L'ADEA plaide pour des résultats d'apprentissage mesurables à la 2e Conférence régionale de la CAE sur l'éducation
Nairobi, Kenya – Août 2026 — La 2ème Conférence régionale de la Communauté d'Afrique de l'Est (CAE) sur l'éducation a offert une plateforme stratégique aux gouvernements, institutions régionales, partenaires au développement, chercheurs et praticiens de l'éducation pour réfléchir à l'avenir de l'éducation en Afrique de l'Est et se confronter à une question qui pèse depuis des années sur les efforts de réforme à travers le continent : des engagements ont été pris, mais qu'est-ce qui change réellement sur le terrain ?
« Que allons-nous vraiment faire différemment ? »
a demandé Albert Nsengiyumva, Secrétaire exécutif de l'Association pour le développement de l'éducation en Afrique (ADEA), s'adressant directement aux participants. Évoquant les lacunes persistantes de la région en matière d'éducation, en particulier dans l'apprentissage fondamental, il a été tout aussi direct :
« Comment savoir si l'on progresse si l'on ne peut pas le mesurer ? »
Ce défi a donné le ton aux quatre jours de discussions, débouchant sur des orientations concrètes plutôt que sur de nouveaux engagements. La conférence s'est concentrée sur un ensemble précis d'interventions, dépassant les aspirations plus larges des rencontres précédentes : pédagogie structurée, coaching et mentorat des enseignants, matériels d'apprentissage adaptés et évaluation formative — les mécanismes concrets qui permettent réellement à un enfant de passer de l'incapacité à la capacité de lire, au-delà du seul discours politique. La contribution de l'ADEA a été de recentrer la conversation sur cette précision, en la rattachant aux engagements pris lors de rencontres précédentes, notamment la Triennale et FLEX2026 : la réussite d'un investissement dans l'éducation se mesure à sa capacité à générer un apprentissage mesurable, et non au simple fait qu'un engagement ait été signé.
Cette même exigence s'est appliquée à l'agenda de la conférence sur les données éducatives. De nombreux pays de la CAE ont amélioré leur capacité à collecter des données sur l'éducation ces dernières années ; moins nombreux sont ceux qui ont instauré l'habitude institutionnelle de les utiliser. La Somalie a offert une illustration concrète de ce que représente ce changement sur le terrain. Maria Zakaria Ahmed, Directrice de l'assurance qualité au ministère somalien de l'Éducation, de la Culture et de l'Enseignement supérieur, a décrit comment le pays a développé un système public de suivi de la présence des enseignants, désormais intégré aux données sur l'apprentissage fondamental, avec des projets d'extension vers les évaluations nationales — même si l'intégration de l'intelligence artificielle dans ce système demeure une ambition future plutôt qu'une pratique actuelle. C'est un exemple modeste d'un constat plus large auquel la conférence est revenue à plusieurs reprises : la chaîne allant de la collecte des données, à leur appropriation et leur fiabilité, jusqu'à leur utilisation effective dans les décisions de financement, n'est pas automatique. Les pays doivent construire cette chaîne de manière délibérée.
Les échanges lors de la conférence ont placé les enseignants au cœur de toute autre réforme. L'Honorable Beatrice Askul Moe, Secrétaire de cabinet du Kenya chargée de la Communauté d'Afrique de l'Est, a clairement posé la responsabilité de la région :
« La transformation des curricula ne peut réussir sans la transformation des enseignants. En tant que région, nous devons considérer nos enseignants non pas simplement comme des employés de systèmes nationaux, mais comme une communauté de professionnels est-africains. »
Cette approche — les enseignants comme profession régionale, et non comme une simple préoccupation nationale secondaire — appelle à un investissement soutenu dans le développement professionnel continu et le mentorat, plutôt qu'à des formations ponctuelles.
La coopération régionale a sous-tendu les principaux résultats de la conférence. L'Honorable Ariik Malueth, Secrétaire général adjoint de la CAE chargé des secteurs productif et social, a été direct sur les prochaines étapes :
« Ces initiatives démontrent que la coopération régionale en matière d'éducation produit déjà des cadres pratiques. Notre responsabilité est désormais de veiller à ce que ces cadres se traduisent par un meilleur apprentissage, des institutions plus solides, des compétences pertinentes et davantage d'opportunités pour les populations est-africaines. »
Les cadres existent. Le véritable test est désormais celui de la mise en œuvre.
Une grande partie de ce qui est ressorti de la conférence relevait moins de nouvelles idées que de la mise à l'échelle de ce qui fonctionne déjà quelque part dans la région. À travers l'Afrique de l'Est, des pays mènent des réformes en matière de soutien aux enseignants, d'inclusion et de résultats d'apprentissage que d'autres États partenaires n'ont pas encore observées ni adaptées. Plutôt que chaque système ne résolve isolément le même problème, les participants ont identifié des mécanismes concrets pour combler cet écart : des visites d'échange structurées entre pays permettant une expérience directe de ce qui fonctionne ailleurs ; des webinaires et autres formats technologiques rendant l'apprentissage entre pairs continu plutôt que limité à une conférence tous les deux ans ; et des plateformes partagées — y compris cette conférence et les forums au niveau de l'Union africaine — réunissant déjà les bons acteurs autour de la même table.
Ce même principe s'est étendu au-delà des frontières du continent. L'initiative de Partenariat Afrique-Europe pour l'engagement sur les réformes de l'éducation (PEERS), présentée aux autorités éducatives régionales lors de la conférence, applique la même logique entre continents : l'expérience européenne en matière de réforme de l'éducation constitue une ressource sur laquelle les systèmes est-africains peuvent s'appuyer directement, tout comme les innovations africaines ont une valeur au-delà du continent. Les sessions de la conférence sont allées au-delà d'une simple présentation générale pour entrer dans des considérations pratiques, précisant comment les pays de la CAE peuvent s'intégrer à PEERS et à quoi pourrait ressembler la coopération régionale dans le cadre de cette initiative.
Cette volonté s'est également concrétisée plus près de chez soi. L'invitation de l'ADEA à mettre en place une Communauté de pratique sur la prise de décision fondée sur les données réunit, sur une base permanente, les décideurs de haut niveau du secteur de l'éducation de toute la région. Le raisonnement est simple : les meilleures décisions en matière de financement et de réforme de l'éducation se prennent au niveau de la haute direction, et ces décisions gagnent en qualité lorsque les personnes qui les prennent restent en contact régulier avec leurs homologues confrontés aux mêmes contraintes ailleurs dans la région, plutôt que de ne se rencontrer qu'une fois par cycle de conférence.
La conférence a également abordé les questions de genre et d'inclusion, ainsi que le développement des compétences pour les jeunes entrant sur le marché du travail, deux thématiques traitées comme indissociables des agendas de l'apprentissage fondamental et des données, plutôt que comme des sujets distincts — un rappel que la transformation de l'éducation ne repose pas sur un levier unique, mais sur plusieurs leviers qui doivent progresser ensemble.
Les échanges de cette deuxième conférence de la CAE sur l'éducation n'auront de sens que s'ils débouchent sur un changement mesurable : une coopération renforcée qui perdure au-delà de l'agenda de la conférence, une utilisation accrue des données dans les décisions budgétaires et politiques, et — seul indicateur qui compte réellement — de meilleurs résultats d'apprentissage pour les enfants d'Afrique de l'Est. Le rôle continu de l'ADEA est de poursuivre ce travail de connexion entre les conférences : relier les expériences nationales, soutenir la chaîne allant des données à la décision, renforcer l'apprentissage fondamental, et maintenir la pression sur les systèmes éducatifs pour qu'ils portent eux-mêmes les priorités qu'ils se sont fixées.