2. Le programme déchanges intra-africains de la DAE
Le programme déchanges intra-africains fait partie des efforts entrepris par la DAE pour renforcer les capacités en Afrique à partir dexpertises africaines. Dans ce deuxième article de la série «Quelles stratégies pour le développement des capacités ?», nous présentons ce programme récemment mis en place par la DAE, dont le premier pays bénéficiaire a été Sao Tomé et Principe.
Les échanges intra-africains doivent être considérés comme un facteur primordial de la coopération intra-africaine et du développement des capacités de la région. Selon le voeu, maintes fois exprimé par les ministres africains de léducation, le programme déchanges intra-africains doit aider les ministères de léducation de lAfrique subsaharienne à tirer parti de lexpérience et du savoir des uns et des autres. La DAE encourage cela en parrainant des échanges qui donnent la possibilité aux demandeurs de bénéficier de lassistance technique de professionnels de léducation africains chevronnés.
Accès au programme
Le programme déchanges permet à un ministère intéressé de recevoir la visite dun spécialiste, ou denvoyer un membre de son personnel «sinstruire» dans un autre pays.
Pour bénéficier du programme déchanges intra-africains, le ministère doit entreprendre les démarches suivantes :
a) Après avoir déterminé lexpérience dont il souhaite bénéficier, le ministère prépare les termes de référence, le programme de travail et le calendrier de la mission.
b) Une demande est déposée, soit (i) directement au secrétariat de la DAE soit (ii) auprès du ministère du pays quil souhaite visiter ou capable de fournir lassistance professionnelle demandée.
c) Selon le cas, le ministère du pays sollicité propose un spécialiste qui a les compétences pour entreprendre la mission, ou indique la direction de son ministère capable daccueillir un membre du personnel du ministère demandeur.
Financement du programme
Les sources de financement sont établies comme suit :
a) Les deux pays concernés indiquent dans quelle mesure ils peuvent assumer certains coûts (ex. honoraires ou frais de séjour).
b) La DAE peut envisager de prendre en charge le titre de transport aérien, les frais de séjour, et les honoraires lorsque ces frais ne peuvent être couverts par les pays eux-mêmes.
A son retour, le spécialiste rédigera un rapport de mission afin que les résultats de la mission soient diffusés aux membres de la DAE.
Sao Tomé et Principe, premier bénéficiaire du programme
Sao Tomé et Principe est le premier pays bénéficiaire du programme déchanges intra-africains de la DAE.
Léconomie de ce pays, centrée sur la monoculture du cacao, souffre dune baisse de la production et de la détérioration du cours du cacao sur le marché international. Léducation subit le contrecoup de la dégradation de la situation économique et financière du pays qui ne consacre plus que 8,1% de son budget à léducation (1994) par rapport à 11,5% du budget en 1986. Au niveau des écoles, ceci se traduit aujourdhui par linsuffisance dinfrastructures et déquipements scolaires, un corps enseignant peu expérimenté, et linsuffisance de manuels scolaires et autres matériels didactiques. Les effectifs par classe sont pléthoriques et atteignent jusquà 75 élèves par classe dans certains établissements. Le système est contraint davoir recours à la triple vacation. Ces différents facteurs touchent de plein fouet la qualité de lenseignement.
Face à cette situation, le gouvernement de Sao Tomé souhaite amorcer une réforme de son système éducatif. Un Forum de réflexion sur la problématique de léducation sest tenu au mois de mars dernier. Cest à cette occasion que le ministre de lEducation de Sao Tomé a souhaité la participation dun expert ayant été étroitement impliqué dans les travaux de la dernière biennale de la DAE. Le thème central de la Biennale de Tours avait été «Le processus délaboration dune politique éducative en Afrique».
La DAE a désigné M. Djibril Debourou, député à lassemblée nationale du Bénin et auteur dune des six études de cas présentées à la Biennale, pour apporter son expérience à un pays qui entreprend de réformer son système éducatif.
M. Debourou a intervenu en faisant une présentation sur les aspects importants du processus délaboration dune politique éducative notamment le travail technique danalyse préalable, limportance davoir des mécanismes de consultation et de concertation, la coordination des agences de financement, et les écueils à éviter. La principale recommandation faite par M. Debourou a porté sur la nécessité pour le gouvernement de Sao Tomé de disposer de davantage de données quantitatives. En létat actuel, il savère que le gouvernement et les agences de financement ne sont pas suffisamment éclairés pour amorcer une réforme