, du Mozambique, de la République Démocratique du Congo, du Congo, de la Lybie, de la Tunisie, de l’Algérie, du Maroc, du Cameroun, du Gabon et du Rwanda.

Chaque délégation nationale invitée sera composée du ministre en charge de l’EFTP ou du DCTP, d’un cadre de haut niveau ayant la responsabilité de la mise en œuvre des politiques nationales et d’un représentant du monde économique et/ou professionnel travaillant en partenariat avec les responsables politiques. Pour permettre une meilleure articulation des politiques d’éducation et de la formation, il serait souhaitable, pour les pays où la formation professionnelle relève exclusivement du champ de compétences de l’emploi et/ou de la jeunesse, que l’un des ministres de l’éducation post-primaire (enseignement secondaire ou supérieur) fasse partie de la délégation. Il en résulte que chaque délégation, qui sera normalement composée de trois membres, pourra dans ce cas précis comporter un quatrième représentant. 

Chaque délégation nationale sera sollicitée pour préparer une intervention dans son domaine de compétence. Il serait souhaitable que cette intervention, qui devrait être  homogène entre les pays, soit écrite de manière à pouvoir la distribuer à l’ensemble des participants de la conférence. Le document annexé à la lettre d’invitation définit les grandes lignes de cette intervention.

Seront également invités à participer à la conférence les partenaires techniques et financiers (AFD, GTZ, Coopération suisse, Lux-Dev, Coopération autrichienne, Danida, DG Dev, BIT, Banque mondiale…) intervenant dans les pays retenus ainsi que la Commission de l’UEMOA et AFRISTAT. 

Encadrement 

Il sera fait appel à un petit groupe de consultants et à un réseau d’experts africains qui travaille sur les thématiques du DCTP depuis plusieurs années.  Les langues de travail seront le français et l’anglais et le portugais. Les documents de travail seront disponibles en français, en anglais et portugais.

Budget 

Les frais généraux d’organisation de la conférence de lancement d’Abidjan seront pris en charge par l’ADEA afin de donner une impulsion de départ au lancement du Pôle. Le financement des autres réunions sera décidé en fonction des moyens budgétaires disponibles de l’ADEA et de ceux que les pays participants au Pôle et les partenaires techniques et financiers accepteront d’investir dans le fonctionnement du PQIP jusqu’en 2011. Les frais de la conférence, liés à l’hébergement et au transport aérien des délégués officiels, seront entièrement financés par l’ADEA, qui se chargera également des frais concernant les experts, l’interprétation et la traduction. Le gouvernement  ivoirien prendra  en charge les autres frais d’organisation (salles, repas et déplacements sur Abidjan).