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COMED et l'Initiative spéciale des Nations unies pour l'Afrique (ISNUA)
Le programme COMED est mis en oeuvre conjointement par l'ADEA et la Banque mondiale, qui apporte son soutien dans le cadre de l'ISNUA. M. Mamadou Ndoye, coordonnateur de l'ISNUA, Banque Mondiale, et ancien ministre de l'éducation du Sénégal, explique comment le programme COMED peut contribuer à faire avancer l'éducation en Afrique.
- Quel est le lien entre le programme COMED et l'ISNUA ?
- C'est dans le cadre de l'initiative spéciale des Nations unies pour l'Afrique (ISNUA) que la Banque Mondiale soutient le programme COMED. Ce soutien, réalisé à travers le Fonds fiduciare norvégien pour l'éducation se justifie par le fait que les objectifs du COMED s'inscrivent dans ceux de l'ISNUA. La mobilisation pour la cause de l'éducation, le renforcement des capacités des différents acteurs, la concertation autour des projets et des programmes constituent quelques axes d'articulation du COMED, et, grâce aux diverses interactions et échanges qu'il favorise, apporte une contribution aux principaux buts assignés à l'ISNUA : promouvoir la priorité à l'éducation ; renforcer les capacités nationales à élaborer, lancer et mettre en œuvre des programmes sectoriels de développement de l'éducation ; faciliter le dialogue et la recherche de consensus entre les acteurs du système ; appuyer les réformes pour lever les obstacles qui pèsent sur l'offre et la demande d'éducation ; soutenir la mobilisation et la coordination d'une assistance extérieure à long terme.
- Quel rôle le programme COMED peut-il jouer pour l'éducation en Afrique ?
- L'image qu'une société a de l'éducation influence les opinions, les attitudes et les comportements que développent ses membres à l'égard de celle-ci. Cette image dépend pour une bonne part des représentations véhiculées par la presse et la communication en général. Il faut, en Afrique, améliorer l'image de l'éducation auprès de l'opinion publique, des communautés et de l'Etat. L'enjeu est de stimuler la demande d'éducation des communautés et d'accroître les engagements de l'Etat et de la société pour développer l'offre et renforcer la qualité et la pertinence de l'éducation.
Donner une claire conscience des défis à relever pour définir les priorités du secteur, cibler les principaux obstacles au développement de l'éducation et adopter des stratégies pertinentes, identifier les forces et facteurs d'une dynamique de progrès pour mobiliser efforts et énergies, tels sont les axes d'intervention attendus du programme COMED.
Le programme COMED, en formant des journalistes africains spécialistes du secteur de l'éducation, renforce également leurs capacités d'analyse des données de base de l'éducation. Ceci devrait leur permettre de comprendre et de hiérarchiser les problèmes qui surgissent dans le secteur afin de choisir, d'analyser et d'exposer les questions de fond déterminantes pour le développement de l'éducation.
- Comment le programme COMED peut-il venir en appui aux objectifs d'Education Pour Tous ?
- Le chemin vers l'éducation de base pour tous reste difficile pour l'Afrique. C'est le continent le plus éloigné de l'objectif avec 1 enfant sur 4 qui ne va pas à l'école et 1 adulte analphabète sur 2. C'est aussi la seule région du monde où le nombre d'enfants non scolarisés est en augmentation et où le taux brut de scolarisation est revenu au niveau de 1980. Il est par conséquent urgent d'accélérer le rythme de développement de l'éducation. Ceci suppose une forte volonté politique et une mobilisation exceptionnelle.
Le programme COMED peut y contribuer en renforçant les capacités de plaidoyer en faveur de l'éducation de base pour tous qui est un droit humain fondamental, une nécessité pour le développement, un bénéfice pour les plus pauvres : ces arguments doivent être développés en direction des décideurs politiques pour hisser l'objectif d'éducation de base pour tous au top de l'agenda des Etats.
Mais l'expérience montre que les politiques et les réformes ne connaissent le succès que lorsque les objectifs et les stratégies sont partagés par les principaux acteurs de la société. Le programme COMED aura donc aussi à renforcer les capacités de communication des responsables de l'éducation afin que les campagnes d'information et de sensibilisation portent leurs fruits.
- Le programme COMED peut-il apporter son concours dans le contexte d'une remise de la dette des pays Africains?
- Le poids de la dette est une forte entrave au développement des secteurs sociaux, en particulier celui de l'éducation. L'Initiative pour les pays très pauvres endettés (PPTE) vise la conversion de cette dette en faveur de ces mêmes secteurs, transformant ainsi l'entrave en ressource.
Il y a là une opportunité à saisir. Par exemple, dans un pays d'Afrique australe, le financement du programme d'éducation pour tous requiert une enveloppe de 717,2 millions de dollars EU sur 10 ans soit 71,7 millions par an, tandis que la remise de dette dans le cadre du PPTE dégagerait 117 millions par an.
Le programme COMED peut être une source précieuse d'information et de sensibilisation vers tous ceux qui militent en faveur de l'éducation afin qu'une part significative des ressources du PPTE soit affectée à ce secteur. Une fois les ressources appropriées affectées à l'éducation, se posera encore la question de leur utilisation rationnelle afin que les résultats soient à la hauteur des attentes. Une politique de communication avisée exigera une bonne transparence et la recherche de solutions pertinentes et coûts-efficaces.
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