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Participation communautaire à l'éducation au Botswana(1)


La participation communautaire et la création de partenariats pour le développement et la gestion de l'éducation ne sont pas un phénomène propre au Botswana et on retrouve partout dans le monde des exemples de participation communautaire.L'originalité de l'expérience du Botswana réside dans l'idée d'un partenariat à l'échelon national pour le premier cycle de l'enseignement secondaire.

La plus grande partie du document(1) est consacrée à un aperçu historique de l'implication et de la participation des collectivités à l'éducation depuis l'ère pré-coloniale, jusqu'à nos jours. L'accent est mis sur les aspects financiers. Les écoles communautaires, créées par les collectivités locales, sont nées pour répondre aux restrictions d'accès à l'école primaire pendant la colonisation. Ces écoles communautaires étaient sous la responsabilité des chefs et des autres institutions locales. Au lendemain de l'indépendance, en raison principalement des efforts déployés par l'Etat pour mettre en place de nouvelles structures, la participation communautaire est passée au second plan. L'enseignement primaire fut alors placé sous le contrôle des conseils régionaux, tandis que l'enseignement secondaire, sérieusement négligé par l'administration coloniale, était placé directement sous la responsabilité du gouvernement.

Toutefois, durant la décennie qui a suivi l'indépendance, il est devenu évident que l'Etat ne pouvait, à lui seul, répondre à la demande sans cesse croissante de services au niveau de l'enseignement secondaire. Il n'est donc pas étonnant que les collectivités se soient à nouveau mobilisées et cette fois, l'accent a été mis sur l'enseignement secondaire.

La première Commission nationale reconnaît le rôle des collectivités

La première Commission nationale sur l'éducation fut créée par le gouvernement en 1976, près de dix ans après l'indépendance. Le rapport produit par la Commission devait servir de document de base pour le développement de l'éducation au Botswana pendant les deux prochaines décennies. Ce rapport reconnaissait le rôle des collectivités dans le développement et la prestation des services d'enseignement. Trois points importants étaient soulignés. Premièrement, le gouvernement ne pouvait atteindre l'enseignement secondaire pour tous en agissant seul. Deuxièmement, les collectivités participaient depuis déjà longtemps au financement de l'éducation au Botswana. Troisièmement, le modèle d'une école communautaire de jour pour le premier cycle d'enseignement secondaire présentait un rapport coût-efficacité nettement supérieur par rapport au programme complet de cinq ans (premier et second cycles de l'enseignement secondaire) offert par les pensionnats établis par le gouvernement. Le rapport a facilité la naissance de partenariats entre le gouvernement et les collectivités pour la réalisation de projets éducatifs.

La nature du partenariat

Au cours des année 80, ce type de partenariats recevaient l'appui inconditionnel de la Banque mondiale. Le gouvernement du Botswana a pu obtenir ainsi de la Banque mondiale des fonds qui aideraient le pays à atteindre l'objectif de dix années d'enseignement pour tous.

Quelle était la nature du partenariat ? Les collectivités locales devaient, entre autres, élire un conseil d'administration, fournir les terrains où les écoles seraient construites, ériger la moitié des logements requis pour le personnel, gérer les écoles et assumer la responsabilité des dépenses récurrentes. De son côté, le gouvernement devait construire et meubler les écoles avec l'aide de la Banque mondiale. Il devait aussi fournir les enseignants et mettre en place un système de contrôle des programmes d'enseignement afin de garantir la qualité et l'équité de l'éducation.

Il était prévu que chaque collectivité aurait sa propre école et que la population locale participerait à la planification, à la gestion et à la prise de décisions relatives à leur école. Malheureusement, les effets à long terme n'avaient pas été étudiés attentivement. Le gouvernement n'avait pas accordé suffisamment d'importance à la conception du rôle du conseil d'administration local et finalement l'Etat a été amené à prendre le contrôle des écoles.

Le document signale toutefois que le désir de participation et d'implication des collectivités est loin d'avoir disparu! Cela s'explique en partie par les nombreuses lacunes qui existent toujours dans les prestations de l'enseignement de base. Pour de nombreuses raisons, beaucoup d'enfants ne fréquentent toujours pas l'école. Manifestement, l'Etat ne peut pas tout assumer. La demande est en hausse pour le second cycle de l'enseignement secondaire, pour la formation professionnelle et technique et pour les formations spécialisées. D'où la nécessité de réexaminer le rôle des partenariats. Mais la réflexion doit aller au delà des collectivités pour englober les ONG et le secteur privé.

De l'expérience du Botswana avec les écoles secondaires communautaires de premier cycle, on peut dégager un certain nombre de leçons qui pourront aider à l'élaboration d'un modèle plus efficace de participation et de prestation des services éducatifs.

Résumé de
Community Financing of Education in Botswana
par Fazlud Moorad

(1) Cet article résume un document intitulé
Community Financing of Education in Botswana
présenté au Séminaire panafricain sur le
financement et la gestion financière en éducation.




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modifiée : le 14 mars 2001