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JEUDI, 04 AOûT , 2005
- 07:02
Société : Education : Pour une école africanophone
L’enseignement des langues africaines au centre d’une conférence à Windhoek.

Xavier Luc Deutchoua A Windhoek

Education
Pour une école africanophone
L’enseignement des langues africaines au centre d’une conférence à Windhoek.

C’est l’une des grandes «vérités» de la doctrine sur l’éducation en Afrique: les langues africaines sont impropres a véhiculer les savoirs scientifiques, et l’introduire dans le système éducatif formel va déboucher sur une sous-éducation. Le dogme remonte à l’école coloniale, conçue pour former des auxiliaires de l’administration. Les élites africaines, qui ont pris la relève, l’ont repris à leur compte. Et, en dehors de quelques expériences isolées, répugnent à envisager un système d’enseignement en langues africaines.
Cette doctrine coloniale vient pourtant de prendre un coup. Des études menées au Burkina Faso, au Mali, au Niger, au Sénégal et en Zambie prouvent tout à fait le contraire. Les élèves recevant un enseignement dans une école associant leur langue maternelle au français ou a l’anglais, produisent un rendement supérieur a celui de leurs camarades soumis a un modèle monolingue.
Initiée par l’Association pour l’éducation et le développement (Adea), cette étude qui concernait sept autres pays, dont le Cameroun, est au centre d’une conférence qui s’est ouverte hier matin au Country club Resort de Windhoek, en Namibie. Des experts issus de 17 pays de l’Afrique francophone, lusophone et anglophone examinent les résultats de l’enquête qui a été conduite par six chercheurs. L’objectif de la conférence, de l’avis de Mamadou Ndoye, le secrétaire exécutif de l’Adea, est triple.

Espoirs
Il s’agit d’abord de faire l’état de l’évolution des politiques et expériences d’utilisation des langues africaines dans l’éducation, en particulier de l’éducation bilingue. Ensuite, de constituer un stock de connaissances pour répondre aux inquiétudes et interrogations que continuent à nourrir certains chercheurs et décideurs. Et, enfin, d’alimenter le dialogue politique sur la question d’analyses et de données suffisamment pertinentes pour arracher l’adhésion des pouvoirs africains à la cause des langues africaines.
Hier, les travaux se sont déroulés dans une ambiance quasi militante. L’unanimité semblait acquise sur la nécessite de rompre les chaînes du modèle éducatif colonial. Avant la fin des travaux prévus pour demain soir, les participants envisagent trois recommandations aux pouvoirs politiques: que les langues africaines soient introduites à l’école comme langue d’instruction, que le modèle éducatif bilingue soit adopté par tous les pays au sud du Sahara, et que le cadre institutionnel soit aménagé à cet effet.



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