Journée internationale de l’éducation 2026
En cette Journée internationale de l’éducation, l’Association pour le développement de l’éducation en Afrique (ADEA) exprime sa solidarité avec les jeunes d’Afrique — non seulement en tant qu’apprenants, mais aussi en tant que co-créateurs de systèmes éducatifs capables d’offrir dignité, opportunités et perspectives d’avenir porteuses de sens.
Le thème de cette année, « Le pouvoir des jeunes dans la co-création de l’éducation », fait fortement écho aux engagements pris par les gouvernements africains et leurs partenaires lors de la Triennale de l’ADEA 2025. À Accra, les ministres de l’Éducation et des Finances, les décideurs politiques, les partenaires, les chercheurs et les représentants de la jeunesse ont collectivement affirmé une vérité simple mais transformatrice : l’Afrique ne pourra mettre fin à la pauvreté des apprentissages, bâtir des systèmes résilients ni tirer pleinement parti de son dividende démographique si les jeunes ne sont pas placés au cœur des réformes éducatives — non pas comme de simples bénéficiaires, mais comme des acteurs du changement.
Le Document de résultats de la Triennale, « Passer de la parole aux actes », a marqué un tournant important. Les gouvernements se sont engagés à considérer l’éducation comme un investissement stratégique plutôt qu’un coût social ; à mobiliser au moins 20 % des budgets nationaux pour l’éducation ; à renforcer l’apprentissage fondamental, l’enseignement secondaire, l’enseignement et la formation techniques et professionnels (EFTP), ainsi que l’enseignement supérieur ; et à bâtir des systèmes pilotés par les données, responsables et résilients, alignés sur les cadres continentaux tels que la CESA 2026–2035, l’Agenda 2063 et la Décennie de l’éducation pour l’Afrique.
L’ADEA reconnaît ces engagements comme des avancées réelles. Depuis FLEX 2024 et à travers la Triennale 2025, plusieurs pays ont démontré que la réforme est possible lorsque le leadership politique, les données probantes et les partenariats sont alignés. Les réformes réussies en matière d’apprentissage fondamental, l’émergence d’innovations dans le financement de l’éducation, l’attention croissante portée au développement professionnel des enseignants et au leadership scolaire, ainsi que le lancement d’initiatives telles que le Partenariat Afrique-Europe pour l’échange et l’engagement sur les réformes éducatives (PEERS), l’Initiative pour l’apprentissage fondamental axée sur la transformation menée par les gouvernements (FLIGHT) et le Fonds africain pour l’éducation, la science, la technologie et l’innovation (AESTIF), témoignent d’un passage progressif de projets fragmentés à une transformation systémique.
Toutefois, la Triennale a également mis en évidence que les engagements, à eux seuls, ne suffisent pas. L’Afrique continue de faire face à d’importants défis de mise en œuvre au « dernier kilomètre », à la volatilité des financements, à une utilisation inégale des données et à des inégalités persistantes — notamment pour les filles, les enfants et les personnes en situation de handicap, les apprenants déplacés et les jeunes en transition de l’école vers le monde du travail. Pour trop de jeunes, l’éducation ne se traduit toujours pas par davantage d’autonomie, d’employabilité ou de moyens de subsistance dignes.
C’est dans ce contexte que l’ADEA renouvelle son mandat : accompagner les pays africains dans le passage des politiques à la pratique, des intentions à l’impact.
Dans l’ensemble de ses actions, l’ADEA aligne délibérément ses interventions sur les résultats de la Triennale. À travers le Défi des données sur l’éducation et les compétences, nous aidons les pays à institutionnaliser des systèmes nationaux de données et des tableaux de bord permettant de suivre les apprentissages, les compétences, le déploiement des enseignants et le financement — afin que la voix et les résultats des jeunes soient visibles dans la prise de décision. Par l’initiative PEERS, nous renforçons les capacités des institutions régionales et nationales à concevoir, coordonner et mettre en œuvre des réformes inclusives, écologiques et numériquement habilitées. Grâce au Projet de recherche EdTech en Afrique, nous distinguons les promesses des preuves afin de garantir que la technologie élargisse l’accès et le pouvoir d’agir, plutôt que d’accentuer les inégalités. Enfin, à travers nos initiatives en faveur de l’apprentissage fondamental, nous consolidons le socle sur lequel repose toute autonomie des jeunes : la littératie, la numératie, les compétences socio-émotionnelles et un leadership à l’écoute.
En cette Journée internationale de l’éducation, l’ADEA lance un appel clair à l’action, fondé sur l’engagement Passer de la parole aux actes de la Triennale :
- Aux gouvernements : nous vous exhortons à dépasser les déclarations de principe pour atteindre des résultats mesurables. Intégrez la participation des jeunes dans les processus de réforme, institutionnalisez l’utilisation des données au sein des ministères, protégez les budgets consacrés à l’apprentissage fondamental et alignez les systèmes d’éducation et de compétences sur les réalités du marché du travail, conformément à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
- Aux partenaires et bailleurs de fonds : alignez-vous sur les priorités définies par les pays, mutualisez les ressources au sein des systèmes nationaux et soutenez des plateformes africaines qui renforcent la souveraineté, la redevabilité et le passage à l’échelle.
- Aux responsables et institutions éducatives : créez des espaces où la voix des jeunes n’est pas symbolique, mais déterminante — influençant les programmes, les pédagogies et les parcours de l’école vers l’emploi.
- Au grand public : reconnaissez que donner aux jeunes les moyens de co-créer l’éducation n’est pas une option. C’est une condition essentielle de la résilience, de l’inclusion et de la prospérité partagée.
La Triennale s’est achevée sur un rappel puissant : il est temps de passer de la parole aux actes. L’ADEA relève ce défi. D’ici 2030 — et en vue de l’objectif collectif de mettre fin à la pauvreté des apprentissages d’ici 2035 — nous continuerons d’agir comme plateforme continentale de concertation, de partage des connaissances et de redevabilité, en accompagnant les pays afin que les systèmes éducatifs ne se contentent pas de s’étendre, mais produisent des apprentissages qui permettent aux jeunes de façonner leur avenir et la trajectoire de développement de l’Afrique.
En cette Journée internationale de l’éducation, l’ADEA se tient aux côtés de la jeunesse africaine — et appelle l’ensemble des partenaires à faire correspondre l’ambition à l’action, et les promesses aux résultats.