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L'université des Highlands and Islands d'Ecosse :
université prototype du XXIe siècle?

L'université des Highlands and Islands (UHI) a été créée il y a six ans pour développer les ressources humaines, économiques et culturelles des Highlands et des îles d'Ecosse, une région qui partage plusieurs caractéristiques avec les pays en développement. En raison des particularités de sa mission, de sa gestion et de ses méthodes d'enseignement et d'apprentissage, on la présente comme l'université prototype du XXIe siècle. L'UHI intègre de nombreux concepts et méthodes recommandés dans les rapports nationaux récents sur l'avenir de l'enseignement supérieur au Royaume-Uni, en Nouvelle-Zélande, aux Pays-Bas, dans les pays de l'OCDE et en Afrique du Sud.

Le savoir, c'est bien, le savoir-faire, c'est mieux. " Voilà le principe directeur de cette université régionale à l'esprit novateur créée dans le nord de l'Ecosse et que bien des observateurs commencent à considérer comme l'université prototype du XXIe siècle. Mais qu'a-t-elle d'unique l'University of the Highlands and Islands ?

Un mandat clair de promotion du développement socio-économique régional

Tout d'abord, sa mission est inhabituelle, particulièrement au sein du système du Commonwealth. Elle vise à développer les ressources humaines, économiques et culturelles de la région écossaise des Highlands et des îles. Son mandat, clairement exprimé, est de promouvoir le développement socio-économique régional. Cette région qui représente un cinquième du Royaume-Uni et comprend 93 îles inhabitées, partage plusieurs caractéristiques avec les pays en développement. Surtout rurale, sa population est dispersée sur le territoire. Son économie est peu diversifiée et dépend principalement des petites et moyennes entreprises. Sa main-d'úuvre n'est pas très éduquée et comporte un nombre supérieur à la moyenne de travailleurs autonomes, à temps partiel et de sans-emploi. La demande d'accès à l'enseignement supérieur est très forte. En outre, le système d'éducation doit relever les défis du multiculturalisme et du bilinguisme dans la conception et la prestation des services. Ces caractéristiques ont incité l'UHI à mettre l'accent sur l'accès généralisé à l'enseignement supérieur, le développement de compétences qualitatives et la formation continue.

Partenaires multiples et gestion décentralisée

Deuxièmement, l'organisation et la gestion de l'UHI sont particulières. L'UHI est une fédération décentralisée de 13 collèges et institutions de recherche disséminés dans la région. Huit centres d'extension communautaires (bientôt 15) assurent la présence physique de ce réseau éducatif dans les communautés plus petites et les régions mal desservies. Des incubateurs d'entreprise seront bientôt établis sur plusieurs campus. Chaque collège possède son comité de gouvernance et son directeur, et sa gestion est largement autonome. Planification académique, élaboration de programmes et gestion de la qualité relèvent du Network Academic Council (Conseil académique du réseau) composé d'établissements membres. Le University Management Group (Groupe de gestion de l'université) assure l'ensemble de la coordination et de la gestion du développement. Un conseil d'administration de 15 membres supervise l'ensemble du système. Cinq de ces membres sont élus directement par la fondation de l'UHI, qui comprend 86 entreprises locales et sociétés de service reliant étroitement l'université au secteur privé et aux intérêts des communautés. Un comité directeur de 14 employés professionnels appuie ces groupes et assure la liaison entre le système de l'UHI et les sources extérieures de financement, la gestion de la qualité et les instances politiques. La consultation des parties prenantes est un mode de fonctionnement routinier.

Renforcement des compétences plutôt que transfert de savoir

Troisièmement, l'UHI a adopté une approche novatrice de l'enseignement et de l'apprentissage. Elle reconnaît que, dans un monde en constante évolution, le savoir est vite périmé et que la véritable valeur de l'enseignement supérieur réside dans les capacités acquises par les étudiants. Le programme de cours met donc l'accent sur le renforcement des compétences individuelles plutôt que sur le transfert de savoir. Parmi ces compétences, mentionnons : la résolution de problèmes, le travail en équipe, les compétences en communication, la gestion du temps et la maîtrise des outils informatiques. Les étudiants doivent gérer activement leur cheminement éducatif et la majorité doit également entreprendre un stage professionnel de trois à six mois avant l'obtention du diplôme. Fortement pluridisciplinaires, les filières sont organisées de manière thématique. Parmi elles : le développement rural, la gestion des soins de santé et le tourisme. L'apprentissage se fait par une combinaison de moyens : participation en classe, groupes de travail, travaux pratiques, éducation à distance et cours sur mesure.

Concrètement qu'est-ce que l'UHI ? Agée de six ans, elle est un partenariat fonctionnel de 13 établissements d'enseignement supérieur, de huit centres d'extension de la formation, d'entreprises, sociétés de service, de gouvernements locaux et d'organismes de développement régionaux. Elle compte un effectif de 22 500 étudiants (8 900 étudiants à temps plein) dont 4 546 (2 264 étudiants à temps plein ou 37 %) suivent des cours d'enseignement supérieur. Le programme universitaire est structuré en sept groupes pluridisciplinaires : art et design ; gestion et commerce ; informatique et information ; construction et technologie ; culture et patrimoine ; santé, éducation et bien-être ; science et environnement. Des activités d'apprentissage à distance en collaboration avec des université en Islande, en Irlande, en Norvège et au Canada (Cap-Breton) sont en cours. L'UHI lancera ses premiers programmes de maîtrise et de doctorat l'an prochain. Ses programmes de recherche naissants visent à soutenir les efforts de développement régional. Les premiers sujets portent sur les soins de santé en milieu rural et la prestation de la télémédecine, le développement du tourisme, la gestion de l'environnement et des ressources de la pêche, la langue et la culture gaéliques, et les études sur l'Atlantique-Nord. Les frais de scolarité et Le Scottish Higher Education Funding Council (le Conseil écossais de financement de l'enseignement supérieur) assurent le financement ordinaire. Une partie des fonds en capital provient des recettes de la loterie nationale, du Scottish Office Education and Industry Department (ministère de l'Industrie et de l'éducation d'Ecosse), de l'Union européenne, de la direction régionale de développement des Highlands et des îles (Highlands and Islands Regional Development Authority), et des autorités locales. Plus tard dans l'année, l'UHI lancera une importante campagne de financement extérieur ciblée sur des organismes de charité et le secteur privé.

En rupture avec la tradition de l'enseignement supérieur

L'UHI est-elle vraiment l'université prototype du XXIe siècle ? Très certainement. Elle représente une rupture radicale de la tradition de l'enseignement supérieur au sein du Commonwealth britannique et pose dès lors des défis au modèle universitaire dominant dans le monde. Ainsi, en intégrant les principes contemporains de saine gestion en vigueur dans le monde entier, elle anticipe plusieurs des recommandations contenues dans des récentes évaluations de l'enseignement supérieur réalisées par la Commission Dearing (R.-U.), la Commission Delors (UNESCO), l'Examen thématique de l'enseignement supérieur de l'OCDE, le Rapport sur l'enseignement supérieur du Conseil scientifique des Pays-Bas, le Livre blanc de la Nouvelle-Zélande sur la politique future de l'enseignement supérieur, et la Commission nationale de l'Afrique du Sud sur l'enseignement supérieur. Parmi les particularités de l'UHI figurent : un apprentissage autogéré par les étudiants, un accès généralisé à tous, la souplesse de l'admission et du retrait, les partenariats multiples, la consultation et l'imputabilité des parties prenantes, un programme basé sur les compétences et guidé par un souci de développement socio-économique régional, l'investissement substantiel dans les technologies de l'information et de la communication, et une relation permanente avec les apprenants tout au long de leur vie. Si l'UHI n'annonce pas l'avenir de l'enseignement supérieur, elle représente certainement une étape audacieuse dans cette direction.

William Saint
Coordonnateur du Groupe de travail sur l'enseignement supérieur




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modifiée : le 29 décembre 1999