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[Image : Lettre d'information de l'ADEA]

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Le programme COMED

Des systèmes et des structures pour parvenir à un consensus sur l'éducation en Afrique

Le programme COMED a été lancé en 1998. Depuis, il a formé plus de 100 journalistes et responsables de la communication de ministères de l'éducation, travaillant dans 29 pays. Les spécialistes ainsi formés constituent désormais le noyau d'un réseau de professionnels de la communication et des médias plus particulièrement intéressés par l'éducation. Le présent article rappelle les objectifs du programme, fait le point des résultats obtenus jusqu'à présent, et présente les activités futures.

La participation de l'ensemble de la population est désormais un fait considéré comme un préalable à tout développement social et économique durable. Tout le monde s'accorde à reconnaître que les réformes économiques et politiques, la bonne gestion des affaires publiques et la démocratie ne peuvent réussir, dans quelque pays que ce soit, sans que la population ait connaissance de la planification et de la mise en œuvre des politiques publiques et sans qu'elle y participe directement. Faute d'informations documentées et d'une analyse dans les médias des questions concernant les politiques, les gouvernements ne peuvent être tenus pour responsables de leurs décisions. Si tel est le cas, si leurs politiques ne font pas l'objet d'un examen éclairé et sérieux de la part des médias, la gestion publique et la prise de décision ont peu de chances de s'améliorer.

Cela dit, on ne peut parvenir à une prise de conscience du public et à son soutien aux politiques de développement sans un échange cohérent d'informations et sans échanges de vues entre les décideurs et la population. Pour qu'un tel échange régulier et à double sens existe, les institutions doivent développer leurs capacités de conception et de diffusion de l'information. Les gouvernements, surtout en Afrique, ont souvent échoué dans leur responsabilité d'éducation publique parce qu'ils n'ont ni les ressources humaines ou financières, ni la capacité institutionnelle pour planifier et mettre en œuvre les programmes d'information et de communication nécessaires à l'émergence d'un soutien populaire en faveur des politiques, des réformes et du développement. Même dans les pays africains où les médias sont bien présents, les journalistes ne disposent pas d'informations suffisantes pour éclairer le public sur les questions de développement. Ceci est particulièrement vrai pour le secteur de l'éducation, dont les dotations budgétaires sont les plus élevées, où les partenaires sont les plus nombreux et où surgissent très fréquemment, les crises et les conflits les plus virulents.

Les objectifs du programme

Le programme COMED a été conçu pour systématiser le concept de participation populaire et donner aux citoyens les moyens de devenir des acteurs complets du processus de développement. Il a été élaboré pour venir en aide aux gouvernements dans la création de structures capables de concevoir et de mettre en œuvre des programmes d'information et de communication. Le COMED est né d'une initiative conjointe de l'ADEA, de la Banque mondiale et du Centre ouest-africain des médias et du développement (WANAD) ; il reçoit l'aide financière du Fonds fiduciaire norvégien pour l'éducation (NETF). Le volet « renforcement des capacités » du programme vise à créer dans les ministères de l'éducation l'expertise indispensable à la production et à la délivrance de messages ciblés vers les multiples partenaires de l'éducation – société civile, parents, enseignants, étudiants, ONG et organismes bailleurs de fonds, entre autres.

Etant donné le rôle fondamental que jouent les médias dans la diffusion de l'information, le COMED accorde également une attention toute particulière à la formation des journalistes africains, pour les aider à développer leurs compétences dans la couverture des questions de développement.

Les résultats obtenus à ce jour

Le COMED a été lancé en septembre 1998, lors d'une réunion à Cotonou qui rassemblait des journalistes et des responsables de la communication de ministères de l'éducation de douze pays d'Afrique subsaharienne. Les participants ont évalué les besoins en communication de la région et mis au point un programme de renforcement des capacités pour les journalistes et les chargés de communication des ministères de l'éducation africains. Ce programme a ensuite été présenté aux ministres de l'éducation lors d'une réunion organisée par l'ADEA pendant la conférence de l'OUA sur la décennie de l'éducation - COMEDAF1(Harare, mars 1999). Les ministres ont commenté puis approuvé le programme et le COMED a pu démarrer les activités acceptées.

Trois ateliers sous-régionaux pour journalistes et responsables de la communication ont été organisés en 1999 et 2000 à Cotonou (pour l'Afrique de l'Ouest), à Harare (pour l'Afrique de l'Est et l'Afrique australe) et à Yaoundé (pour l'Afrique centrale et les pays de l'Océan indien). Les objectifs de ces ateliers étaient de : 1) renforcer les capacités des ministères à communiquer efficacement sur les politiques et les programmes éducatifs en direction d'un public élargi ; 2) renforcer les compétences des journalistes dans leur travail de couverture des questions éducatives et solliciter leur engagement pour promouvoir l'éducation en Afrique ; 3) constituer un réseau de professionnels de la communication et des médias spécialistes de l'éducation.

Un autre était de favoriser l'instauration de relations de travail professionnelles, encore souvent tendues, entre journalistes et chargés de communication. Ils ont délibérément été invités à participer aux mêmes ateliers (qui duraient dix jours), afin que chaque groupe puisse faire connaissance avec l'autre. Les participants des deux groupes étaient réunis pour des séances communes sur des sujets variés – « Qu'est-ce qui fait la une ? » (une analyse des grands titres sur l'éducation dans la presse) ou « Questions sur l'éducation » – et travaillaient séparément lors de séances concernant uniquement leurs propres besoins de formation. Cette approche a été constructive, chaque groupe faisant part à l'autre de ses préoccupations professionnelles, de ses besoins et de ses frustrations. Dans bien des cas, à la fin de l'atelier, les journalistes et les responsables de la communication d'un même pays avaient fini par développer une certaine camaraderie. Les participants ont exprimé l'espoir de voir leur compréhension mutuelle, fraîchement développée, déboucher sur des relations fondées sur le professionnalisme, le respect et, éventuellement, la confiance.

Au niveau national, le COMED a tenu à Dakar un premier atelier de formation pilote pour les journalistes et les chargés de communication sénégalais. Cet atelier a été organisé en collaboration avec le président du Réseau des journalistes pour l'éducation, la formation et la recherche (REJEF) et le responsable de la communication de l'un des trois ministères de l'éducation. Les enseignements qui en ont été tirés serviront de lignes directrices pour l'organisation des prochains ateliers nationaux.

Outre ces activités de formation, le COMED a financé en 2000 les frais de déplacement de 16 journalistes pour leur permettre de couvrir les manifestations suivantes : le Forum mondial de l'éducation (à Dakar, en avril) ; la Foire internationale du livre du Zimbabwe (à Harare, en juin) et la Conférence des chefs d'Etat du Sahel pour l'accélération de l'éducation pour tous (à Bamako, en novembre). Pendant ces manifestations, de nombreux points et conférences de presse ont été prévus. Nous sommes heureux de constater qu'à Bamako, les chefs d'Etat du Burkina Faso, de la Guinée, du Mali, du Niger, du Sénégal et du Tchad se sont déclarés résolus à mettre en place des politiques de communication énergiques pour mobiliser leurs populations autour des politiques éducatives.

L'ADEA a également été conviée à présenter le COMED lors du séminaire régional de l'OUA sur la décennie de l'éducation qui s'est tenu à Banjul en janvier dernier. Les pays d'Afrique de l'Ouest ont fait de la communication une priorité et le Bénin a été mandaté pour développer, en collaboration avec le centre WANAD, un plan d'action pour la région.

Les projets futurs

Le COMED existe maintenant depuis deux ans. La première phase de renforcement des capacités (formation au niveau sous-régional) est achevée et c'est désormais l'heure du bilan. Il va falloir examiner les résultats, les évaluer et faire le point à partir des enseignements qui en ont été tirés. Cet exercice est prévu en décembre, lors d'une réunion hébergée par le centre WANAD à Cotonou.

Les conclusions de l'atelier de décembre serviront de base à la mise en œuvre des futures activités. En 2001, le programme entrera dans sa phase III (renforcement des capacités au niveau national), sa phase IV (maillage) et sa phase V (utilisation du réseau). Les activités de ces phases seront menées en parallèle. Des ateliers nationaux de formation pour les journalistes et responsables de la communication seront organisés au Bénin, en Côte d'Ivoire, au Kenya, au Nigéria, en Ouganda et au Zimbabwe, en collaboration étroite avec les journalistes et les responsables de la communication formés au niveau régional. Des kits de formation pour les ateliers nationaux sont en préparation, sur la base des modules proposés au niveau régional. D'autres ateliers nationaux seront organisés les années suivantes, en recourant, pour certains modules de formation, aux outils d'enseignement à distance proposés par les nouvelles technologies de l'information.

Parmi les activités de l'année 2001, il est prévu un atelier de trois jours sur les statistiques de l'éducation, pour répondre à une demande émanant du réseau des journalistes sénégalais de l'éducation. L'objectif de cet atelier, qui sera organisé en collaboration avec le Groupe de travail de l'ADEA sur les statistiques de l'éducation et l'Institut international de planification de l'éducation (IIPE), est d'aider les journalistes à comprendre, analyser et utiliser les statistiques de l'éducation dans leur travail.

La phase IV (maillage) comprendra deux éléments : 1)  création d'une infrastructure Internet pour les journalistes et les responsables de la communication qui ont participé aux ateliers du COMED ; 2) lancement d'un forum électronique et d'un site Internet pour encourager les échanges d'informations entre membres du réseau et proposer diverses possibilités de formation continue. La connexion à Internet et l'installation d'ordinateurs pour les responsables de la communication dans les ministères de l'éducation devrait se poursuivre tout au long de l'année 2001, dans le cadre de l'initiative Leland de l'USAID. Le COMED est à la recherche de fonds supplémentaires pour équiper de la même façon les journalistes qui ont pris part aux ateliers sous-régionaux du COMED au travers de leurs associations et réseaux nationaux.

La phase V (utilisation du réseau) démarrera elle aussi en 2001. Les trois ateliers sous-régionaux du COMED ont formé plus de 100 journalistes et chargés de communication de 29 pays. Ces professionnels constituent le noyau d'un réseau COMED de professionnels de la communication et des médias particulièrement intéressés par l'éducation. Ce réseau grandira à mesure que s'accroîtra le nombre de personnes formées au niveau national. Comment peut-il contribuer concrètement au progrès de l'éducation en Afrique ? Cette question sera un point important de la réunion de décembre à Cotonou. L'Education Pour Tous est déjà à l'ordre du jour.


Akin Fatoyinbo
Spécialiste principal en communication
Banque mondiale

et

Thanh-Hoa Desruelles
Responsable information et communication ADEA



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modifiée : le 14 mars 2001