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En 1998, en collaboration avec la
Banque mondiale et le Centre Ouest Africain des médias et
développement (WANAD), l'ADEA a démarré une
nouvelle activité visant à promouvoir l'utilisation
de la communication en appui à l'éducation. L'objectif
de cette activité est de renforcer les capacités ministérielles
de communication et aussi d'améliorer la compréhension
par les médias des questions éducatives. L'article
qui suit rend compte de deux réunions, tenues au Bénin
et au Zimbabwe, et des activités futures prévues.
L'éducation en Afrique devra,
au cours du XXIe siècle, affronter de nombreux défis.
Face à ces défis, la participation de tous et le dialogue
entre les divers acteurs et partenaires de l'éducation sera
nécessaire pour élargir l'accès à l'éducation,
en améliorer la qualité, renforcer les capacités
et obtenir les ressources nécessaires. La communication entre
partenaires sera cruciale pour partager l'information, créer
un climat de confiance, soutenir les bonnes volontés, renforcer
la coopération et améliorer l'éducation. Mais
comment communiquer ? En éducation, qui dit quoi, à
qui, à quel sujet, comment et avec quels résultats?
Ce sont là des questions fondamentales que praticiens et
chercheurs en communication se posent depuis des décennies,
et les réponses ne sont pas évidentes pour beaucoup
de décideurs, notamment pour les responsables politiques
du secteur éducatif et les praticiens.
Renforcer les capacités pour
communiquer
En collaboration avec la Banque mondiale
et le Centre ouest africain des médias et du développement
(WANAD), l'ADEA a lancé en 1998, une nouvelle initiative
pour aborder ces questions et promouvoir l'utilisation de la communication
en appui à l'éducation. L'activité vise à
développer les capacités ministérielles de
communication, et à améliorer la compréhension
des questions éducatives par les médias.
A ce jour, deux réunions ont
eu lieu. La première, qui a eu lieu à Cotonou, au
Bénin, du 12 au 16 octobre 1998, a réuni des spécialistes
de la communication. L'objectif principal de la rencontre était
d'évaluer les besoins des ministères de l'éducation
en matière de communication. La deuxième réunion,
tenue le 17 mars 1999 à Harare, Zimbabwe, réunissait
les ministres de l'éducation invités à discuter
du rôle de la communication, de son utilisation aujourd'hui
et de son potentiel pour le développement de l'éducation
en Afrique, et à donner leur avis sur le programme de renforcement
des capacités élaboré à Cotonou.
Au cours de ces deux réunions
ont été examinées des expériences africaines
de réforme éducative plus ou moins réussies
qui ont eu recours à différentes stratégies
de communication - médias, communication institutionnelle,
interpersonnelle ou de groupe. Parmi les présentations on
trouvait une vue d'ensemble de la communication en Afrique, un papier
sur son rôle dans l'éducation et le développement,
et une réflexion sur les relations entre communication, partenariat,
confiance et pédagogie. Les recours aux instruments, réseaux
et technologies de la communication, et les moyens utilisés
pour susciter et poursuivre le dialogue pour l'éducation
et le développement, ont été examinés.
Les médias et réseaux de communication traditionnels,
ainsi que les nouvelles technologies de la communication et de l'information
ont également été abordés.
Expériences de communication
institutionnelle
L'un des points forts de la réunion
de Cotonou a été le partage des expériences
vécues dans leur pays par les responsables de la communication
des ministères. Les présentations ont montré
que les administrations prenaient conscience de la nécessité
d'améliorer la communication, comme le montre l'émergence
de départements et de responsables de la communication dans
la plupart des ministères de l'éducation. Cependant,
cette prise de conscience est encore insuffisante au niveau gouvernemental
pour que ces activités aient la priorité. C'est pourquoi,
les structures existantes sont souvent inadaptées et les
actions entreprises dépourvues de cohérence.
La plupart des pays ne possèdent
pas de tradition bien établie de communication pour l'éducation
et le climat culturel y est peu favorable. Les politiques et stratégies
d'information sont inexistantes et il y a une certaine tendance
à la rétention de l'information. La communication
est souvent considérée comme un luxe auquel les pays
font appel en situation de crise. Dans la plupart des cas, le concept
de communication se réduit aux relations avec les médias,
les relations publiques, ou encore la publicité. Il s'ensuit
que la situation et les fonctions du responsable de l'information
institutionnelle varient d'un pays à l'autre. Certains, opérant
seuls, sont directement rattachés au ministre de l'éducation,
en tant que responsable de la publicité, du protocole ou
des médias ; d'autres sont à la tête de services
de communication formellement établis. Dans presque tous
les pays, on constate, dans ce domaine, un manque de ressources
financières, matérielles et humaines.
Evolution des médias en Afrique.
Le contexte général laisse apparaître les énormes
changements intervenus dans les médias au cours des dix dernières
années. Le monopole de l'Etat a été brisé
et s'est traduit par un foisonnement de journaux privés.
La radio et la télévision, longtemps chasse gardée
des gouvernements, s'ouvrent elles aussi à la privatisation.
Mais cette évolution quantitative n'a pas été
accompagnée d'une amélioration de la qualité.
Si les journaux se sont battus pour affirmer leur autonomie rédactionnelle,
ils demeurent encore très axés sur la politique et
les personnalités politiques. Les agences de presse demeurent,
dans la plupart des cas, des agences ou des départements
gouvernementaux. La télévision est handicapée
par le manque d'équipement et la pauvreté des moyens
de production locale. Les médias privés, motivés
par le profit, se montrent peu intéressés à
couvrir les questions d'éducation. Les nouvelles sont souvent
formulées en termes négatifs et focalisées
sur ce qui ne va pas ; l'information est traitée superficiellement
et les questions d'éducation et de développement reçoivent
très peu d'attention.
Résultats des réunions
Les réunions de Cotonou et de
Harare ont abouti à la création d'une stratégie
et d'un programme d'activités aux niveaux régional
et national. A la réunion de Harare, les ministres ont commenté
et approuvé le programme.
Les prochaines activités prévues comprennent l'élaboration
d'un programme de formation pour les journalistes et les responsables
d'unités de communication, l'organisation de séminaires
de formation régionaux et la création d'un réseau
de journalistes et de " communicateurs " en éducation.
Si le programme est mis en uvre conjointement par l'ADEA et
la Banque mondiale, les activités de formation seront coordonnées
par le Centre ouest africain des médias et développement,
basé à Cotonou au Bénin. Les séminaires
de formation seront organisés en collaboration étroite
avec diverses institutions de communication africaines tels la School
of Media and Graphic Studies de Kampala en Ouganda, le Zambian Institute
of Mass Communication en Zambie et l'Institut des sciences et technologies
de communication (ISTIC) de Yaoundé au Cameroun.