Réunions de l'ADEA à Genève (30 septembre - 1er octobre 1996)
Cet automne, lADEA a tenu un ensemble de réunions au Centre international de conférence de Genève : le sixième forum des ministres africains de léducation ; une réunion des leaders et des coordonnateurs des groupes de travail, et une réunion spéciale organisée par le groupe de travail sur les livres et le matériel éducatif. Ces rencontres ont permis, entres autres, une meilleure information des ministres sur les activités des différents groupes de travail et des échanges contigus entre ministres, leaders/coordonnateurs, et autres membres de lADEA.
Sixième forum des ministres africains de léducation - 1er octobre 1996
La réunion était présidée par M. Harry Sawyerr, ministre de lEducation du Ghana.
Le président a informé les ministres des différentes réunions de lADEA tenues depuis le début de lannée. Les rapports des réunions du Bureau des ministres (Accra, les 8-9 février et 23-24 août 1996), du Comité directeur de lADEA (28-30 mars 1996) et du séminaire panafricain sur les « problèmes et perspectives de lutilisation des langues africaines dans les systèmes éducatifs » (Accra, 26-30 août 1996) ont été discutés.
Les propositions faites par le Bureau au cours des deux réunions dAccra ont été soumises pour approbation. Ainsi, M. Amanya Mushega, ministre de lEducation de lOuganda a été élu vice-président du Bureau des ministres. Le forum des ministres a aussi appuyé la décision du Bureau des ministres de proposer le remplacement de Mme Diallo Aïcha Bah (auparavant ministre de lEnseignement pré-universitaire et de la Formation professionnelle de la Guinée et suppléante du président du Comité directeur de lADEA) par M. Harry Sawyerr comme suppléant du président du Comité directeur de lADEA. La nomination de M. Harry Sawyerr comme président de lObservatoire des perspectives de Ségou a été mentionnée.
En ce qui concerne les aspects structurels de lADEA, les ministres ont jugé que la présidence de lADEA devrait observer le principe de rotation entre organismes de financement et ministres.
Les groupes de travail ont été invités à présenter leur programmes de travail aux ministres. Ces exposés ont permis aux ministres dêtre mieux informés sur les activités des groupes et aux leaders/coordonnateurs de recueillir les réactions des ministres sur leurs activités.
Linitiative spéciale des Nations unies, lancée par les Nations unies et la Banque mondiale le 15 mars 1996, a été longuement discutée. Les ministres ont insisté sur la nécessité pour les pays de faire preuve de leadership et délaborer leurs propres programmes. Afin que ceci soit explicite, les ministres ont proposé de faire approuver par le Comité directeur de lADEA le remplacement de la dénomination Initiative spéciale du système des Nations unies par Initiative spéciale pour lAfrique sous la conduite des pays.
M. Harry Sawyerr a souligné les avantages immenses que lAfrique pourra tirer de linitiative. Cependant, il a été signalé que tous les pays navaient pas atteint le même niveau de préparation quant à la réalisation des objectifs fixés par le programme de linitiative. Un questionnaire visant à faire létat de la préparation des différents pays a été distribué aux ministres.
Les ministres ont été informés des dernières nouvelles concernant lorganisation de la prochaine Biennale de lADEA. Il est envisagé que la réunion soit conjointement ouverte par le président de la République du Sénégal et le président de lOuganda. M. Mamadou Ndoye, ministre délégué chargé de lEducation de base et des Langues nationales du Sénégal a lancé un appel à tous les ministres africains de lEducation les invitant à prendre part à la Biennale.
Réunion des leaders et coordonnateurs des groupes de travail de lADEA - 30 octobre 1996
Les leaders/coordonnateurs de sept groupes de travail de lADEA (Analyse sectorielle, Education non formelle, Finances et Education, Livres et matériels éducatifs, Participation féminine, Profession enseignante, Statistiques) se sont réunis le 30 septembre afin de poursuivre leurs efforts de coordination et de discuter de sujets de préoccupation communs à tous. La réunion a accueilli pour la première fois le groupe de travail sur léducation non formelle, admis comme groupe de travail à part entière en mars 1996.
Au niveau de la coordination, la conception de profils nationaux est une idée qui a été recueillie favorablement par tous les participants. Ces profils seront conçus par pays et comporteront une liste des membres des groupes de travail ainsi que des informations détaillées sur les activités des différents groupes de travail. Le secrétariat de lADEA et les groupes de travail collaboreront ensemble à lélaboration de ces profils.
Les participants ont réfléchi sur léventuelle mise en place dun mécanisme dévaluation de leurs activités. Des finalités diverses ont été exprimées, parmi lesquelles figurent : (i) aider les groupes de travail à mesurer lefficacité de leur travail au niveau des pays ; (ii) rendre le fruit du travail des groupes plus accessibles aux ministres ; (iii) permettre aux groupes de travail de profiter des expériences des uns et des autres. Un comité est en cours de constitution pour rendre opérationnelle ce mécanisme dévaluation.
La Biennale de lADEA était aussi à lordre du jour. Les leaders/coordonnateurs ont suggéré des thèmes et réfléchi sur leur contribution à la Biennale. La prochaine réunion des leaders/coordonnateurs aura lieu à Paris au mois de mars/avril conjointement à la 7ème session du Comité directeur. Cette réunion permettra de mieux définir le rôle de chacun des groupes dans les travaux de la Biennale.
Réunion organisée par le groupe de travail sur les livres et le matériel éducatif - 1er octobre 1996
Cette année, le groupe de travail sur les livres et le matériel éducatif a entrepris plusieurs études : Les aspects économiques de la publication de matériels éducatifs en Afrique, La rentabilité de la publication en langues nationales, et Les systèmes de distribution et de diffusion des matériels éducatifs en Afrique de lOuest.
Lobjet de la réunion, organisée à lintention des ministres, était de rendre compte de létat de lavancement des travaux des deux premières études mentionnées, et, par la même occasion, de familiariser les ministres avec les activités, le plan de travail et les priorités du groupe de travail.
« Les aspects économiques de la publication de matériels éducatifs en Afrique »
Cette étude, commanditée au début de lannée, a été réalisée par Opifer S.A., une société finlandaise de consultants. Elle a pour objectif daider les gouvernements et éditeurs africains, ainsi que les agences de financement dans leur démarche pour développer une stratégie de production et dapprovisionnement durable de matériels éducatifs. Létude a permis didentifier un certain nombre de freins majeurs à la production et au bon approvisionnement de matériels éducatifs. Ces obstacles sont :
Labsence de politiques, de stratégies et de plans :
Tous les ministères étudiés opèrent sur le très court terme (au jour le jour, dannée en année). Aucun des ministères étudiés na une politique du livre avec des plans à court, moyen et long terme. En labsence de politiques, les agences de financement ont tendance à appliquer leurs propres plans.
Labsence de prévision/dinvestissement décourage les éditeurs :
Cette absence de planification a un effet dissuasif sur les éditeurs. Si les éditeurs avaient la possibilité de mieux évaluer leur ventes réelles, ils produiraient davantage.
Une base financière insuffisante :
Linsuffisance de capitaux, les taux dintérêt élevés, et un secteur de lédition peu crédible sont des freins importants. Les exigences financières pour pouvoir répondre aux appels doffre internationaux ont un effet dissuasif pour les éditeurs africains.
Des managers et des structures de formation en nombre insuffisant :
Les capacités en gestion et en administration des entreprises doivent être développées.
Labsence doutils de coordination de laide :
Agences de financement et pays bénéficiaires ont souvent des priorités différentes. En labsence doutils nationaux de coordination tels que plans, schémas directeurs les agences de financement suivent leur propres programmes.
Etudes de cas sur la rentabilité de la publication en langues nationales
Les études de cas reposent sur la collecte de données factuelles qui prennent en compte le besoin de développer une littérature en langues nationales. Les études de cas ont été conduites dans six pays africains (Gambie, Madagascar, Namibie, Niger, Sénégal et Zambie). Elles ont permis denregistrer un nombre important de politiques en vigueur concernant les langues et lédition. Les éditeurs sont souvent réticents à publier des ouvrages en langues locales à cause des marchés restreints. Les résultats renforcent limportance de la collecte de données sur lutilisation des langues et sur les coûts afférants à la publication en langues locales, de la formation des enseignants et des liens entre les politiques linguistiques et éducatives nationales et la communauté des éditeurs.
Commentaires des ministres
La présence de deux finalités discordantes, représentées par léducation (à caractère philanthropique) et lédition (à but lucratif) a été soulevée par les ministres comme étant un obstacle supplémentaire à la production de livres et matériels éducatifs. Le problème des coûts de production et des intrants actuellement supérieurs en Afrique a aussi été mentionné. Plusieurs ministres ont jugé quil fallait essayer de déterminer des dénominateurs communs entre pays afin denvisager lharmonisation de certains livres ou matériels éducatifs et la production de douvrages en commun. M. Nahas Angula, ministre de lEnseignement supérieur, de lEnseignement technique, des Sciences et de la Technologie de la Namibie a ainsi recommandé que soit commanditée une étude qui approfondirait la question de « la production en langues locales stimulée par la collaboration régionale » .