L’ADEA et ses partenaires plaident en faveur de la promotion de l’éducation bi/plurilingue en Afrique

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8 mai 2025 – Les membres du Groupe de réflexion sur le talent pour l’ODD 4, dont l’Association pour le développement de l’éducation en Afrique (ADEA), l’UNICEF et l’UNESCO, ont organisé un webinaire conjoint afin de mettre en lumière l’importance du bi- et plurilinguisme pour l’amélioration des résultats scolaires et la mise en place de programmes éducatifs plus inclusifs à travers l’Afrique.

Le webinaire s’est ouvert par une présentation de la plateforme Talent, qui favorise l’échange de connaissances, le renforcement des capacités et la collaboration institutionnelle dans le domaine de l’éducation. Dans son allocution, le secrétaire exécutif de l’ADEA, M. Albert Nsengiyumva, a réaffirmé l’engagement de longue date de l’ADEA en faveur de l’éducation multilingue. Il a souligné que l’enseignement aux enfants dans des langues qu’ils comprennent, en particulier dans les premières années, est essentiel pour libérer le potentiel d’apprentissage et faire progresser les objectifs de développement durable (ODD).

« Cette plateforme offre l’occasion d’explorer des solutions efficaces aux défis de l’éducation multilingue et réaffirme notre engagement à garantir à tous les enfants africains l’accès à un apprentissage de qualité dans une langue qu’ils comprennent », 

a déclaré M. Nsengiyumva.

Il a encouragé un engagement accru avec l’ADEA afin de respecter les engagements pris par les pays lors du Forum d’échange sur l’apprentissage fondamental (FLEX) à Kigali et a proposé de présenter des initiatives bi/plurilingues prometteuses lors de la prochaine Triennale 2025 de l’ADEA à Accra, fin octobre.

L’un des moments forts de l’événement a été la présentation par Haritz Goya Lujambio, de l’UNICEF, des conclusions d’une étude multinationale sur l’éducation bi/plurilingue au Burkina Faso, au Mali et au Niger. Cette étude a examiné les stratégies de mise en œuvre, les défis et les solutions évolutives pour l’enseignement et l’apprentissage multilingues.

M. Hassane Diallo, du ministère de l’Éducation du Burkina Faso, a expliqué comment son pays est passé de trois écoles bilingues en 1998 à 276 dans 13 régions. Il a détaillé l’approche structurée impliquant des écoles maternelles, des écoles primaires bilingues et des collèges multilingues, en soulignant les résultats obtenus, tels que l’enrichissement culturel et une meilleure intégration sociale, malgré des défis tels que l’insuffisance des supports en langues locales et le manque de personnel qualifié.

Le Dr Cheikh Beye, du ministère de l’Éducation nationale du Sénégal, a présenté l’approche MOHEBS de son pays, qui intègre six langues nationales aux côtés du français. La stratégie du Sénégal comprend une formation solide des autorités éducatives, la mise à jour des supports bilingues et la fourniture de ressources grâce à des partenariats avec l’INEAD et la Banque mondiale. Il a souligné la nécessité d’une communication et d’une formation continues pour soutenir les progrès.

Par ailleurs, le Professeur David Sani Mwanza a présenté des données provenant de Zambie et a démontré comment l’enseignement dans la langue maternelle et les techniques de trans-langage ont amélioré l’engagement des apprenants et leurs résultats en lecture. Il a souligné la nécessité de poursuivre la formation des enseignants afin d’ancrer la pédagogie multilingue dans la pratique, déclarant :

« Nous devons encourager, mais aussi former les enseignants à prendre conscience de l’importance de l’éducation multilingue et à la mettre en pratique, car c’est dans l’intérêt des apprenants. »

L’événement s’est conclu par une discussion sur le potentiel de l’intelligence artificielle, des outils numériques et du financement stratégique pour développer les initiatives d’éducation bilingue et plurilingue en Afrique, en particulier à l’ère de la transformation numérique.

M. Nsengiyumva a conclu en félicitant les intervenants et les partenaires, et en réaffirmant l’importance de la poursuite du dialogue, de la collaboration et du partage des données pour garantir que tous les enfants en Afrique puissent apprendre dans des langues qu’ils comprennent, jetant ainsi les bases de systèmes éducatifs inclusifs et équitables à travers le continent.