[L'association pour le développement de l'éducation en Afrique] [Tableau]Aux membresSite in EnglishPlan du siteAccueil


[Image : Lettre d'information de l'ADEA]

A propos de l'ADEA
Groupes de travail
Programmes
Publications
Lettre d'information
Dernière numéro
Archives de la Lettre
Index de la Lettre
Bases de donnés
Calendrier

La foire internationale du livre du Zimbabwe de l'an 2000

La foire internationale du livre du Zimbabwe (ZIBF) est la vitrine africaine du monde de l'édition. Elle présente la plus grande variété de livres, de magazines et de journaux de tout le continent. Plus qu'un simple marché, elle propose toute une série de séminaires, ateliers ou tables rondes sur les différents aspects du développement du livre. Depuis quelques années maintenant, le groupe de travail sur les livres collabore, avec la ZIBF, à l'organisation de l'Indaba, qui se tient pendant la Foire.

Cette année encore, le groupe de travail de l'ADEA sur les livres a animé trois débats pendant l'Indaba (Indaba signifie « conférence » dans la langue bantoue), organisée juste avant la Foire de la fin du mois de juillet 2000. Le thème de l'Indaba – Le marché du millénaire – a été l'occasion pour le groupe de travail d'organiser des débats sur la politique et les questions de l'accès ; il a réussi à rassembler à cet effet des conférenciers venus de neuf pays différents (Afrique du Sud, Ghana, Guinée, Kenya, Mozambique, Malawi, Namibie et Zambie).

Améliorer la distribution et le commerce intra-africain du livre

La première séance, dont le thème était « Améliorer la distribution des livres en Afrique », s'est inspirée d'une étude récente de l'ADEA. Trois des chercheurs – Frank Segbawu de Sedco Publishing au Ghana, Gaulphine Nyirenda, de Maneno Enterprises au Malawi, et Mamadou Aliou Sow, des Editions Ganndal en Guinée – ont présenté leurs résultats sous la présidence d'un quatrième membre de l'équipe de recherche, David Muita, de l'Association des éditeurs kenyans.

La deuxième séance, qui s'est intéressée au politiques économiques régionales et au commerce intra-africain du livre, s'est également nourrie de recherches conduites par le groupe de travail sur les livres de l'ADEA. Ruth Makotsi a présenté la deuxième phase de la recherche sur le commerce intra-africain des livres, entreprise par le réseau africain des éditeurs (APNET) avec le soutien de l'ADEA. Ray Munamwimbu, du Zambia Educational Publishing House et Edigio Mpanga de Dzuka Publishing, au Malawi, ont fait part des dernières évolutions de la campagne menée dans leurs pays par l'APNET et l'ADEA sur le thème « Non aux taxes sur les livres », qui est née de la diffusion des résultats de leur recherche. Renato Matusse, secrétaire général de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), section culture, information et sports, a présidé ce débat et a accepté d'inscrire les résultats de la recherche à l'ordre du jour de la conférence interministérielle de la SADC sur la culture, qui aura lieu à Maputo à la fin du mois de novembre.

La troisième séance, sur la collaboration interministérielle pour une diffusion plus efficace des livres, a été présidée par l'invité d'honneur de la Foire, le ministre ghanéen M. Ekwow Spio-Garbrah. Cette séance a été l'occasion d'une discussion animée entre le ministre et les éditeurs et libraires ghanéens, mais aussi entre Zefanias Muhate, le secrétaire général du ministère de l'Education du Mozambique et un libraire de son pays, qui avait perdu l'intégralité de ses stocks pendant les terribles inondations du début de l'année. Nepeti Nicanor, du Conseil pour le développement du livre à Windhoek, a retracé l'historique de la politique intersectorielle du livre en Namibie ; cette expérience a été porteuse de leçons qui seront utiles à tous ceux concernés par la coordination de la politique des livres.

La discussion s'est nourrie d'un document très détaillé, présenté par Laura Czerniewicz, de l'université du Cap, sur les conséquences des différentes politiques ministérielles concernant la distribution des livres. Une série de questions de politique en sont ressorties, que les éducateurs et les éditeurs doivent prendre en compte lorsqu'ils cherchent à remédier aux inégalités persistantes dans l'accès aux livres (cf. l'encadré « Politiques pour une distribution et un accès au livres améliorés », page 19).

Le groupe de travail sur les livres a également organisé des conférences de presse pour des journalistes venus d'organismes de presse du Ghana et du Nigeria qui ont couvert l'Indaba et la Foire dans le cadre du programme COMED. Une des conférences de presse avait pour invité le nouveau comité exécutif de l'Association panafricaine des libraires (PABA) dont la présidente est Mme Oluronke Orimalade. A l'issue d'un atelier qui a eu lieu pendant la convention, les 27 et 28 juillet, sur l'interface éditeurs/libraires (facilité par le groupe de travail), les membres de la PABA ont participé activement aux débats de l'Indaba en réclamant une fois de plus pour les libraires africains, une reconnaissance, méritée, de la place qu'ils occupent dans la chaîne du livre.

Non aux taxes sur les livres

Le responsable du groupe de travail a accordé un entretien à la presse, en liaison avec la campagne menée par l'APNET et l'ADEA sur le thème « Non aux taxes sur les livres », campagne issue de la recherche présentée lors de la deuxième séance de l'Indaba. L'édition du 3 août du Daily News, au Zimbabwe, a rappelé l'ironie de la situation : alors que le président Mugabe faisait les gros titres pendant la ZIBF 1991 en donnant l'impression d'être favorable à la suppression des taxes sur les livres et autres éléments entrant dans la production des livres, ceux-ci au Zimbabwe continuent « d'être chers, interdisant ainsi à un grand nombre de lecteurs l'accès aux livres, entravant l'émergence d'une culture de la lecture et compromettant l'avenir de l'édition en Afrique ».

De nouvelles publications

Le groupe de travail a également profité de la Foire pour lancer quatre publications parues dans la série « Perspectives sur le développement du livre africain » : Pour le développement du commerce des livres à travers l'Afrique, Des livres pour les écoles, Le financement des manuels scolaires et des matériels de formation des enseignants et Pour une édition sensible aux questions de genre. Deux d'entre elles ont été utilisées pendant les débats de l'Indaba en 1999 et en 2000.

Bien qu'assombrie par la situation politique (qui a eu des effets négatifs sur la participation étrangère et zimbabwéenne), la ZIBF 2000 a été à la hauteur de sa réputation : elle reste un lieu de rencontres animées pour les auteurs, éditeurs, bibliothécaires, libraires et décideurs politiques venus de partout dans le monde. La diversité des activités parallèles à la Foire – la réunion des acheteurs et des vendeurs, organisée par l'OMC, l'atelier de marketing, l'atelier de l'APNET sur les droits du livre, les tentes de lecture pour les enfants, l'atelier sur les bibliothèques scolaires, ou encore la réunion de la Banque mondiale de programmes conjoints pour les éditeurs africains – a permis de multiples échanges d'informations, sans compter les affaires conclues lors de la Foire elle-même.

Pour reprendre le commentaire de Roger Kerrison, le secrétaire nouvellement élu du comité exécutif de la PABA, sur le Zimbabwe, « Son parfum est unique, ses participants incroyablement accueillants et optimistes, même dans les moments les plus durs. C'est la patrie spirituelle, géographique et historique du commerce moderne des livres en Afrique. Faisons en sorte qu'il le reste ».


Carew Treffgarne
Leader du Groupe de travail de l'ADEA sur les livres et les matériels éducatifs




Politiques pour une distribution et un accès au livre plus efficaces


Voici, énumérées ci-dessous, les principales conclusions des séances de l'Indaba ZIBF2000, auxquelles le Groupe de travail de l'ADEA sur les livres et le matériel éducatif a apporté son concours.

  • Les politiques éducatives intra-africaines ayant un impact sur la distribution des livres concernent : les programmes scolaires, la sélection des matériels, les bibliothèques scolaires, le service des achats, les finances, le développement et la formation du personnel.

  • Les politiques inter-ministérielles qui ont un impact sur la distribution des livres concernent entre autres, l'éducation, la culture, le commerce et l'industrie, les taxes et TVA sur les ventes, les tarifs douaniers, l'administration locale, les télécommunications, les finances, les transports, l'organisation des bibliothèques nationales, le développement et la formation des ressources humaines, la gouvernance.

  • Les ministères africains de l'éducation devraient travailler en collaboration plus étroite pour une distribution des livres plus efficace, en améliorant la communication, en apportant leur soutien à la collecte des informations et à la recherche des faits (par ex. les réseaux de ventes de livres, les déficits dans l'approvisionnement en matériel scolaire).

  • Les ministères africains de l'éducation devraient également travailler en collaboration plus étroite pour une politique de distribution des livres plus cohérente, utilisant de façon adéquate des procédures équitables et transparentes de sélection et d'achat des livres, inspirées des partenariats éditeurs/libraires.

  • On peut accroître la collaboration entre les ministères pour s'assurer que la contribution complémentaire de la technologie est exploitée avec efficacité, et que la distribution des livres est intégrée dans les politiques et les campagnes nationales du livre, de la lecture et des bibliothèques.

  • Des comités inter-ministériels et/ou des commissions, au sein ou en dehors du ministère de l'éducation, peuvent jouer un rôle essentiel en rassemblant toutes les parties prenantes du secteur du livre pour améliorer l'achat et l'accès aux livres.



Article précédent : Déclaration de la conférence des chefs d'Etats du Sahel | Sommaire | Article suivant : Les Ravages du SIDA dans l'éducation





A propos de l'ADEA | Groupes de travail | Programmes | Publications | Lettre d'information | Bases de données | Calendrier | Plan du site | In English

Association pour le développement de l'éducation en Afrique
7-9 rue Eugène-Delacroix
75116 Paris, France
Tél : + 33/ (0) 145.03.77.57
Fax : + 33/ (0) 145.03.39.65
adea@iiep.unesco.org

modifiée : le 14 mars 2001