ADEA, l’IRC et leurs partenaires font progresser les données probantes et les orientations politiques pour l’apprentissage fondamental dans les contextes de crise

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Le mercredi 4 mars, l’International Rescue Committee (IRC), en partenariat avec l’ADEA, a organisé un webinaire mondial qui a apporté de nouvelles données probantes et renouvelé l’attention politique sur l’un des défis les plus urgents de l’éducation : garantir l’acquisition des compétences fondamentales chez les enfants vivant dans des contextes de crise. La session s’est concentrée sur la continuité de l’apprentissage et le renforcement de la résilience afin que les enfants affectés par les conflits puissent maintenir leur accès à l’éducation.

Cette session marque une évolution importante du débat mondial, passant d’interventions isolées à des approches systémiques intégrant la littératie, la numératie et l’apprentissage socio-émotionnel (ASE) comme composantes essentielles de l’éducation en situation d’urgence. Alors que l’on estime à 234 millions le nombre d’enfants touchés par des conflits violents et des crises civiles dans le monde, les discussions ont souligné la nécessité de dépasser les réponses à court terme pour privilégier des solutions durables, évolutives et intégrées aux systèmes éducatifs nationaux.

Dans ce contexte, l’ADEA a mis en avant son rôle de passerelle entre les données probantes, les politiques publiques et la mise en œuvre à l’échelle du continent africain. Albert Nsengiyumva, Secrétaire exécutif de l’ADEA, a réaffirmé que l’éducation en situation de crise doit être considérée comme un pilier central de la résilience des systèmes, et non comme un secteur parallèle.

« L’éducation n’est pas un luxe en situation de crise ; c’est une bouée de sauvetage pour la survie et la dignité des enfants », 

a-t-il déclaré, en soulignant les efforts de l’ADEA pour renforcer l’apprentissage fondamental à travers l’amélioration des systèmes de données, le soutien accru aux enseignants et les réformes politiques permettant aux pays de mieux faire face aux perturbations.

Le webinaire a également présenté de nouvelles recherches du consortium Education Research in Conflict and Protracted Crisis (ERICC), montrant que des interventions bien conçues en littératie et en numératie dans des contextes de crise peuvent générer des gains d’apprentissage significatifs, souvent supérieurs à ceux observés dans des contextes plus stables. Toutefois, les résultats ont aussi mis en évidence des défis importants, notamment dans la mise en œuvre de l’apprentissage socio-émotionnel, en particulier lorsque les programmes ne sont pas co-conçus avec les acteurs locaux ou ne bénéficient pas d’un financement durable.

Les perspectives nationales ont renforcé l’importance d’intégrer l’apprentissage socio-émotionnel dans les systèmes éducatifs nationaux plutôt que de le traiter comme un ajout. Les exemples du cadre national d’ASE du Liban et de l’expérience de l’Éthiopie en matière de développement professionnel des enseignants à l’échelle des écoles ont illustré à la fois le potentiel et les défis concrets de mise en œuvre, notamment dans des contextes marqués par des contraintes de ressources et de capacités.

Au fil des échanges, une orientation claire s’est dégagée. Le renforcement de l’apprentissage fondamental dans les contextes de crise nécessite :

  • Des interventions évolutives fondées sur des données probantes.
  • Un renforcement du soutien aux enseignants et du développement professionnel.
  • Des solutions ancrées localement et co-construites avec les acteurs nationaux.
  • L’intégration de l’ASE dans les programmes éducatifs nationaux.
  • Des systèmes solides de suivi et d’évaluation pour orienter les politiques et le passage à l’échelle.

Pour l’ADEA, la priorité est désormais de traduire ces connaissances en actions coordonnées entre les pays et les partenaires. À travers ses plateformes continentales, l’ADEA s’emploie à relier la recherche au dialogue politique et à l’appui à la mise en œuvre, afin d’aider les pays à passer de projets pilotes à un impact à grande échelle.

Cet agenda continuera de progresser lors de l’Africa Foundational Learning Exchange (FLEX 2026), prévu du 15 au 17 juillet 2026, où ministres, décideurs et partenaires approfondiront leur collaboration et accéléreront les progrès en matière d’apprentissage fondamental, y compris dans les contextes de crise.

Le webinaire s’est conclu par un engagement commun à renforcer les partenariats, aligner les efforts et déployer à grande échelle les solutions efficaces, en reconnaissant que la résolution de la crise de l’apprentissage, en particulier dans les contextes fragiles, nécessitera un leadership politique soutenu, une meilleure utilisation des données et une action collective à l’échelle du continent.

Parmi les experts intervenus figuraient Dr Sylvia Diazgranados Ferrans, Directrice de recherche au consortium ERICC, Dr Lubna Nehma du Center for Educational Research and Development (CERD) au Liban, Dr Kassa Michael de l’Université d’Addis-Abeba, et Rein Terwindt de la Fondation LEGO.