L’ADEA, l’Union africaine et l’IPED lancent un Cluster de la CESA pour renforcer la gouvernance, les politiques et le financement de l’éducation
Le Département de l’éducation, des sciences, de la technologie et de l’innovation de la Commission de l’Union africaine (CUA-ESTI) a inauguré le Cluster de la Stratégie continentale de l’éducation pour l’Afrique (CESA 2026–2035) sur la gouvernance, les politiques et le financement de l’éducation, créant ainsi un nouveau mécanisme continental destiné à renforcer la gouvernance, l’élaboration des politiques, le financement et les partenariats dans le secteur de l’éducation en Afrique.
La réunion inaugurale, coorganisée par l’Association pour le développement de l’éducation en Afrique (ADEA) et l’Institut panafricain de l’éducation pour le développement de l’Union africaine (UA-IPED), le jeudi 1er octobre 2026, a réuni 38 participants, dont 16 hauts responsables gouvernementaux de niveau directeur issus de 13 pays africains, ainsi que des représentants des Communautés économiques régionales (CER), des partenaires au développement, des réseaux continentaux et des organisations de la société civile.
Le Cluster s’inscrit dans l’architecture de mise en œuvre de la CESA 2026–2035, qui constitue le cadre continental pour la transformation des systèmes d’éducation et de formation en Afrique dans le contexte de la Décennie d’action accélérée pour la transformation de l’éducation et le développement des compétences en Afrique (2025–2034) de l’Union africaine. Les clusters thématiques de la CESA ont été officiellement lancés en avril 2026 à Nairobi afin d’aider les États membres à traduire la stratégie continentale en actions aux niveaux national et régional.
Reconnaissant le rôle central de politiques fondées sur des données probantes, d’une gouvernance efficace, d’un financement durable et de partenariats solides dans la transformation de l’éducation, la CUA-ESTI a créé le Cluster sur la gouvernance, les politiques et le financement de l’éducation afin de contribuer à traduire ces priorités continentales en actions concrètes.
À l’ouverture de la réunion, Albert Nsengiyumva, Secrétaire exécutif de l’ADEA, a présenté le Cluster comme une occasion de rassembler les pays, les institutions régionales et les partenaires autour d’un objectif commun : créer des conditions plus favorables à la transformation de l’éducation et convertir les connaissances et données disponibles en meilleures décisions, investissements et mécanismes de coordination.
« L’agenda éducatif de l’Afrique doit être façonné avec l’Afrique, par l’Afrique et pour l’Afrique. »
Il a souligné que les expériences nationales devraient alimenter l’apprentissage à l’échelle continentale, les CER jouant un rôle essentiel dans la traduction des cadres continentaux en actions régionales, tandis que les partenaires devraient aligner leur appui sur les priorités des pays. Il a également réaffirmé l’engagement de l’ADEA à travailler étroitement avec la CUA-ESTI, l’UA-IPED et les membres du Cluster pour faciliter le dialogue politique, renforcer le partage des connaissances, soutenir la mobilisation des ressources et diffuser des données probantes susceptibles d’éclairer la prise de décision.
Pour Sophia Ashipala, Cheffe de la Division de l’éducation à la CUA-ESTI, le défi immédiat consiste à veiller à ce que le Cluster produise des résultats concrets pour les États membres.
« Notre tâche consiste à faire en sorte que la CESA fonctionne pour nos États membres. »
Elle a insisté sur la nécessité d’aller au-delà de la coordination et d’établir une responsabilité claire concernant les résultats attendus, les acteurs responsables de leur mise en œuvre, les délais et les ressources nécessaires. En définitive, a-t-elle souligné, les progrès devront être mesurés à l’aune des changements concrets que les travaux du Cluster permettront d’obtenir au niveau des pays.
Adoumtar Noubatour, Directeur de l’UA-IPED, a rappelé la finalité ultime de cette initiative : faire en sorte qu’une gouvernance plus forte, de meilleures politiques et un financement plus durable se traduisent par un meilleur accès à une éducation de qualité et de meilleurs résultats pour les enfants et les jeunes Africains.
Présentant le mandat du Cluster et son cadre opérationnel proposé, Shem Bodo, Chargé principal de programmes à l’ADEA, a indiqué que ses travaux soutiendront la mise en œuvre de la CESA 2026–2035 ainsi que de la Stratégie continentale de l’EFTP 2025–2034, en renforçant la gouvernance des systèmes éducatifs, les politiques fondées sur les données probantes, les mécanismes de financement et les partenariats multipartites dans les États membres et les CER de l’Union africaine.
Le Cluster favorisera également le partage des connaissances et la coopération Sud-Sud, le renforcement des capacités ainsi que l’élaboration d’orientations pratiques, d’outils et de produits de politique publique adaptés à l’évolution des données disponibles et des besoins des pays. Ses travaux techniques seront organisés autour de quatre domaines thématiques : Politiques et gouvernance ; Financement de l’éducation ; Suivi-évaluation et alignement sur l’ODD 4 ; et Partenariats et ressources.
En présentant le projet de plan de travail, M. Bodo a souligné que celui-ci devait être considéré comme un cadre commun d’action collective plutôt que comme une compilation des activités individuelles des différents partenaires.
« Il aidera les pays à contextualiser et à rendre compte de la mise en œuvre de la CESA, tout en faisant bénéficier l’apprentissage continental de leurs expériences et des enseignements tirés. »
Le Cluster cherchera également à renforcer l’alignement entre le suivi continental et l’Objectif de développement durable 4, notamment en ce qui concerne les indicateurs liés à la gouvernance et au financement de l’éducation, tout en veillant à ce que les priorités et les expériences africaines alimentent les échanges dans l’architecture mondiale de l’éducation.
Selon la structure proposée, la CUA-ESTI assurera l’orientation stratégique, tandis que l’ADEA assumera le rôle de chef de file et l’UA-IPED celui de co-chef de file. L’ADEA assurera également le Secrétariat du Cluster, avec l’appui de l’UA-IPED.
Facilitant les discussions sur la participation, Lukman Jaji, Chargé des politiques à l’UA-IPED, a expliqué que l’adhésion au Cluster est ouverte aux pays, aux CER, aux institutions et aux organisations disposant du mandat, de l’engagement et des capacités nécessaires pour contribuer à ses travaux. Les groupes de travail thématiques constitueront le principal cadre d’engagement technique, tandis que des experts, chercheurs et praticiens pourront également apporter des compétences spécialisées selon les besoins.
Les États membres et les partenaires ont manifesté dès cette première réunion leur volonté de s’approprier le processus en exprimant leur intérêt pour la direction ou la participation aux différents groupes de travail. Le Nigeria et Maurice ont manifesté leur intérêt pour le groupe Politiques et gouvernance ; les Comores et le Gabon, aux côtés de l’UNICEF et du Rapport mondial de suivi sur l’éducation de l’UNESCO, pour le Financement de l’éducation ; le Kenya et l’Afrique du Sud, en collaboration avec l’Institut de statistique de l’UNESCO (ISU), pour le Suivi-évaluation et l’alignement sur l’ODD 4 ; et la Zambie pour les Partenariats et ressources. Les pays désigneront également des points focaux nationaux afin de créer des liens plus directs entre le Cluster et les systèmes éducatifs nationaux et régionaux.
Les échanges ont également permis d’identifier plusieurs domaines dans lesquels les groupes de travail pourraient apporter une valeur ajoutée concrète. Il s’agit notamment de l’allocation des ressources nationales et des mécanismes innovants de financement de l’éducation, des contraintes affectant la priorisation et l’exécution budgétaires, du renforcement des références en matière de financement, d’une meilleure utilisation de données éducatives de qualité et d’un alignement accru entre les indicateurs nationaux, continentaux et ceux de l’ODD 4.
La prochaine étape consistera à formaliser la composition des groupes de travail, affiner le plan de travail et traduire les priorités identifiées lors de la réunion inaugurale en domaines d’intervention précis. Parmi les propositions formulées figurent une série de dialogues sur les politiques éducatives, l’élaboration de produits de connaissance — notamment un rapport sur le Domaine stratégique 1 de la CESA — ainsi que l’utilisation de rencontres régionales et continentales pour entretenir le dialogue politique et le partage des connaissances.
Pour l’ADEA, cette réunion inaugurale constitue une étape importante dans la traduction de son mandat continental en un mécanisme concret de soutien à la mise en œuvre des priorités éducatives de l’Afrique. En réunissant les gouvernements, les institutions régionales et les partenaires autour d’un cadre commun d’action, le Cluster vise à renforcer la gouvernance, les politiques, le financement et les partenariats nécessaires pour faire passer la CESA 2026–2035 des engagements continentaux à des résultats mesurables.