Groupe de Travail sur l'Enseignement Supérieur (GTES)

Contexte

Espoir à l'horizon de l'enseignement supérieur en Afrique. A une époque où les ressources humaines constituent la pierre angulaire des efforts de développement nationaux, et où l'apparition d'une société compétitive mondiale du savoir leur impose de nouvelles responsabilités, les établissements africains d'enseignement supérieur et les décideurs politiques ont besoin de disposer de nouveaux espaces pour réfléchir et échanger leurs idées, redéfinir leurs visions, développer de nouvelles approches et faire la preuve de leurs capacités. 

On constate un regain d'intérêt pour l'enseignement supérieur en Afrique aprés plus de deux décennies en raison de la reconnaissance croissante de son rôle dans la promotion de la croissance économique et du développement social et plus spécifiquement du lien entre enseignement supérieur et marché du travail. On constate également une reconnaissance du rôle de l'enseignement supérieur dans l'amélioration de l'éducation à tous les niveaux. 

Certains pays ont commencé à mettre en place des politiques de renforcement de leur système d'enseignement supérieur et nombres d'établissements se sont engagés dans des réformes créatives faisant preuve d'innovation. La transformation de l'Organisation de l'unité africaine (OAU) en l'Union africaine (UA) et la formation du Nouveau partenariat pour le développement en Afrique (NEPAD) sont des signes encore plus prometteurs. Tous deux créent des espaces propices au renforcement des partenariats nécessaires à la mobilisation des ressources indispensables en vue de la revitalisation de l'enseignement supérieur africain dans le cadre de la Deuxième décennie de l'éducation en Afrique. 

Qu'est-ce que le Groupe de travail sur l'enseignement supérieur ?

Le Groupe de travail sur l'enseignement supérieur (GTES) a été créé en 1989 pour renforcer la collaboration entre les Etats africains, les partenaires au développement et les établissements d'enseignement supérieur dans la perspective d'améliorer l'efficacité de l'aide au développement.

Le groupe de travail s'appuie sur sa connaissance approfondie du secteur de l'éducation pour aider les établissements d'enseignement supérieur africains à concevoir des réponses novatrices aux défis qu'ils rencontrent et à promouvoir un consensus entre les pays et les partenaires au développement sur les politiques et stratégies de revitalisation. Les membres du groupe de travail sont des établissements d'enseignement supérieur africains, des ministères de l'éducation africains ainsi que des agences de développement apportant leur soutien à la revitalisation de l'enseignement supérieur africains; le GTES fonctionne de manière collaborative et a été constitué entre 2002 et 2009 comme projet de fonds en dépôt au sein de l'Association des universités africaines (AAU). Un comité directeur composé des représentants des principales parties prenantes, à savoir les représentants de la communauté de l'enseignement supérieur africain, les représentants techniques des gouvernements et les partenaires au développement, dirigent le groupe de travail. En plus des réunions du comité directeur qui ont pour but de revoir les programmes de travail annuels du GTES et de partager l'information de ses institutions membres, le GTES conduit périodiquement des bilans internes pour évaluer ses résultats et réaffirmer son mandat et ses axes prioritaires : l'analyse, le plaidoyer et le renforcement des capacités sur des questions clés identifiées en commun. 

Quels sont les objectifs du groupe de travail?

L'objectif principal du GTES est de contribuer au développement de systèmes d'enseignement supérieur africain variés, dynamiques, réactifs et pertinents. IL agit comme creuset d'idées et forum pour le partage de savoirs et de connaissancesPlus précisément le GTES vise à promouvoir :

  • Des échanges libres et ouverts au niveau régional sur les questions clés de l'enseignement supérieur entre les parties prenantes, notamment les représentants des institutions nationales, internationales, publiques et privées en vue de promouvoir une compréhension plus aigue des enjeux de l'enseignement supérieur, de diffuser les pratiques novatrices et la sensibilisation sur les réformes nécessaires. 
  • Le plaidoyer sur l'importance du rôle de l'enseignement supérieur dans le développement socio-économique, le lien entre enseignement supérieur et marché du travail et l'importance du rôle de l'enseignement supérieur dans l'amélioration de la qualité de l'éducation à tous les niveaux. 
  • Le renforcement des capacités à travers le financement d'initiatives pilotes à petite échelle.

Quelle est la stratégie du groupe de travail ?

La stratégie du GTES vise à promouvoir une prise de conscience et une compréhension des problèmes auxquels les universités africaines sont confrontées, en apportant une aide à l’analyse des questions en jeu et en diffusant largement les résultats obtenus. Etant donné la faiblesse des ressources disponibles, le GTES préconise de recourir à une planification stratégique dans les universités africaines afin d’augmenter l’efficacité des financements nationaux et internationaux. Il soutient aussi l'AUA, pour que celle-ci puisse représenter avec encore davantage de poids les intérêts de l’enseignement supérieur en Afrique et les faire progresser.

Le GTES sert également de lieu d’échanges pour la promotion d’un consensus entre les agences sur les priorités et les modalités du financement de l’enseignement supérieur.

Que fait le groupe de travail ?

Le groupe de travail poursuit sa mission en adoptant une stratégie en trois volets qui comprend l'analyse, le plaidoyer et le renforcement des capacités. Il opère en :

  • Analysant les questions et les activités prioritaires et en menant des recherches dont les résultats sont communiqués par le biais de rapports, de textes en ligne et de publications.
  • Finançant des initiatives pilotes à petite échelle entretenant des relations avec le réseau d'institutions panafricaines au niveau sous-régional afin de plaidoyer et de renforcer les capacités . 
  • Collaborant avec d'autre parties prenantes et organismes intéressés par les questions de l'enseignement supérieur comme les organisations professionnelles et les Organisations Non Gouvernementales (ONG); 
  • Organisant des forums sur des questions spécifiques ou des événements spéciaux pour réunir les établissements d'enseignement supérieur, les bailleurs de fonds et les autorités gouvernementales décisionnaires en vue d'échanger des perspectives et de développer des compréhensions.

Thèmes abordés par les forums du GTES

  • Politiques d'enseignement supérieur et innovations 
  • Enseignement à distance et transfrontalier
  • Rôle et participation des fournisseurs privés 
  • Planification stratégique 
  • Financement des universités 
  • Participation féminine
  • Gestion et gouvernance 
  • Perspectives de collaboration entre universités pour la formation des étudiants et la recherche. 

Réalisations

Le GTES compte à son actif un nombre non négligeable de réalisations, notamment le maintien de l'enseignement supérieur sur l'agenda des bailleurs de fonds. Il a mené une série d'études sur des questions touchant à l'enseignement supérieur. La plupart ont été réalisées par des universitaires africains et publiées en anglais et en français. Les rapports du GTES sont disponibles à partir des sites de l'ADEA et celui de l'Association des universités africaines (AAU), www.aau.org.

Parmi les études les plus importantes figurent :

  • Une enquête sur les innovations dans l'enseignement supérieur en Afrique ;
  • L'evaluation des expériences de planification stratégique entre les universités ;
  • Des etudes de cas des expériences de réformes universitaires en Afrique pendant les années 1990 ;
  • Des enquêtes et études de cas sur les défis posés par le VIH/Sida aux établissements d'enseignement supérieur africains,
  • Une enquête sur les programmes d'enseignement supérieur à distance. 

Les discussions au sein du GTES ont également permis de définir des priorités pour les partenaires au développement:

  • Soutien aux exercices de planification stratégique institutionnelle ;
  • Aide à la mise en place de politiques institutionnelles et de programmes de sensibilisation au VIH/SIDA ;
  • Assistance à la conception de plans de développement intégrés pour les technologies de l'information et de la communication ;
  • Soutien à la formation des membres des conseils universitaires ;
  • Renforcement des programmes à long terme ou du financement institutionnel qui permet d'intégrer les apports des acteurs locaux et de développer les capacités ;
  • Soutien aux programmes de formation internationaux pour les étudiants, et notamment à la recherche de troisième cycle.