Communiqué de presse
La Conférence ministérielle sur
le VIH/SIDA et léducation
prend fin à Libreville
Libreville, 20 mai 2003 : La conférence
ministérielle sur le VIH/SIDA et léducation, organisée
par lAssociation pour le développement de léducation
(ADEA), le ministère de lEducation nationale du Gabon
et léquipe inter-agences de lONUSIDA pour léducation
(IATT) clôt ses travaux aujourdhui à Libreville.
La conférence a réuni pendant trois jours treize ministres
ou représentants de ministres dAfrique centrale (Burundi,
Cameroun, Congo, Gabon, République centrafricaine, Rwanda)
et dautres régions (Lesotho, Libéria, Kenya, Tchad,
Sao Tomé et Principe,), de nombreux spécialistes de
la question du VIH/SIDA dans le secteur de léducation
ainsi que des représentants dagences de développement
et dONG et des groupes de travail de lADEA.
Pendant les trois jours, les participants ont pris la mesure de limpact
du VIH/SIDA sur le secteur de léducation et tenté
dévaluer létat de préparation des
pays confrontés à la pandémie.
Ils se sont intéressés aux politiques sectorielles de
lutte contre le VIH/SIDA dont la mise en place est indispensable pour
mobiliser les acteurs, les partenaires et les ressources nécessaires
et pour concevoir des programmes de riposte denvergure. Les
spécialistes ont également mis laccent sur la
nécessité de développer des politiques et réglementations
pour protéger les personnes infectées ou affectées
des pratiques discriminatoires à lécole, à
luniversité ou sur les lieux de travail.
Les difficultés liées à la gestion des systèmes
éducatifs ont été évoquées ainsi
que la nécessité pour les services de planification
des ministères de léducation de développer
des outils de mesure de limpact du VIH/SIDA. La collecte dinformations
fiables est indispensable pour évaluer le nombre denfants
infectés ou affectés par le VIH/SIDA et susceptibles
de délaisser lécole, les décès et
labsentéisme des enseignants dû au VIH/SIDA, ainsi
que les coûts, qui en résultent. Cest aussi à
partir dune telle base de données que les pays peuvent
établir des priorités et faire des choix politiques
éclairés.
Considérant que léducation est le seul «
vaccin social » qui existe à ce jour pour se prémunir
contre le VIH/SIDA, la conférence a porté une attention
particulière aux programmes de prévention qui ont prouvé
leur efficacité. Lenseignement des compétences
de vie courante fait partie des moyens qui doivent être mis
en uvre pour aider les jeunes à développer leurs
capacités à prendre des décisions informées,
à gérer leurs sentiments, à communiquer et à
négocier de manière à se protéger contre
les pratiques à risque. Lintroduction des compétences
de vie courante dans les curricula et la formation denseignants
et de formateurs est indispensable pour accélérer léducation
préventive au VIH/SIDA.
La question particulière des orphelins du VIH/SIDA et autres
enfants vulnérables a été étudiée
de près. Privé de soins élémentaires,
ces enfants sont généralement peu éduqués
et ont peu de chances de sextraire de la pauvreté. On
sattend, dans un avenir proche, à un nombre grandissant
denfants de la rue et de sans-abris, à laugmentation
de la prostitution des enfants, à une exploitation accrue des
filles et des femmes, et à des niveaux croissants de criminalité.
Recommandations de la réunion
La conférence a fait plusieurs recommandations
aux ministres, agences et aux experts. Il a notamment été
recommandé aux ministères de mettre en place des points
focaux et des structures dédiées aux questions du VIH/SIDA
dans les ministères de léducation et de leur apporter
un appui maximal ; de développer des stratégies communes
dintervention au niveau régional et sous-régional
pour plus defficacité des actions ; dimpliquer
les communautés, les organisations de la société
civile et les familles dans les plans nationaux de lutte contre le
VIH/SIDA et dans le soutien apporté aux orphelins et aux enfants
vulnérables ; de promouvoir une collaboration inter-ministérielle
pour lutter contre de VIH/SIDA. Aux agences, la conférence
a recommandé quelles sassurent que les ressources
nécessaires pour lutter contre le VIH/SIDA soient mis à
la disposition des pays ; dorganiser des rencontres techniques
qui permettent délaborer des outils de diagnostic et
de suivi de limpact du SIDA dans le secteur ; de développer
des capacités danalyse et de planification multi-sectoriels
; de faciliter le réseautage et le partage de stratégies
efficaces.
Coopération des ministres dAfrique centrale
Les ministres de la sous-région se sont réunis en marge
de la conférence afin de se concerter sur lopportunité
dengager une dynamique de coopération dans le domaine
de léducation entre pays dAfrique centrale. A la
fin de la réunion, un protocole dentente a été
signé par dix ministres de léducation et de la
formation de la sous-région.
A propos de lADEA
LADEA fut créée en 1998 pour encourager
une plus grande collaboration et coordination entre les agences de
développement. Depuis, lADEA est devenue un instrument
de partenariat entre ministres africains de léducation
et bailleurs de fonds. Elle a évolué vers une structure
destinée à :
(1) renforcer les capacités de leadership des ministères
africains dans leur coopération avec les bailleurs de fonds
;
(2) développer chez ces derniers une prise de conscience de
la nécessité dadapter leurs propres pratiques
aux besoins des pays, à leurs politiques, à leurs programmes
et à leurs projets éducatifs ;
(3) développer un consensus entre ministères et agences
sur la manière daborder les problèmes majeures
auxquels léducation en Afrique est confrontée.
Lun des principes qui sous-tendent la philosophie de lADEA
est de considérer que la responsabilité du développement
de léducation incombe aux gouvernements. Cest pourquoi
elle sefforce dencourager un processus donnant pleine
responsabilité aux ministres africains de léducation
et sensibilisant les organismes de financement au concept de responsabilité
nationale. Les activités de lADEA sont axées sur
le renforcement du dialogue autour des politiques entre gouvernements
et organismes de financement, entre gouvernements eux-mêmes,
et entre organismes de développement. Elles visent également
à créer des capacités institutionnelles en Afrique
en développant des compétences techniques, en établissant
des réseaux déchange dinformation et en
encourageant le partage de stratégies et denseignements
tirés dexpériences réussies.
Libreville, le 29 mai 2003
Pour plus dinformations, consultez le site
web de lADEA :
www.ADEAnet.org
Contacts :
Thanh-Hoa Desruelles, Responsable Publications/Communication, ADEA.
Tel à Paris : +33 (0) 145 03 77 69
Daniel Fotso, Chargé de communication, ministère de
lEducation nationale, Gabon
Tel à Libreville : +241/ 23 96 53