Les décideurs africains explorent des évaluations de l’apprentissage durables lors du deuxième épisode de la série de webinaires

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Le jeudi 4 septembre, l’Association pour le développement de l’éducation en Afrique (ADEA), en collaboration avec le Learning Generation Initiative (LGI) du Education Development Centre (EDC), a organisé avec succès le deuxième épisode de la série de webinaires Africa Policymaker Forum (APF). La session, axée sur le développement de systèmes durables d’évaluation de l’apprentissage pour renforcer l’apprentissage fondamental à travers le continent, a mis en lumière l’expérience de la Zambie.

Dans ses remarques d’ouverture, le Secrétaire exécutif de l’ADEA, M. Albert Nsengiyumva, a souligné que si l’accès à la scolarisation en Afrique s’est amélioré, des millions d’enfants manquent encore de compétences de base en lecture, écriture et calcul. Il a appelé à une action urgente, fondée sur des données probantes, pour atteindre la Stratégie continentale de l’éducation pour l’Afrique (CESA) et les Objectifs de développement durable (ODD).

« C’est ainsi que nous ferons de l’Afrique à nouveau une région forte »,

a déclaré M. Nsengiyumva, en insistant sur l’importance d’évaluations de qualité et de systèmes de données solides. S’inspirant des réformes éducatives de l’Inde, il a mis en avant trois leviers clés : des partenariats solides entre les gouvernements et la société civile, une gouvernance efficace reliant les différents niveaux d’éducation et une élaboration des politiques fondée sur les données.

Prenant la parole à l’ouverture de la session, le Dr Clement Abas Apaak, Vice-ministre de l’Éducation de la République du Ghana, a souligné la nécessité de combiner l’évaluation de l’apprentissage (mesurer les acquis) et l’évaluation pour l’apprentissage (améliorer les pratiques pédagogiques). Il a mis l’accent sur l’importance de la redevabilité et sur la nécessité de veiller à ce que les données d’apprentissage profitent aux groupes marginalisés — notamment les filles, les apprenants des zones rurales et les enfants en situation de handicap. Le Dr Apaak a également annoncé le rôle prochain du Ghana en tant qu’hôte de la Triennale de l’ADEA sur l’éducation et la formation en octobre, où le pays présentera ses réformes et réaffirmera son engagement en faveur de systèmes éducatifs résilients et inclusifs.

Dans la présentation principale, le Dr Moses Ngware, chercheur principal au African Population and Health Research Centre (APHRC), a donné un aperçu complet des différents types d’évaluations — sommative, formative et l’évaluation comme apprentissage — et de leur rôle dans l’amélioration des résultats scolaires. Il a expliqué que les évaluations peuvent être durables si elles sont rentables et évolutives, favorisent l’équité et l’inclusion, et orientent l’enseignement ainsi que l’allocation des ressources. Le Dr Ngware a partagé des exemples concrets où les évaluations de l’apprentissage ont déjà transformé les systèmes éducatifs en Afrique — influençant le débat public au Kenya, orientant les politiques linguistiques au Rwanda et soutenant l’éducation de rattrapage en Namibie.

La session a mis en lumière le Programme de Littératie Primaire (PLP) de la Zambie, avec l’intervention du Dr Lee Kamabanikwao Ndonyo. Il a présenté le projet Let’s Read, mis en œuvre par l’EDC, qui a touché plus de 4,5 millions d’élèves dans 5 212 écoles de cinq provinces entre 2019 et 2024. Ce projet visait à améliorer les compétences en lecture de 1,4 million d’enfants en intégrant des évaluations standardisées et technologiques dans le système éducatif.

L’approche de la Zambie combine des évaluations formatives en classe avec des Standardized Literacy Assessments (SLA), qui mesurent la conscience phonémique, le vocabulaire, la fluidité, la compréhension et l’écriture dans sept langues locales. Ces évaluations sont administrées deux fois par trimestre, garantissant une cohérence et une comparabilité entre les régions. Une innovation clé a été le Enhanced Performance Tracking System (ePTS), un outil numérique permettant aux enseignants de saisir les scores de lecture, de suivre les progrès des apprenants et d’ajuster leur enseignement en temps réel.

Lors de la séance de questions-réponses, les panélistes de Tanzanie, du Ghana et de Côte d’Ivoire ont évoqué des défis tels que la surcharge des classes, les boucles de rétroaction pour les enseignants et le coût des outils numériques. Le représentant du Ghana, M. Clement Osei Antwi, a insisté sur le fait que les évaluations doivent fournir des informations exploitables — et non de simples notes — afin de guider les enseignants et informer les parents.

Le webinaire s’est conclu par un appel fort à la collaboration et à l’apprentissage mutuel, alors que les pays africains s’efforcent de s’aligner autour de cadres, d’outils et d’indicateurs communs pour les évaluations de l’apprentissage.

Lancée en mai 2025, la série Africa Policymaker Forum rassemble décideurs, chercheurs et parties prenantes du secteur éducatif pour promouvoir des solutions fondées sur les données au service de l’apprentissage fondamental. L’initiative est soutenue par le UK Foreign, Commonwealth & Development Office (FCDO) à travers le What Works Hub for Global Education, et réunit des décideurs de haut niveau venus de tout le continent. Le prochain épisode de cette série de huit webinaires est prévu pour février 2026.