Que nous apprend la Base de données sur la recherche en matière d’éducation en Afrique à propos de la recherche en Afrique de l’Ouest ?

Travail de groupe inclusif dans une école primaire rurale en Ouganda. Crédit photo : Mark Smith/ Enable-Ed ©

Conférence de l’Atelier de recherche sur l’éducation au Burkina Faso (AREB)

Au moment où des experts se réunissent à Ouagadougou du 29 novembre au 1er décembre 2017, dans le cadre d’une Conférence organisée par l’Atelier de recherche sur l’éducation au Burkina Faso (AREB) sur le thème « L’éducation au Burkina Faso : progrès, défis actuels et perspectives », le présent blog contribue à faire avancer la réflexion sur la recherche en matière d’éducation dans les pays représentés.

Soutenue par l’Agence française de développement (AFD), Conférence de l’Atelier de recherche sur l’éducation au Burkina Faso (AREB) qui regroupe des chercheurs en éducation du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Ghana et du Sénégal, nous offre une occasion unique d’en apprendre davantage sur la recherche en éducation dans la sous-région ajoutant ainsi  un nombre plus accru d’études à la Base de données sur la recherche en matière d’éducation en Afrique qui est en cours d’élaboration.

Le blog présente les résultats découlant d’un projet en cours d’exécution par le Centre de recherche pour l’accès équitable et l’apprentissage (REAL) de l’Université de Cambridge, en partenariat avec Education Sub-Saharan Africa (ESSA). Dans le cadre de ce projet, il s’agit de cataloguer, d’examiner et de synthetiser la recherche dans le domaine de l’éducation menée par des chercheurs et des institutions en Afrique. Ce travail aboutira à la mise en place d’une base de données (en libre accès) qui sera disponible en ligne en 2018 sur des données factuelles pertinentes pour les politiques et pratiques

Des études ont été identifiées par le biais de recherches dans des bases de données universitaires et de consultation d’experts du domaine. Le processus est toujours en cours ; les bases de données de la littérature « grise » (non publiée) n’ont pas encore été consultées et les études identifiées au travers de la consultation attendent d’être traitées. Toutefois, le présent blog est l’occasion de réfléchir sur les premiers résultats du projet sur la base de notre analyse de la base de données, en mettant l’accent sur les pays qui seront représentés à la Conférence.

Base de données sur la recherche en matière d’éducation en Afrique : quelques observations préliminaires

La Base de données contient actuellement plus de 2.000 études couvrant la période allant de 2012 à 2017. Bien qu’il soit prématuré de tirer des conclusions définitives au regard des données disponibles à ce jour, l’on peut cependant faire certaines observations générales. L’on accorde bien plus d’attention aux niveaux supérieurs des systèmes éducatifs qu’aux échelons inférieurs. Environ 30 % des études ont trait à l’enseignement supérieur, 23 % à l’enseignement secondaire, 15 % à l’enseignement primaire et 2 % à l’éducation de la petite enfance. Ce constat est peut-être surprenant, étant donné que l’essentiel du débat politique de ces derniers temps insiste sur l’importance d’engager des actions précoces, si l’on entend résorber les inégalités dans le domaine de l’éducation. Il conviendrait donc d’examiner si, oui ou non, il est nécessaire de disposer d’une base de données factuelle plus large sur l’accès et la qualité en ce qui concerne l’éducation de la petite enfance et les premières années d’enseignement primaire.

S’agissant des domaines thématiques, les méthodes d’enseignement et la formation des enseignants constituent le centre d’intérêt d’environ 11 % et 13 % des études, respectivement. Une attention légèrement plus accrue est accordée aux technologies de l’information et de la communication (TIC) dans l’enseignement et la formation (16 %), ce qui pourrait susciter des inquiétudes quant à savoir si la recherche aborde des questions susceptibles de fournir des enseignements aux populations les plus défavorisées, dans la mesure où moins d’un quart des écoles en milieu rural de la région ont accès à l’électricité.

La Figure 1 et le Tableau 1 présente la couverture géographique de la recherche incluse dans la base de données (hormis l’Afrique du Sud, qui possède un paysage de recherche nettement différent). Au nombre des pays participant à la Conférence, seul le Ghana se classe parmi les 15 premiers.

Figure 1 : Aperçu des études par pays


Tableau 1 : Les 15 premiers pays du classement dans la Base de données

Pays
Nombre d'études
Nigeria
398
Kenya
174
Ghana
154
Tanzanie
101
Ouganda
91
Éthiopia
82
Zimbabwe
79
Botswana
70
Pays
Nombre d'études
Malawi
41
Maurice
26
Zambie
25
Cameroun
23
Rwanda
23
Mozambique
20
Swaziland
17
   

Concentration sur la recherche dans les pays francophones

La recherche menée par des chercheurs issus des pays francophones, notamment le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire et le Sénégal, est à ce jour faiblement représentée dans la Base de données. Bien que les sources qui ont été consultées comprennent des publications en français, il est probable que les informations ne soient pas exhaustives. Une image plus détaillée de la recherche en Français nécessite des recherches supplémentaires dans des bases de données linguistiques spécialisées, telles que la base de données HAL. De telles recherches seront entreprises dans les mois à venir.

C’est également la raison pour laquelle la Conférence offre une occasion précieuse d’en apprendre davantage sur la recherche qui pourrait autrement faire défaut aux quatre pays qui seront représentés. Le Tableau 2 donne un aperçu des études de ces pays figurant actuellement dans la base de données.

Tableau 2 : Aperçu des études des pays participant à la « Conférence de l’AREB »

 
Ghana
Burkina Faso
Sénégal
Côte d’Ivoire
Total
Articles
124
8
6
3
141
Chapitres
11
2
1
2
16
Documents de conférence
3
0
2
0
5
Documents de travail
2
0
0
0
2
Thèses de doctorat 
1
0
0
0
1
Total
141
10
9
5
165

 
Pour chaque pays, le profil de recherche est orienté vers les résultats qui figurent dans des bases de données universitaires (reflétant la phase actuelle du projet de cartographie). Les études quantitatives sont prédominantes (38 %), suivies des études qualitatives (26 %) et des études à méthodes mixtes (15 %). Cette distribution des études reflète largement la structure des méthodes de recherche entre les pays enregistrés dans la base de données. En termes de domaines de recherche, les « disparités entre les sexes » constituent une préoccupation partagée par les chercheurs de l’ensemble des quatre pays. « L’enseignement supérieur » est un thème récurrent au Ghana et en Côte d’Ivoire. « L’accès à l’éducation » est un axe majeur dans les trois pays francophones, ce qui n’est peut-être pas surprenant, étant donné que la sous-région comprend les pays les moins susceptibles d’atteindre les objectifs nationaux et mondiaux.

Nous espérons que la Conférence sera l’occasion de mieux faire connaitre  la recherche dans la région. Nous encourageons les lecteurs du présent blog à nous informer des études à intégrer dans la base de données via le lien suivant : https://www.surveymonkey.co.uk/r/BLXMHBT ou en utilisant le hashtag Twitter « #AfricaEducationResearch », ou encore en envoyant directement un courriel à Dr. Rafael Mitchell à l’adresse suivante : rm882@cam.ac.uk.

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