Pourquoi le développement des compétences techniques et professionnelles est crucial pour un grand nombre de jeunes africains ?

Aujourd’hui on célèbre la Journée mondiale des compétences des jeunes
Une jeune femme apprend à coudre à l'école professionnelle du camp de réfugiés de Kiryandongo en Ouganda.
Credit: GPE/Henry Bongyereirwe

Ce billet est le sixième blog publié en 2018 dans le cadre de la collaboration entre l’Association pour le développement de l’éducation en Afrique (ADEA) et le Partenariat mondial pour l’éducation (GPE), collaboration qui a débuté en 2017.

La Journée mondiale des compétences des jeunes représente l’occasion de renouveler la détermination à investir davantage dans l’autonomisation des jeunes. En offrant aux jeunes – surtout aux filles et jeunes femmes – une formation professionnelle, on leur donne les moyens d’acquérir des expériences et de trouver des emplois décents qui leur donnent l’accès à des perspectives d’avenir meilleures.

73 millions des jeunes à la recherche d’un futur meilleur

Aujourd’hui, plus de 73 millions des jeunes en Afrique sont sans emploi, ce qui fait qu’un jeune a trois fois plus de chances d’être au chômage qu’un adulte.

La lutte contre le chômage des jeunes ne pourra être accomplie qu’en mettant en œuvre à tous les niveaux les recommandations du Programme de développement durable à l’horizon 2030, l’Agenda 2063 de l'Union africaine et la stratégie continentale de l’éducation pour l’Afrique (CESA 16-25) – qui préconisent de doter un nombre toujours plus élevé de jeunes des compétences dont ils ont besoin pour accéder au marché du travail, obtenir un emploi décent et développer leur esprit d’entreprise.

La mission du Pôle de qualité inter-pays de l’ADEA pour le développement des compétences techniques et professionnelles

Dans ce contexte, le Pôle de qualité inter-pays de l’ADEA pour le développement des compétences techniques et professionnelles (PQIP/DCTP) répond à l’objectif général d’agir comme catalyseur des politiques et pratiques innovantes dans le champ de l’éducation et de la formation en Afrique.

Le développement des compétences techniques et professionnelles a été un des thèmes dominants de la Triennale de 2012 de l’ADEA dans la mesure où il s’agissait de déterminer quelles étaient les connaissances, compétences et qualifications critiques pour le développement durable de l’Afrique.

Ce thème avait notamment pour enjeu d’opérer un changement de paradigme sur le continent africain en prenant en compte, dans la perspective de ce développement durable, l’ensemble du champ du DCTP dont les dispositifs non formels et informels de formation professionnelle. Il s’agissait, au moyen de ce changement de paradigme, d’intégrer comme acteurs du développement durable, les micro- et petites entreprises du secteur informel rural et urbain qui constituent la très grande partie du tissu économique de l’Afrique, et emploient dans beaucoup de pays la très grande majorité des jeunes et les professionnalisent essentiellement en situation de travail.

L’emploi des jeunes : un des plus grands défis et risques de l’Afrique

Cette insistance sur le DCTP en 2012 avait pour objectif de prendre à bras le corps le problème de la qualification et de l’emploi des jeunes qui constitue à la fois un des plus grands défis et un des plus grands risques de l’Afrique :

  • former et insérer un maximum de jeunes dans le marché du travail est un défi que l’Afrique doit relever dans la mesure où elle ne pourra pas se développer durablement sans l’inclusion pleine et entière de sa jeunesse dans l’emploi ;
  • ne pas former et insérer un maximum de jeunes constitue pour le continent un risque majeur dans la mesure, où comme le démontre une note technique (N° 15, mars 2016) publiée par l’Agence Française de développement (AFD) « l’insertion des jeunes et leur contribution à un développement économique et social durable… sont devenus un enjeu de sécurité majeur ».
Les dynamiques d’exclusion à l’œuvre, notamment dans les pays du Sahel, sont partiellement sinon en grande partie responsables des situations de violence et de radicalisation.

L’éducation et l’inclusion des jeunes pour un succès garanti

La prédominance du DCTP, comme facteur de professionnalisation des jeunes et de leur inclusion la plus efficace possible dans la vie économique et sociale, a inspiré le travail que le PQIP-DCTP a réalisé depuis sa création en 2010.

Le PQIP-DCTP a organisé et dirigé avec succès au cours de ces trois dernières années une conférence des Ministres sur la thématique de la formation des formateurs et des entrepreneurs en 2015 à Kigali au Rwanda et deux séminaires des experts sur les thématiques suivantes : en 2016 à Abidjan, sur le Continuum Education-Formation et en 2017 sur l’approfondissement du Continuum Education-Formation, toujours dans la capitale de la Côte d’Ivoire.

Ce Pôle de qualité de l’ADEA joue un rôle stratégique pour le continent africain non seulement en ce qui concerne sa thématique principale mais aussi pour le nombre de pays membres qui y participent : Afrique du Sud, Angola, Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Congo, Côte d’Ivoire, Ghana, Libéria, Madagascar, Mali, Maroc, Maurice, Niger, République Démocratique du Congo, Rwanda, Sénégal, Tchad, Togo et Tunisie.

Tous ces pays ont compris, grâce surtout au travail du PQIP-DCTP, l’importance d’investir dans les politiques sur les compétences des jeunes et sur leur inclusion dans le marché du travail.

A cet effet, on pourrait tranquillement affirmer que la leçon la plus importante à tirer est que les jeunes sont le futur de chaque pays et il est donc indispensable que l’éducation soit au cœur de toutes les priorités liées à la question des jeunes car elle demeure la clé pour déverrouiller leur potentiel !