Que signifie une éducation de qualité pour la jeunesse africaine ?

Ce 24 janvier, nous célébrons la toute première Journée internationale de l'éducation.
Robert Manyala est un ingénieur en logiciel et consacre son temps à trouver des solutions aux problèmes du quotidien grâce à la technologie. Il vit au Kenya. CREDIT: GPE/Kelley Lynch

Ceci est le premier article de blog publié en 2019 dans le cadre de la collaboration entre l'Association pour le développement de l'éducation en Afrique (ADEA) et le Partenariat mondial pour l'éducation (GPE).

Le 3 décembre 2018, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté par consensus la résolution 73/25 coécrite par le Nigéria et 58 autres États membres, proclamant le 24 janvier « Journée internationale de l’éducation », afin de célébrer le rôle de l’éducation pour la paix et le développement.

Cette adoption a marqué la volonté politique inconditionnelle d'appuyer des actions transformatives en faveur d’une éducation universelle, inclusive, équitable et de qualité.

L’éducation est la clé pour révéler le potentiel des jeunes africains

Pour que toute société humaine puisse évoluer et répondre à ses aspirations en termes de développement social et économique, de paix, de démocratie et plus généralement de gouvernance inclusive favorisant l’autonomisation des femmes et des jeunes, le fondement en est l’éducation.

Au cours des 10 dernières années, les pays africains ont concentré leurs efforts sur l'accès à l'éducation de base, étape clé dans le soutien du développement communautaire. Par le biais de l’éducation, ils ont mis l’accent sur la promotion de l’équité et de l’égalité entre les sexes, non seulement dans les zones rurales ou isolées, mais également dans les communautés et les lieux où l’éducation est principalement dominée par les hommes.

Les progrès en termes d'amélioration de l'accès à l'éducation sur le continent ont été impressionnants, mais le principal défi consiste désormais à améliorer la qualité de l'éducation. Cet élément a été formulé dans plusieurs cadres internationaux (notamment l’Agenda 2030 pour les objectifs de développement durable, l'Agenda 2063pour l'Afrique, etc.) par diverses organisations panafricaines telles que la Commission de l'Union africaine, le Centre des objectifs de développement durable pour l'Afrique (SDGC/A), l’Association pour le développement de l'éducation en Afrique (ADEA), etc.

Une éducation de qualité dans le contexte africain actuel doit répondre à deux objectifs primordiaux et complémentaires :

  1. Préparer la jeunesse africaine au « monde du travail » actuel et futur en tant que moteurs de l'innovation en stimulant les compétences du 21e siècle (réflexion critique, créativité, collaboration, communication, information, médias, technologie, flexibilité, leadership, initiative, productivité et compétences sociales). Ces outils contribueront à améliorer leur vie personnelle, leur carrière et leur impact sur les marchés du travail actuels.
  2. Donner aux jeunes Africains les moyens de devenir des décideurs et des leaders du changement communautaire en promouvant des pratiques modernes en matière de développement et d’inclusion communautaires.

Contribution de l’ADEA à l’éducation et à la formation en Afrique

L'Association pour le développement de l'éducation en Afrique (ADEA) est la voix de l'éducation et de la formation sur le continent africain et joue un rôle important dans l'espace éducatif depuis 30 ans en tant que rassembleur, créateur de connaissances et forum de discussion sur les politiques.

Très souvent, l’ADEA est décrite comme un partenariat entre les ministères africains de l’éducation, les agences de coopération pour le développement, le secteur privé, la société civile, la jeunesse, la diaspora, ainsi que des institutions universitaires, de formation et de recherche. Ses principales entités chargées de la mise en œuvre sont les Pôles de qualité interpays (PQIP) et l’Équipe spéciale de soutien à la gestion et aux politiques.

Récemment, en partenariat avec le groupe de la Banque africaine de développement (BAD), son institution hôte, l'ADEA a présenté les résultats de l'étude de faisabilité du Fonds africain pour l'éducation (AEF) lors du premier Sommet extraordinaire du Comité des Dix (C10), des chefs d'État et de gouvernement de l’Union africaine champions de l'éducation, la science et la technologie (en novembre 2018 au Malawi).

Un mois plus tôt, l’association avait lancé le nouveau plan stratégique 2018-2022 de l’ADEA, fondé sur deux piliers stratégiques : la plateforme continentale de l’éducation et les services de conseil et d’appui à l’exécution.

Grâce au nouveau plan stratégique, l’ADEA contribuera à donner aux pays africains les moyens de développer des systèmes d’éducation et de formation répondant à leurs besoins émergents et favorisant la transformation socioéconomique durable de l’Afrique. Dans le même esprit, l’ADEA a récemment lancé un nouveau PQIP dans un domaine thématique essentiel du paysage de l’éducation en Afrique : le pôle de qualité interpays dirigé par le Sénégal sur l’enseignement supérieur et la recherche scientifique (PQIP-ESRS). 

Les activités de l'ADEA, issues des recommandations de la Triennale 2017, ainsi que les activités planifiées et réalisées en synergie avec les PQIP, les groupes de travail et les partenaires, auront, au fil des années, un impact majeur sur la vie de millions d'Africains, notamment les jeunes.

Appel à l’action de l’ADEA

Aujourd'hui, selon l'UNESCO, 262 millions d'enfants et de jeunes ne sont toujours pas scolarisés. Six cent dix-sept (617) millions d'enfants et d'adolescents ne maîtrisent ni la lecture ni les bases en mathématiques. En Afrique subsaharienne, moins de 40 % des filles achèvent le premier cycle de l'enseignement secondaire et environ 4 millions d'enfants et de jeunes réfugiés ne vont pas l’école.

Alors que la communauté internationale célèbre la toute première Journée internationale de l'éducation, l'ADEA saisit cette occasion pour appeler ses États membres, ses parties prenantes et tous ses partenaires à assurer une éducation de qualité inclusive et équitable pour tous et à tous les niveaux.

L'éducation est un droit humain et essentiel au développement durable.