Lancement de l’Université panafricaine.

Addis Abeba, Ethiopie – 14 décembre 2011

Le Président de la Commission de l’Union africaine, M. Jean Ping, a lancé aujourd’hui l’Université panafricaine en présence de plus de 200 universitaires, parmilesquels des vices-recteurs, des recteurs et d’autres responsables institutionnels ainsi que des parties prenantes de l’enseignement supérieur, des chercheurs, des partenaires du développement, des représentants des étudiants et des responsables politiques. Un bon nombre de ministres de l’Education et de commissaires de l’Union africaine ont également assisté au lancement.

Le représentant de la Commission européenne auprès de l’Union africaine a déclaré le soutien de la Commission européenne à cette initiative et a insisté sur le fait que cet événement tombait à point nommé, dans la mesure où l’Université panafricaine devait relever les défis de l’apprentissage en Afrique au 21ème siècle. Jean Ping, président de l’Union africaine, a exprimé sa joie de voir l’année 2011 se terminer sur une note positive avec deux événements remarquables pour lecontinent : le lancement de l’Université panafricaine et l’attribution des prix de la troisième édition du Prix scientifique Kwame Nkrumah de l’Union africaine. Dans son allocution d’ouverture, M. Ping a retracé le contexte historique de la création de l’Université panafricaine et il a souligné que c’est la collaboration enthousiaste entre les Etats membres de l’Union africaine qui a conduit à la création des Centres d’excellence sur le continent, qui à leur tour donnent naissance aujourd’hui à l’Université panafricaine, un défi auquel le continent et ses peuples aspiraient depuis un certain temps maintenant. Il a remarqué que le thème du développement de la science et de la technologie au service du continent était très visible dans les diverses déclarations officielles faites par les chefs d’Etat et de gouvernements de l’Union africaine.

Le professeur Lamine Ndiaye du Sénégal, président du panel de haut niveau pour la création de l’Université panafricaine, s’est aussi adressé à l’assemblée. Il a mis l’accent sur l’importance de sa mise en œuvre. Il a noté que de bonnes idées avaient émergé en Afrique au cours des dernières décennies, mais qu’il était temps de les mettre en pratique. Le ministre de l’Education du Kenya, le professeur Sam Ongeri, qui est également le président actuel de la Conférence des ministres africains de l’Education (COMEDAF) a déclaré : « Nous avons été dans les ténèbres pendant de nombreuses années et nous voyons maintenant la lumière au bout du tunnel ». Il a fait remarquer que la volonté et la confiance manifestées par les chefs d’Etat et de gouvernements de la Commission de l’Union africaine pendant des années visaient à aboutir à la réalisation d’aujourd’hui. Citons parmi les autres intervenants de la cérémonie de lancement le commissaire de l’Union africaine pour les ressources humaines, la science et la technologie, le professeur Jean-Pierre Ezin.

L’objet de la création de l’Université panafricaine est d’assurer l’application de la Convention d’Arusha en créant une structure éducative exemplaire, entièrement différente et moderne, axée sur l’enseignement intégratif et la recherche de pointe et conceptualisée de manière stratégique dans le contexte des différentes valeurs culturelles africaines, du pluralisme linguistique et de l’aspiration à des découvertes scientifiques et technologiques contribuant au développement du continent. L’Université panafricaine offrira l’opportunité au continent africain d’occuper la place qui lui revient dans l’économie mondiale du savoir. Cette université est fondée sur les centres déjà existants sur le continent et cherche à promouvoir la science et la technologie en Afrique et à établir un lien solide entre la recherche scientifique et le développement économique. En réalisant cet objectif, l’Université panafricaine favorisera la triple mission des universités modernes dans le monde, à savoir l’enseignement et la formation, la recherche et le service et l’engagement publics.

A l’occasion du lancement, le prestigieux Prix scientifique régional pour les femmes Kwame Nkrumah de l’Union africaine a été décerné aux sept lauréates 2011.Les lauréates viennent des régions d’Afrique australe, du Nord, de l’Ouest et du Centre. Il s’agit du : 1. Professeur Rose Gana Fomban Leke de la région d’Afrique centrale qui est actuellement professeur d’immunologie et de parasitologie, chef du département à la faculté de Médecine et des Sciences biomédicales de l’université de Yaoundé 1 et directeur du Centre de biotechnologie de la même université ; 2. Professeur Eblehal El-Demerdash, chercheuse d’Egypte qui a publié environ 135 articles dans des revues de recherche internationales, régionales et égyptiennes dans plusieurs domaines médicaux, notamment la pharmacologie cardiovasculaire, la chimiothérapie et la thérapie génique ainsi que dans les domaines des toxines et de la protection ; 3. Professeur adjoint Nermin El Semary, une Egyptienne qui a obtenu un doctorat sur la génétique communautaire des cyanobactéries à l’université de Bristol au Royaume-Uni. Elle travaille actuellement à la production d’un biocarburant à base de microalgues et à maintenir un bon réseau scientifique d’ingénieurs et de scientifiques venant d’Egypte et d’ailleurs ; 4. Professeur Maureen Coetzee d’Afrique du Sud qui est professeur-chercheur et directeur à l’unité de recherche d’Entomologie et de Malaria de l’Ecole de pathologie de la faculté des Sciences de la santé de l’université de Witwatersrand à Johannesburg ; 5. Dr Etheresia Pretorius d’Afrique du Sud qui est membre du département de Physiologie de la faculté des Sciences de la santé de l’université de Pretoria. Depuis 2005, elle mène des recherches sur l’utilisation du microscope électronique comme outil pour l’étude des maladies qui affectent spécifiquement les réseaux de plaquettes et de fibrine en utilisant à la fois les modèles humain et animal. En 2007, elle a été choisie comme universitaire d’exception de la faculté des Sciences de la santé ; 6. Professeur Dosso Mireille Carmen de Côte d’Ivoire qui a participé à l’examen collégial de 147 articles pour des revues cotées ISI et dont un grand nombre d’articles ont été publiés dans des revues à fort impact comme leJournal of Infectious Diseases. En 1982, le prof. Carmen a créé un programme de formation en microbiologie médicale, pharmacologie et biosciences à l’attention des ingénieurs et des techniciens de laboratoire de Côte d’Ivoire et elle a formé à ce jour 64 étudiants de deuxième cycle ; 7. Professeur Kakou Yao Rita, de Côte d’Ivoire qui au cours des 20 dernières années a été impliquée activement dans plusieurs travaux collaboratifs de recherche avec plusieurs partenaires de pays européens et de la CEDEAO. Le prof. Yao a présidé plusieurs jurys de baccalauréat en Côte d’Ivoire et elle a aussi été membre du Comité du développement curriculaire du département des Sciences des matériaux et de Technologie. Chaque lauréate recevra un prix de 20.000 US$ en espèces.

La cérémonie de lancement a été précédée d’un séminaire d’une journée organisée dans les locaux des Nations unies à Addis Abeba. Le séminaire avait pour thème : les paradigmes de l’enseignement supérieur dans le commerce intra-africain. Le séminaire auquel ont assisté les vice-recteurs, les recteurs et d’autres responsables institutionnels ainsi que les parties prenantes de l’enseignement supérieur, les chercheurs, les partenaires du développement, les représentants des étudiants et les responsables politiques a débattu des défis potentiels liés à la mise en œuvre de l’Université panafricaine et de la contribution de l’université africaine en général à l’intégration régionale et au commerce intra-africain. Nombre de questions importantes ont émergé pendant le séminaire, notamment le lede l’université africaine dans l’intégration régionale africaine et le commerce intra-africain, la mobilité académique facilitée par la Convention révisée d’Arusha, assurer la qualité et l’excellence de l’enseignement supérieur ainsi que la mobilisation des ressources.