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1. Les groupes de travail nationaux de la DAE


Cet article, le premier de la série «Quelle stratégies pour le développement des capacités?» porte sur les groupes de travail nationaux, ou équipes nationales, constitués dans 34 pays d’Afrique subsaharienne dans le cadre d’activités de la DAE.

L’équipe nationale de Côte d’Ivoire du Groupe de travail sur la profession enseignante (GTPE) s’est constituée en novembre 1993. Depuis, elle a mené une analyse approfondie de la gestion des personnels enseignants en Côte d’Ivoire. Cette analyse, fondée en grande partie sur les résultats d’un questionnaire conçu par les membres de l’équipe nationale, avec le soutien méthodologique de l’IREDU (Institut de recherche sur l’économie de l’éducation de l’Université de Bourgogne), a permis de dresser un plan d’action. Aujourd’hui, le diagnostic établi, son plan d’action national construit, et certaines actions amorcées, la Côte d’Ivoire participe à l’élaboration de guides méthodologiques qui aideront de nouvelles équipes nationales à définir des plans d’actions similaires.

Cet exemple illustre la démarche entreprise par certains groupes de travail de la DAE qui agissent par l’intermédiaire de groupes de travail nationaux, stimulant ainsi le développement de capacités locales et régionales. C’est le cas du GTPE qui travaille avec 25équipes nationales (cf. Carte 2, p.7). De même, le Groupe de travail sur les statistiques de l’éducation (GTSE) a constitué 12 équipes nationales au Bénin, au Burkina Faso, au Botswana, en Ethiopie, à Madagascar, en Guinée, à Maurice, en Mauritanie, au Mozambique, au Sénégal, au Tchad, en Zambie, et au Zimbabwe dans le cadre du projet SISED pour le renforcement des systèmes nationaux d’information des statistiques de l’information.

La dimension nationale privilégiée

Le GTPE et le GTSE ont exploité l’existence d’experts locaux, capables d’analyser les problèmes liés à la gestion des personnels ou aux systèmes d’information, d’évaluer les priorités, d’établir un programme d’actions, et de le mettre en oeuvre.

La dimension nationale a été considérée comme un facteur important aussi bien pour des raisons de capacité à comprendre la situation et les problèmes du pays que pour des raisons de capacité à instruire des décisions qui pourront ensuite être mises en oeuvre.

Ces motifs, compréhension nationale et souci d’inscription politique ont guidé le GTPE dans sa méthodologie et dans son choix de critères pour la constitution des équipes nationales.

Caractéristiques des groupes de travail nationaux

Les équipes nationales du GTPE doivent répondre à deux critères fondamentaux : soutien politique

Les équipes nationales du GTPE reçoivent dès le départ un mandat officiel de la part du ministre de l’éducation afin que le travail de l’équipe nationale reçoive l’appui du gouvernement et s’inscrive dans la politique éducative du pays.

représentation de tous les secteurs impliqués

La complexité des problèmes qui affectent la gestion et la motivation des enseignants a dès le départ conduit le groupe à adopter une stratégie qui permettrait à tous les acteurs clés de l’éducation (et des ministères partenaires) d’être consultés.

La composition des équipes nationales du GTPE varie d’un pays à l’autre étant donné la différence des modes d’organisation. Cependant, dans la mesure du possible, les équipes nationales reflètent une structure équilibrée et représentative du ministère de l’Education, du ministère de la Fonction publique, du ministère des Finances, des syndicats d’enseignants, des corps d’inspection, des responsables d’établissements scolaires (public/privé), des associations de parents d’élèves, des autorités morales représentant l’intérêt général.

A titre d’exemple, l’équipe nationale de Guinée comprend : trois représentants des services techniques du ministère de l’Education (Service personnel de la division des affaires administratives et financières et Service de statistiques et de planification) ; trois représentants de chacune des directions pédagogiques (Direction nationale de l’enseignement élémentaire, Direction nationale de l’enseignement secondaire et la Direction de l’enseignement technique et professionnel) ; un représentant de la Cellule d’évaluation du système éducatif ; et un représentant de l’Inspection générale. L’équipe est dirigée et animée par un haut fonctionnaire, conseiller chargé de mission auprès du Ministre. Deux représentants des ministères des Finances et de la Fonction publique et un représentant d’une organisation syndicale doivent se joindre prochainement au groupe.

Les projets pilotes SISED du GTSE impliquent eux aussi un grand nombre d’acteurs. Pour réaliser les modules SISED, le GTSE a mis en place des structures de travail de telle sorte que l’équipe nationale est reliée au ministère de l’éducation, à un comité consultatif, et à un comité technique. En Zambie, une équipe nationale (composée de responsables du ministère de l’Education, de l’Université de Zambie et du Bureau statistique central) et un comité consultatif (composé de représentants du ministère de l’éducation, de l’Université de Zambie, du Bureau statistique central et de l’Organisation Internationale du Travail) ont été formés ; ils sont responsables vis-à-vis du Sécrétaire général et du ministre de l’Education.

Quels résultats au niveau du développement des capacités ?

le renforcement des compétences techniques

Le projet SISED du GTSE, dont l’objectif est le développement de systèmes nationaux d’information durables et adaptés, a permis le développement de modules techniques sur des aspects particuliers tels que la gestion de la tenue de registres scolaires et les méthodes de recensement scolaire ( Ethiopie et Zambie), l’utilisation d’indicateurs pour l’établissement des normes pour une école de qualité ( Bénin), ou encore l’évaluation de la qualité des données pour l’élaboration d’indicateurs de base (Guinée).

Ces modules ont été mis au point par les experts africains, membres de ministères et membres des équipes nationales. Ces experts constituent maintenant un réseau susceptible d’offrir dans l’avenir une assistance technique aux pays qui n’auraient pas participé aux projets pilotes mais seraient concernés par les problèmes traités par les modules.

De même, les équipes nationales participant au programme Gestion et mobilisation des personnels enseignants du GTPE collaborent à la rédaction de manuels méthodologiques destinés à des pays qui souhaiteraient eux aussi élaborer des plans d’action nationaux.

le renforcement institutionnel

Bien que l’impact de telles activités soit difficilement mesurable en termes habituels, le travail des équipes nationa- les ne peut que contribuer au renforcement des institutions africaines.

Afin de permettre auw ministres de mieux identifier les experts travaillant au sein des équipes nationales, et de renforcer les liens entre les membres d’un réseau grandissant, la DAE est en train de dresser une liste des membres de chaque équipe nationale qui sera distribuée aux ministres, aux membres des équipes nationales et aux coordonnateurs des groupes de travail.

Dans l’avenir, deux autres groupes de travail de la DAE envisagent d’agir par l’intermédiaire de groupes de travail nationaux : le groupe de travail sur l’éducation non formelle, récemment constitué, et le groupe de travail sur les finances et l’éducation.




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modifiée : le 18 mars 2001