Les Pôles de qualité interpays de l’ADEA sur l’éducation et la formation en Afrique

Alice Askie, institutrice à l'école publique de Billy Town au Libéria.
CREDIT: GPE/ Kelley Lynch

Ceci est le sixième post d’une série de collaborations entre le Partenariat mondial pour l’éducation (GPE) et l’Association pour le développement de l’éducation en Afrique (ADEA).

L’Association pour le développement de l’éducation en Afrique (ADEA) soutient les pays africains à travers des Groupes de travail et des Pôles de qualité interpays, les PQIP. Les groupes de travail sont basés sur des thèmes clés de l'éducation et sont menés par des réseaux de professionnels, qui œuvrent à la production de connaissances et d’outils pour aider les pays à relever les défis auxquels sont confrontés leurs systèmes d’éducation et de formation.

De leur côté, les PQIP mettent davantage l’accent sur l’appropriation par les décideurs politiques et les praticiens africains du processus de transformation qualitative et leur leadership en la matière. Ils sont menés et organisés par un État membre, et leur création est facilitée par l’ADEA.

Le concept des PQIP

Les Pôles de qualité interpays sont des plateformes d’échange d’expériences et des communautés de praticiens réunissant des membres des pays autour de défis communs en matière d'éducation et de formation, réparties en domaines thématiques.

Ils ont été créés suite à l'observation selon laquelle connaissances et outils ne pouvaient avoir un impact significatif que s’ils étaient transmis et confrontés aux problèmes rencontrés par les acteurs sur le terrain.

Donnant suite aux conclusions de sa Biennale à Maputo (mai 2008), l’ADEA a identifié les initiatives entreprises par des groupes de pays en lien avec les enseignements tirés des expériences présentées lors de la Biennale.

Ceci fut le point de départ des PQIP, qui forment un lieu d'apprentissage permettant l'identification, la documentation, l'analyse, la diffusion et le partage systématiques des enseignements tirés par les pays africains lors de la mise en œuvre des politiques, programmes et projets visant l’amélioration de la qualité et de la pertinence des systèmes d'éducation et de formation.

Les PQIP rassemblent des représentants des ministères de l’éducation de différents pays afin de traiter des questions définies comme priorités nationales déjà comprises dans les programmes actuels. Les pays forment un réseau de discussion et de partage portant sur les problèmes rencontrés et les solutions expérimentées.

Ils adoptent ainsi une approche conjointe en matière de résolution de problème, pour laquelle ils sont soutenus par une ou plusieurs institutions spécialisées nationales et / ou régionales alliées à un partenaire stratégique (le groupe de travail de l’ADEA ou une institution internationale spécialisée).

Un aperçu des PQIP existants et de leur impact sur les réformes politiques et programmes nationaux​

L’ADEA comporte actuellement six PQIP, tel que l’illustre le diagramme ci-dessous : Développement de la petite enfance, Alphabétisation et Langues nationales, Enseignement des mathématiques et des sciences, Éducation pour la paix, Enseignement et Apprentissage et enfin, Développement des compétences techniques et professionnelles.

Suite aux demandes du Sénégal et de l’Égypte, l’ADEA a entrepris la création d’un PQIP relatif à l’Enseignement supérieur et la Recherche scientifique et d’un autre sur l'Enseignement agricole.

L'ADEA soutient les pays africains par le biais de ces 6 groupes de travail et pôles de qualité inter-pays, également appelés PQIP
Crédit photo: ADEA
 

 
Ces PQIP dirigés par les pays ont démontré qu’ils avaient un impact positif sur les réformes politiques et les programmes nationaux des pays membres situés dans l'ensemble du continent africain comme l'illustre la carte ci-dessous.

Légende : PE - Développement de la petite enfance ; ALN - Alphabétisation et Langues nationales ; EMS - Enseignement des mathématiques et des sciences ; EP - Éducation pour la paix ; EA - Enseignement et Apprentissage ; DCTP - Développement des compétences techniques et professionnelles.
Crédit photo: ADEA

 
On remarque une confiance croissante dans les PQIP en tant que communautés de praticiens dédiées au partage et à l’apprentissage. Cela fait suite à la reconnaissance par l’Union africaine des PQIP comme un réseau permettant la mise en œuvre de la Stratégie continentale de l'éducation pour l’Afrique (CESA) 2016 - 2025.

Un processus est en effet en cours pour élever les PQIP au rang d’entités ou membres du Pôle de la CESA de l’UA. Le Président du Sénégal a exprimé personnellement la volonté d’héberger un PQIP sur l’Enseignement supérieur et la Recherche scientifique, et le Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique de l’Égypte a exprimé quant à lui sa volonté d'accueillir un PQIP relatif à l'Enseignement agricole ; il convient de noter le caractère unique de ces manifestations, la demande du Sénégal émanant du plus haut niveau politique, indication s'il en est du niveau d'engagement en la matière. De même, la proposition de l’Égypte illustre la nécessité d’une intégration des besoins d’autres secteurs dans le secteur éducatif.

Cette niche de plateformes d'apprentissage par les pairs des pays est enrichie par l'enchaînement des étapes couronnant les activités des PQIP : réunions expertes de représentants des gouvernements, endossement des décisions par les secrétaires permanents de l’éducation et approbation finale par les ministères chargés de l’éducation et de la formation. Les travaux des PQIP ont un impact positif sur les réformes politiques nationales et les évolutions en matière de programmes d'intervention dans les pays africains.

Le Kenya a développé en 2015 une politique sectorielle de l’éducation traitant de l’éducation pour la paix, une première pour un pays africain, grâce au PQIP-EP.

Le PQIP-DCTP poursuit son objectif d'amélioration des politiques de formation professionnelle et d'offre de compétences pour la jeunesse africaine, notamment par un financement innovant, faisant le pari de réduire le nombre de jeunes tombant dans la catégorie "sans éducation, sans formation et sans emploi".

Le PQIP-EMS continue de renforcer les capacités des enseignants en sciences et mathématiques tandis que le PQIP-EA et le Réseau pour l’évaluation d’apprentissage africain (NALA) font pression pour la constitution d’une masse critique d’experts en enseignement, apprentissage et évaluation et l’utilisation régulière des données pour améliorer enseignement et apprentissage. La promotion de l’investissement dans les modèles de DPE pour les systèmes éducatifs africains est quant à elle au cœur de l’action du PQIP-DPE.

Les PQIP de l’ADEA continuent donc de se développer et de toucher un nombre croissant de pays dans notre chère Afrique. Ils embrassent tous les aspects thématiques de l’éducation et de la formation, bien au-delà du seul secteur éducatif. Ils constituent une entité qui démontre aisément la valeur ajoutée apportée par l'ADEA et sont appelés à jouer un rôle déterminant dans la réalisation des objectifs de la CESA 2016 – 2025, contribuant ainsi à la réalisation des aspirations de l’Agenda 2063 de l’Afrique et l’Agenda 2030 des ODD.