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[Image : Lettre d'information de l'ADEA]

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Deux chefs d'État inaugurent la biennale
Dakar, 14-18 octobre 1997

Le leadership africain était représenté par deux chefs d'Etat, M. Yoweri Museveni, président de l'Ouganda, et M. Abdou Diouf, président du Sénégal. Tous deux ont inauguré la biennale. Dans son allocution présidentielle, M. Museveni a insisté sur l'importance de l'éducation en vue de la transformation économique et politique des pays africains au sein de l'économie mondiale. Mais a-t-il précisé, l'efficacité des solutions axées sur le développement de l'éducation en Afrique dépend d'une croissance économique soutenue.

Le développement des ressources humaines doit s'inscrire dans une stratégie globale de transformation

« ... Le développement des ressources humaines doit s'inscrire dans une stratégie globale de modernisation et de transformation industrielle. Je ne crois pas à l'enseignement universel généralisé dans un contexte de sous-développement persistant. Cela ne marchera pas ... Les processus de modernisation et de transformation industrielle aboutiront à la création d'emplois, à l'élargissement de l'assiette fiscale et au développement de marchés pour nos matières premières ... »

L'éducation de masse ne devrait pas s'arrêter à l'enseignement primaire

« ... L'éducation de masse ne devrait pas se terminer après l'enseignement primaire. Dans les années 70, de nombreux pays ont mis l'accent exclusivement sur l'enseignement primaire. Dans les pays qui ont axés tous leurs efforts sur l'enseignement primaire universel, les taux d'inscription ont chuté. Les parents n'envoient plus leurs enfants à l'école car ils ne voient pas l'utilité d'un enseignement qui s'arrête à la fin du niveau primaire. Il faut viser une éducation de masse qui englobe les niveaux primaire et secondaire ... »

Il est possible de financer l'éducation pourvu que nous ayons une stratégie ciblée

« ... Je ne suis pas convaincu qu'il soit si difficile de financer l'éducation. En Ouganda, il y a beaucoup de gaspillage. Nous devons rationaliser les coûts, favoriser les externats, la formation des enseignants, la construction de bibliothèques, de laboratoires ... En supprimant les éléments superflus, il sera plus facile de financer l'éducation. Les familles nombreuses représentent un frein à l'éducation de masse. Je crois qu'il est possible de financer l'éducation pourvu que nous adoptions une stratégie ciblée ... »

Il faut moderniser les programmes d'enseignement, améliorer la qualité et inciter les femmes à fréquenter l'école

« ... Un autre problème auquel nous devons nous attaquer est celui de l'élaboration de programmes d'enseignement adéquats. Les programmes d'enseignement en Afrique doivent être développés et modernisés. Dans la plupart des pays africains, les ordinateurs sont encore rares. In nous faut aussi améliorer la qualité de l'éducation. Enfin, nous devons examiner les désavantages particuliers auxquels sont confrontés les femmes ...»

L'éducation n'est possible que dans un contexte de croissance économique soutenue

« ... J' insiste sur le fait que l'éducation n'est possible que dans un contexte de croissance économique soutenue. Si nous n'assurons pas la croissance de notre économie, nous ne pourrons soutenir un niveau d'éducation adéquat. Les organismes de financement ne peuvent intervenir que de façon symbolique. Nous devons dégager nous-mêmes les ressources nécessaires...»

La mise en commun des institutions

« ... Les pays africains doivent partager davantage leurs institutions et leurs services, notamment dans le domaine de la recherche. Les échanges inter-universitaires en Afrique de l'Est ont favorisé le rapprochement des pays africains. Des étudiants venant de toute l'Afrique de l'Est ont fréquenté l'Université de Makarere. Parmi ceux qui ont étudié en Ouganda figurent quelques présidents de Tanzanie et des personnalités importantes du Kenya et de la Zambie. J'ai moi-même étudié à l'Université de Dar Es Salaam, en Tanzanie. Partageons nos richesses en éducation. Nous utiliserons ainsi mieux les ressources dont nous disposons ... »

Extraits du discours présidentiel prononcé par
M. Yoweri Museveni
président de l'Ouganda

Tout en rappelant les progrès déjà accomplis, M. Diouf a souligné les immenses besoins de l'Afrique en matière d'éducation et de formation. Les défis posés aux nouveaux partenariats à promouvoir sont à la mesure de l'ampleur des besoins. Confiance, transparence des intérêts de chacun, respect des différences dans une relation horizontale, meilleure écoute des institutions et des personnes, font partie de la nouvelle relation partenariale préconisée.

Il n'a pas toujours été rendu justice aux efforts accomplis

«...En regardant le chemin qu'il reste à parcourir, il n'a pas toujours été rendu justice aux efforts remarquables déjà accomplis. Entre 1960 et 1983, les effectifs des établissements scolaires ont quintuplé pour atteindre le chiffre de 63 millions. Ils ont augmenté au rythme de 9% par an environ durant les années 70, soit deux fois plus qu'en Asie et trois fois plus qu'en Amérique latine. Dans le primaire, le taux brut de scolarisation est passé de 36% en 1960 à 75% en 1983. Dans le supérieur, le nombre d'étudiants inscrits dans les établissements africains atteignait 437 000 en 1983 contre 21 000 seulement en 1960. L'essor de l'enseignement depuis l'indépendance a ouvert plus grand les portes de l'éducation à des catégories de population qui, jusque-là, en étaient exclues. Cette expansion massive de l'éducation a fortement valorisé le patrimoine humain de l'Afrique. La moyenne du niveau d'instruction des travailleurs, hommes ou femmes est passée de moins d'une demi-année en 1960 à plus de trois ans au début de 1980 et le taux d'alphabétisation des adultes de 9% à 42%...»

De nouveaux partenariats doivent être créés pour faire face aux immenses besoins éducatifs

«...Bien que les Etats africains accordent à l'éducation une part importante de leurs budgets nationaux – certains comme le Sénégal y vont jusqu'au tiers – les taux d'alphabétisme et de scolarisation restent faibles. Il est de plus en plus évident que les seuls efforts des Etats ne suffiront pas pour réaliser l'objectif d'éducation de base pour tous sans compter les investissements qui s'imposent aux autres niveaux et composantes du système éducatif. C'est pourquoi les nécessaires partenariats qui en découlent ne doivent plus être conçus dans la vieille relation d'aide mais comme un devoir, pour les uns et les autres, de relever solidairement un défi posé à la conscience universelle en termes d'équité, de droits humains et d'interdépendance de tous les habitants de notre village-planète...»

Le partenariat ne peut se satisfaire d'une relation verticale basée sur l'autorité

«... Pour passer de la relation d'aide à la relation partenariale, il s'agit de rédéfinir les statuts et les rôles des partenaires. Le partenariat à promouvoir ne peut se satisfaire d'une relation verticale basée sur l'autorité, la contrainte, l'imposition d'un rapport de force, la substitution de légitimité et la transposition de modèles, ou d'une relation basée sur le paternalisme et la condescendance...Il suppose les conditions d'un dialogue authentique où la relation est horizontale et met en scène des acteurs égaux. L'écoute des institutions et des personnes doit être améliorée afin d'aboutir à une compréhension commune des stratégies de développement...»

La confiance, élément clé du partenariat

«...Un élément déterminant du partenariat est la confiance. Elle ne suppose pas seulement un contrat clair et équilibré avec un juste partage des rôles et responsabilités. Elle implique aussi la reconnaissance mutuelle par chacun des partenaires des intérêts, attentes, contraintes, légitimités et cultures institutionnels et humains de l'autre. Elle s'entretient dans l'expérience commune et la communication permanente...»

Partenariat et renforcement des capacités

«... Renforcer le partenariat, c'est aussi renforcer les partenaires aux plans politique et institutionnel au même titre qu'aux plans scientifique et technique. Le leadership des pays africains doit être accompagné de stratégies de développement institutionnel où la recherche d'un consensus politique et social national se combine à un haut degré d'expertise technique...»

Extraits du discours présidentiel prononcé par
M. Abdou Diouf
président du Sénégal




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modifiée : le 14 mars 2001