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L'Internet a connu, ces dernières années,
un développement phénoménal qui touche les
pays en développement autant que les pays industrialisés.
En Afrique en particulier, même si les connexions se multiplient
moins vite qu'ailleurs dans le monde, l'Internet a modifié
la donne. Sous l'impulsion d'investissements massifs dans les infrastructures
de télécommunications, grâce à de nouvelles
collaborations entre gouvernements, opérateurs et ONG, sans
oublier un grand nombre d'initiatives spontanées, le paysage
évolue rapidement.
Il y a quatre ans, au moment où l'Internet
a pris son essor en Amérique du Nord, en Europe et dans certaines
régions d'Asie, le débat au sein de la communauté
internaute africaine portait sur l'aptitude des pays d'Afrique à
saisir cette chance. Le principal obstacle à une large diffusion
de la technologie sur le continent était évident :
l'indigence des infrastructures de télécommunications.
Aujourd'hui cependant, les sujets de discussion entre experts ont
changé. La question n'est plus de savoir si l'Afrique accédera
ou non à la technologie Internet. Il s'agit plutôt
de savoir ce que les organisations et institutions africaines en
feront. En 1994 il n'y avait, sur la carte mondiale du réseau
Internet, que deux pays d'Afrique parfaitement équipés
: l'Afrique du Sud et l'Egypte. A l'heure actuelle, tous les pays
africains sont peu ou prou connectés au réseau mondial
et il est possible de communiquer par messagerie électronique
avec la plupart d'entre eux. Plusieurs initiatives en faveur de
l'Internet ont reçu l'appui d'organismes de soutien internationaux
comme le Centre de recherche en développement international
(CRDI), la Banque Mondiale, l'UNESCO, le Programme des Nations unies
pour le Développement (PNUD) et l'Agence américaine
pour le développement international (USAID). Divers gouvernements,
sociétés et ONG internationales ont également
rendu possible la connexion à l'Internet dans de nombreux
pays africains. Ces apports ont joué un rôle déterminant
dans la propagation du Web en Afrique.
Une connexion à longue distance de plus
en plus rapide
Au cours de ces deux dernières années,
non seulement l'Internet s'est propagé aux quatre coins de
l'Afrique, mais la vitesse des connexions grâce auxquelles
ces pays sont reliés aux dorsales(1) mondiales s'est accrue
de façon spectaculaire. En 1996, trois pays seulement (Afrique
du Sud, Egypte et Tunisie) disposaient de lignes supérieures
à 64 kb/s(2) ; le Ghana, le Maroc et l'Ouganda étaient
connectés à 64 kb/s tandis que le Tchad, le Kenya,
Madagascar, le Mozambique, la Namibie, la Zambie et le Zimbabwe
devaient se contenter de lignes à 9,6 kb/s. Quant aux autres
pays, ils n'étaient tout simplement pas connectés,
sinon à une fonction de messagerie électronique par
ligne téléphonique. Aujourd'hui, le paysage est complètement
différent. Tous les pays africains sont connectés
au réseau. Qui plus est, 30 pays sont désormais branchés
sur les dorsales internationales par des liaisons à 64 kb/s.
Parmi ceux-ci, tous les pays de l'Afrique australe, la plupart des
pays de l'Est et du Nord et quelques pays d'Afrique occidentale.
Les facteurs limitatifs
Malgré ces réalisations, un certain
nombre de freins technologiques, environnementaux, opérationnels
et financiers contrarient encore, en Afrique, le développement
des connexions Internet, moins rapide sur le continent que dans
d'autres régions du monde. Dans la plupart des pays africains
connectés, l'accès n'est possible que dans les centres
urbains quand il n'est pas limité à la seule capitale.
Rares sont les fournisseurs d'accès qui possèdent
des points d'accès(3) (POP) en dehors des villes. La principale
raison invoquée est l'indigence des connexions téléphoniques
dans les régions reculées.
Parmi les problèmes structurels, on peut citer
: