Le Comité directeur continental de la Décennie de l’éducation de l’UA conclut sa réunion inaugurale et convient de s’appuyer sur les structures éducatives existantes
Le Comité directeur continental (CDC) de la Décennie de l’Union africaine pour l’accélération de l’action en faveur de l’éducation et du développement des compétences 2025-2034 a achevé sa réunion inaugurale de deux jours, 20–21 octobre 2026, à Abidjan, en Côte d’Ivoire, en convenant de s’appuyer sur l’architecture éducative existante du continent pour remplir son mandat. Présidée par le Commissaire de l’Union africaine à l’Éducation, à la Science, à la Technologie et à l’Innovation, S.E. le Professeur Gaspard Banyankimbona, la réunion a également appelé à une évolution à l’échelle continentale vers des compétences et aptitudes démontrables, capables de favoriser la création de valeur en Afrique.
En février 2025, le Conseil exécutif de l’Union africaine a déclaré la Décennie comme le principal cadre continental pour la mise en œuvre simultanée de plusieurs stratégies : la Stratégie continentale de l’éducation pour l’Afrique 2026-2035 (CESA 26-35), les stratégies continentales relatives à l’enseignement et à la formation techniques et professionnels (CTVET 25-34) et à la science, à la technologie et à l’innovation (STISA 34), ainsi que la Stratégie d’éducation numérique et la Stratégie continentale sur l’intelligence artificielle, en cohérence avec l’Agenda 2063 et l’Objectif de développement durable 4 (ODD 4). La Décennie offre à ces différents instruments un horizon de dix ans au cours duquel ils devront être séquencés, financés, mis en œuvre et suivis conjointement.
Avec plusieurs stratégies, partenaires et mécanismes de financement évoluant simultanément, les efforts risquent de rester fragmentés ou de faire double emploi s’ils ne sont pas délibérément coordonnés. C’est précisément pour répondre à ce besoin que le Comité directeur continental a été mis en place. Créé à la suite de la Consultation de haut niveau des partenaires organisée en marge du Sommet de l’Union africaine de février 2026 à Addis-Abeba, il constitue une plateforme d’orchestration destinée à aligner les interventions des partenaires sur les priorités continentales, à prévenir la fragmentation et les duplications, à mutualiser les ressources autour d’initiatives à fort impact fondées sur des données probantes, et à garantir une redevabilité mutuelle grâce à des mécanismes transparents de rapportage et de revue conjointe. Cette réunion inaugurale a ainsi marqué le lancement de la phase opérationnelle du Comité, en permettant d’aligner ses membres autour d’objectifs communs et de jeter les bases pratiques d’une coordination renforcée, d’une répartition claire des responsabilités et d’une action structurée tout au long de la Décennie.
Dans son allocution d’ouverture, le Président a appelé les membres à privilégier des actions axées sur les résultats, soulignant que le travail du Comité serait jugé à l’aune de ce qu’il permettra concrètement d’accomplir.
« L’Afrique passe résolument des engagements en matière d’éducation aux résultats, des déclarations à la mise en œuvre. Nos jeunes attendent un apprentissage de qualité, des enseignants autonomisés et une éducation qui réponde aux réalités africaines. Nous avons la responsabilité de répondre à ces attentes. Ce Comité devra être évalué sur la base de ce qu’il réalise. Nous devons être en mesure de montrer comment notre travail contribue à faire progresser l’éducation et le développement des compétences sur le continent. »
Accueillant les membres du Comité en sa qualité de Secrétariat hôte, le Secrétaire exécutif de l’ADEA, Albert Nsengiyumva, s’est félicité de la confiance placée en l’ADEA, tout en insistant sur la nécessité d’intégrer les besoins des pays, la coordination et la redevabilité au cœur des travaux du Comité.
« Notre parcours a commencé à Abidjan, et nous sommes reconnaissants de la confiance accordée à l’ADEA. La Commission de l’Union africaine nous a confié un mandat important, et nous prenons cette responsabilité très au sérieux. Nous avons désormais l’occasion de transformer cette confiance en progrès collectifs significatifs. Les pays doivent être visibles et activement engagés au sein des clusters de la CESA. Leur participation est essentielle pour que notre action continentale réponde effectivement aux besoins des systèmes éducatifs. Des travaux sont déjà en cours sur la redevabilité, l’utilisation des données, les apprentissages fondamentaux, le leadership scolaire, l’enseignement secondaire et l’EFTP, l’enseignement supérieur, entre autres. Nous devons relier ces efforts et obtenir des résultats grâce à une coalition plus forte. »
Les délibérations menées au cours des deux jours ont abouti à plusieurs convergences et décisions. Les membres ont notamment convenu que le CDC accordera une place plus importante aux jeunes, aux enseignants, au secteur privé, aux États membres et aux Communautés économiques régionales (CER), en intégrant les cinq CER, la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et l’Africa Business Forum en tant que membres.
Le Comité clarifiera et documentera également la manière dont son rôle de supervision s’articule avec les autres structures de la CESA, les clusters thématiques ainsi qu’avec les mécanismes de coordination régionaux et nationaux. Il se réunira deux fois par an et pourra tenir des réunions extraordinaires lorsque cela sera nécessaire. Les responsables des clusters de la CESA présenteront régulièrement, à tour de rôle, les progrès réalisés au Comité.
Afin de réduire les duplications et la fragmentation, le Comité cartographiera les initiatives éducatives continentales, régionales et financées par des partenaires extérieurs, et examinera la possibilité de mettre en place un tableau de bord annuel de redevabilité pour la Décennie, articulé avec les mécanismes de rapportage existants afin de réduire la charge pesant sur les États membres.
La mobilisation des ressources sera coordonnée, en tenant compte aussi bien des contributions financières que des contributions en nature, tandis que le Secrétariat tiendra un registre des engagements pris par les partenaires. Les membres ont également convenu de mettre en place une campagne continentale commune de communication et de constituer un petit groupe de travail chargé d’élaborer une stratégie de communication solide pour la Décennie.
Les partenaires, notamment les coprésidents — l’UNICEF et l’UNESCO — ainsi que l’AUDA-NEPAD, Human Capital Africa, le Forum des éducatrices africaines (FAWE), la Banque africaine de développement, le Programme alimentaire mondial, l’Organisation internationale du Travail, l’Internationale de l’Éducation, Adapt IT et l’ADEA, se sont engagés à apporter des contributions financières et techniques, notamment en alignant de grands événements sur les priorités de la Décennie. Le Secrétariat assurera le suivi de ces engagements.
Le Secrétariat révisera les documents clés, notamment les termes de référence du Comité, les rôles et responsabilités, le plan de travail, ainsi qu’un projet de communiqué reprenant les principales résolutions en vue de leur adoption. Un calendrier actualisé des événements sera également élaboré.
Un plan d’action de 100 jours précisera les livrables attendus, les principales responsabilités et les échéances. Le Comité devrait présenter un rapport d’étape lors de la prochaine réunion du Comité technique spécialisé de l’Union africaine sur l’éducation, la science, la technologie et l’innovation.
Le Comité directeur continental constitue une plateforme d’orchestration qui aligne les interventions des partenaires sur les priorités continentales, prévient les duplications, mutualise les ressources et renforce la redevabilité mutuelle.