Les ministres appellent au changement lors du Forum virtuel ADEA-BAD sur l'impact de la COVID-19 sur l'éducation en Afrique

Abidjan, Côte d'Ivoire, 17 juillet 2020 - Les ministres soulignent la nécessité d’adopter le changement lors de la présentation d’un rapport de l'Association pour le développement de l'éducation en Afrique (ADEA), en collaboration avec le Groupe de la Banque africaine de développement, qui examine l'impact de la pandémie COVID-19 sur l'éducation et la formation en Afrique.

Ce rapport de l’ADEA sur les différentes situations au niveau national intitulé « L’impact de la COVID-19 sur l’éducation en Afrique : réflexion sur des interventions prometteuses et les défis de la nouvelle normalité » a été présenté lors d’un forum virtuel tenu le 16 juillet 2020 via Zoom. Entre mars et juin 2020, afin de mieux soutenir les ministères de l'éducation et de faciliter l'apprentissage entre pairs entre les pays, l'ADEA a entrepris deux évaluations cartographiques rapides sur l'état de l'apprentissage dans les pays africains au milieu de cette terrible crise sanitaire.  

Le Forum virtuel a attiré environ 200 participants et parmi eux six ministres africains de l'éducation (à savoir la République centrafricaine, la Gambie, le Ghana, Maurice, l'Ouganda, et le Rwanda), des représentants des Ministres incluant l’Afrique du Sud, la Côte d'Ivoire, la République démocratique du Congo, l’Égypte, le Kenya, le Sénégal et la Tunisie, des partenaires au développement tels que  le PME, la Fondation Mastercard, l’UNESCO et la Banque mondial), des acteurs de l'éducation et des représentants du secteur privé, des organisations de la société civile, des jeunes et des médias.

La liste des principaux ministres ayant  intervenus pendant ce Forum (par ordre d'intervention) était : S.E. M. Tumwesingye Elioda, Ministre des sciences, de la technologie et de l'innovation (Ouganda); S.E. Mme Ginette Amara Ali Mazicki, Ministre de la recherche scientifique et de l'innovation technologique (République centrafricaine); S.E. M. Matthew Opoku Prempeh, Ministre de l'éducation (Ghana); S.E. Mme Leela Devi Dookun-Luchoomun, Ministre de l'éducation et des ressources humaines, de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique (Maurice); S.E. M. Valentine Uwamariya, Ministre de l'éducation (Rwanda); et S.E. Mme Claudiana Ayo Cole, Ministre de l'éducation de base et secondaire (Gambie).

Le Forum a suscité d'intenses discussions sur les défis et les meilleures pratiques concernant l'apprentissage à distance et la réouverture des institutions d'apprentissage à tous les niveaux.

Avant l’ouverture officielle du Forum, M. Albert Nsengiyumva, Secrétaire exécutif de l’ADEA, a exprimé ses plus sincères condoléances au Gouvernement ivoirien à la suite du décès de son Premier Ministre, S.E.M. Amadou Gon Coulibaly, survenu le 8 juillet 2020. En effet, en raison des préparatifs funéraires, S.E. Mme Kandia K. Camara, ministre de l'Éducation et de l'Enseignement et de la Formation techniques et professionnels, n'a pas pu assister au Forum.

S.E.M. Tumwesingye Elioda, ministre des Sciences, de la Technologie et de l'Innovation (Ouganda) et président du Comité directeur de l'ADEA, a officiellement ouvert le Forum en accueillant tous les participants présents. Dans son discours d'ouverture et son intervention ultérieure, Elioda a souligné que, comme indiqué dans le premier rapport de l'ADEA en mai 2020, le secteur de l'éducation en Afrique a besoin d'un plan d'éducation Ubuntu ou Utu doté de ressources suffisantes pour protéger le secteur des perturbations dues aux catastrophes et aux situations d'urgence. M. Nsengiyumva a également renforcé ce concept clé en soulignant que « aujourd'hui, plus que jamais auparavant, nous devons nous adapter le plus rapidement possible aux catastrophes et aux urgences et chercher des alternatives pour faire progresser l'éducation et la formation en Afrique ».

Le moment clé du Forum est arrivé lorsque M. Shem Bodo, Chargé supérieur des programmes de l'ADEA, a présenté le nouveau rapport concernant 12 pays africains qui a révélé non seulement des défis mais aussi quelques stratégies clés et meilleures pratiques pour accroître l'inclusion et une éducation de qualité afin de ne « laisser aucun apprenant derrière », même avec l'enseignement à distance. M. Bodo a présenté aux participants une présentation approfondie de la manière dont les pays font face à la pandémie de COVID-19 en adoptant des stratégies nationales mixtes pour l'enseignement à distance (c'est-à-dire en utilisant du matériel imprimé, la radio, la télévision et des plateformes en ligne) à tous les niveaux (pré-primaire, enseignement primaire, secondaire, technique et professionnel et enseignement supérieur). Il a également mentionné l'importance d'adopter des stratégies à volets multiples comme à Maurice pour les apprenants ayant des besoins spéciaux et a fourni de bons exemples tels que la langue des signes avec des cours de télévision, la téléconsultation avec des physiothérapeutes, des cours virtuels individuels, etc. Il a également souligné l'importance de mettre en œuvre les politiques et des protocoles sanitaires tels que la distanciation sociale, la réduction e la taille des classes, la fourniture de masques faciaux, etc. pour rouvrir les institutions d'apprentissage de la manière la plus sûre possible.

Parmi les principales recommandations de l'ADEA pour le nouveau modèle de prestation de l’éducation, il y a l’examen de la politique générale et des directives réglementaires pour intégrer la technologie numérique, une plus grande implication des parents, en particulier pour les jeunes élèves, et le renforcement du développement professionnel des enseignants. Cela impliquera également l’adaptation de nouveaux programmes et modèles d’évaluation. Il est important d’explorer d’autres modèles de financement tout en favorisant un meilleur apprentissage par les pairs et un échange de connaissances entre les pays.

Au cours du Forum, Mme Hendrina C. Doroba, chef de division de l'éducation, du capital humain et de l'emploi à la Banque africaine de développement, a fait une présentation sur un rapport qui examine l'impact de la pandémie de COVID-19 sur les instituts de l'enseignement et la formation techniques et professionnels (EFTP) en Afrique. Le rapport - réalisé en collaboration avec le Service national brésilien pour la formation industrielle (SENAI) - a montré qu'en raison des innombrables limites vers la numérisation des domaines de l'éducation et du développement des compétences, il est urgent de combiner le transfert de connaissances et les meilleures pratiques du développement des compétences traditionnelles pour améliorer leur méthodologie et aligner l'offre d'EFTP sur les besoins du marché en tenant bien entendu compte du transfert et de l'utilisation des nouvelles technologies.

Du point de vue des pays et à la lumière du nouveau rapport de l'ADEA, les différents ministres de l'éducation et leurs représentants ont présenté une mise à jour des défis rencontrés et des solutions adoptées par leurs pays respectifs pour s'attaquer au double problème déclenché par la pandémie COVID-19, qui est la crise économique et la crise de l'apprentissage. Ils ont convenu à l'unanimité que l'apprentissage à distance est désormais un impératif et qu'il est essentiel d'investir dans des infrastructures TIC de pointe tout en renforçant les partenariats stratégiques avec différents acteurs tels que les partenaires au développement, la société civile et le secteur privé.

De plus, du point de vue des partenaires au développement, il était intéressant d'observer, lors de leurs interventions, comment les représentants de la Banque mondiale, du Partenariat mondial pour l'éducation (GPE) et du Rapport mondial de suivi sur l'éducation (GEMR) de l'UNESCO ont souligné l'importance de transformer la situation actuelle en une opportunité de réinventer l'éducation et la formation en Afrique à travers une transformation radicale qui tiendra compte des besoins des pays et de leurs différentes communautés.

Enfin, le Forum a permis à l'ADEA de présenter son outil d'analyse comparative (toujours en cours de développement) qui vise à renforcer la volonté des pays de déployer l'enseignement à distance en tant qu'option d'apprentissage unique ou complémentaire à l'avenir. L'outil utilise une approche basée sur un cadre d’évaluation comprenant 11 normes, chacune avec un ensemble de standards. Toutes les normes sont informées par la stratégie continentale d'éducation pour l'Afrique 2016-2025 (CESA 16-25) et les objectifs stratégiques et les aspects critiques de l'objectif de développement durable (ODD) 4 et les aspects critiques de l'expérience COVID-19. 

Le moment est venu de repenser l'éducation et l'apprentissage en Afrique.

Contacts :

  •  Stefano De Cupis, Chargé principal de la communication à l’ADEA, courriel : [email protected]
  • Kwasi Kpodo, Département de la communication et des relations extérieures, Banque africaine de développement, [email protected]

 


À propos de l’ADEA

L’Association pour le développement de l’éducation en Afrique (ADEA) est la voix de l’éducation en Afrique et représente un réseau clé des ministères de l’Éducation. Elle joue un rôle important dans l’espace de l’éducation en tant que rassembleur, créateur de connaissances et forum de dialogue politique, travaillant par l’intermédiaire de ses Pôles de qualité inter-pays (PQIP) et de la Task force sur la gestion de l’éducation et le soutien politique. L’ADEA contribue à donner aux pays africains les moyens d’élaborer des systèmes d’éducation et de formation de qualité qui répondent aux besoins émergents des pays et favorisent une transformation sociale et économique durable.

http://www.adeanet.org