Dynamique partenariale et qualité de l'éducation et de la formation
Thème de la 48ème session ministérielle de la Conférence
des ministres ayant le français en partage (CONFEMEN)
Yamoussoukro, Côte d'Ivoire, 29 - 30 octobre 1998
Depuis 1994, les travaux de la CONFEMEN ont fait apparaître, tant au niveau de l'éducation de base que de l'enseignement technique et de la formation professionnelle, deux caractéristiques qui marquent cruellement le processus de dégradation des systèmes éducatifs francophones :
- une centralisation excessive ;
- un manque d'ouverture aux réalités du milieu.
C'est pour trouver un remède à ces deux maux que les ministres de l'éducation ont choisi, à Liège, lors de la 48ème session ministérielle de la CONFEMEN de centrer leur réflexion sur le thème, « Dynamique partenariale et qualité de l'éducation et de la formation ». Vingt-cinq pays membres de la CONFEMEN étaient présents ainsi que deux pays membres de la francophonie (Maroc, Tunisie). Les organisations internationales suivantes étaient représentées : l'Agence de la Francophonie, l'Agence Universitaire de la Francophonie, l'organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) et l'ADEA. Etaient également présents les membres du Comité scientifique du programme d'analyse des systèmes éducatifs (PASEC) de la CONFEMEN.
Les discussions étaient articulées autour d'un document d'aide aux débats comportant trois lignes de force :
- philosophie de la dynamique partenariale : en quoi celle-ci constitue-t-elle une réponse à l'excès de centralisation et au manque d'ouverture au milieu et comment peut-elle être contribuer à améliorer la qualité des systèmes éducatifs ?
- conditions de réussite et de mise en oeuvre : quelles conditions faut-il réunir pour développer une véritable dynamique partenariale et quelle démarche suivre ?
- conséquences positives : quels bénéfices peut-on attendre de la dynamique partenariale et à quels niveaux ?
Nourris d'expériences en cours dans les pays membres, les débats ministériels ont permis d'aboutir à une définition de la dynamique partenariale et d'énoncer des points de convergence, des précisions et des mises en garde.
Définition
Le partenariat autour et au service de l'école est la recherche, dans un espace de concertation structuré, d'un consensus, permettant à tous les acteurs concernés de mettre leurs efforts en commun pour cette vaste entreprise qu'est l'école.
Les points de convergence
La dynamique partenariale permet de répondre aux objectifs d'extension de la scolarisation, d'amélioration de la qualité et de pertinence de l'éducation.
Les participants se sont prononcés en faveur de l'adoption du processus de dynamique partenariale, de la mobilisation des ressources humaines et financières, et de la redéfinition du rôle de l'Etat en tant que garant et facilitateur du système éducatif.
Le partenariat implique une décentralisation avec ses points forts (meilleure appréciation des besoins, collaboration efficace) et ses points faibles (effritement de l'identité nationale). Il naîtra d'une concertation nationale visant le décloisonnement et l'insertion des systèmes éducatifs dans le milieu.
Dans ce processus de transformation, l'Etat doit rester présent pour garantir une relative harmonisation.
Les fondements du partenariat reposent sur les principes de liberté et de démocratie. Une information précise et fiable, le respect des engagements à tous les niveaux, sont les socles sur lesquels peut se bâtir la dynamique partenariale.
Le système sera pérennisé par la définition d'un cadre juridique qui aura pour tâche de clarifier les rôles et missions de chaque partenaire.
Précisions et mises en garde
Les partenariats existent à plusieurs niveaux - nationaux, internationaux, sociaux, opérationnels, technico-financiers - et se structurent et se chevauchent de manière dynamique.
Les mécanismes de partenariats doivent intégrer apprentissage et apprenant afin de responsabiliser ce dernier et le rendre pleinement autonome. Ils doivent également s'inscrire dans les processus d'apprentissage tout au long de la vie.
Les participants ont souligné la complexité d'une politique de dynamique partenariale qui se décline de différentes manières en fonction des réalités nationales. Certaines difficultés, liées au conservatisme des acteurs et à la diversité des fins poursuivies, ont été évoquées.
Si tous s'accordent sur l'importance de la dynamique partenariale, il convient également, si l'on se réfère aux expériences menées dans différents pays, de ne pas en ignorer les limites.
Conclusion
La nécessité de susciter un contrat socio-pédagogique aux termes duquel toutes les parties décideraient de placer l'école au-dessus des considérations partisanes a été soulignée.
A la fin des travaux, les participants ont adopté la Déclaration de Yamoussoukro qui : a) affirme de nouveau la priorité donnée à l'éducation de base et à la formation professionnelle et technique ; b) fait de la dynamique partenariale l'élément clé de la mise en oeuvre des politiques de « refondation » des systèmes éducatifs.
Martine Boulanger
Documentaliste au Secrétariat Technique Permanent de la CONFEMEN
* Les actes de la 48e session ministérielle, la déclaration de Yamoussoukro ainsi que le document d'aide aux débats seront bientôt disponibles en version intégrale sur le site Internet de la CONFEMEN